‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 102 sur 129 · LES MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

LES MISSIONNAIRES

iSIU

Air : U cœur à Ip danfe^ etc.

Satan dit un jour & ses pairs :

On en veut à nos hordes; C'est en éclairant l'univers

Qu'on éteint les discordes.

Par brevet d'invention J'ordonne une mission.

En vendant des prières, Vite, soufflons, soufflons, morbleu !

Éteignons les lumières

Et rallumons le feu.

Bifi.

Eiploitoqs, en diables cafards, Hameau, ville et banlieue;

D'Ignace imitons les renards :

Cachons bien notre queue.

Au nom du Père et du Fils, Gagnons sur les cruciGx.

En vendant des prières, Vite, souiBons, souiBons, morbleu !

Éteignons les lumières Et rallumons le feu.

(Jue de miracles on va voir

Si le ciel ne s'en mêle !

Sur des biens qu'on voudrait ravoir

Faisons tomber la grêle.

Publions que Jésus-Christ Par la poste nous écrit*.

En vendant des prières, Vite, soufflons, soufflons, morbleu!

Éteignons les lumières

Et rallumons le feu.

Chassons les autres baladins,

Divisons les familles.

En jetant la pierre aux mondains, Perdons femmes et filles.

Que tout le sexe enflammé Nous chante un Asperge» we.

En vendant des prières, Vite, soufflons, soufflons, morbleu;

* A cette époque, on répandait dans les campagnes une prétendue lettre de Jisus-Christ.

2î)S CHANSONS

En vendant des prières, Vite, soufflons, soufflons, morbleu !

F^teignons les lumières Kl rallumons le feu.

LE BON MENAGK

Ai» (tf fa Ijétfhr-

Commissaire!

Commissaire !

Colin bal sa ménagère.

Commissaire, Laissez faire ; Pour Tamour C'est un beau jour.

Commissaire du quartier.

Cela point ne vous regarde ; Point n'est besoin de la garde Qu'appelle en vain le portier.

Oui, Colin bat sa Colette; Mais ainsi, tous les lundis, L'amour, aux cris qu elle jette, S'éveille dans leur taudis.

Commissaire !

Commissaire !

M» (:IIANS(>.NS

Commissaire !

Commissaire!

Colin bat sa ménagère.

Commissaire, Laissez faire; Pour l'amour C'est un beau jour.

Parfois pour d'autres attraits Colin se met en dépense; Mais Colette a pris l'avance, Et s'en venge encore après.

On aura fait quelque conte, Et, de dépit transportés.

Peut-être ils règlent le compte De leurs infidélités.

Commissaire !

Commissaire !

Colin bat sa ménagère.

Commissaire, Laissez faire; Pour l'amour C'est un beau jour.

Commissaire du quartier, Cela point ne vous regarde ; Point n'est besoin de la garde Qu'appelle en vain le portier.

Déjà sans doute on s'embrasse, Et, dans son lit, h loisir,

u D'où, sortis pour venger nos droits, « Nous avons dompté vingt royaumes.

« Nous courions conquérir la Paix « Qui fuyait devant la Victoire.

c( Sauvages, nous sommes Français; <c Prenez pitié de notre gloire.

« Dans l'Inde Albion a tremblé u <Juand de nos soldats intrépides « Les chants d'allégresse ont troublé a Les vieux échos des Pyramides.

« l^es siècles pour tant de hauts faits w N'auront point assez de mémoire».

a Sauvages, nous sommes Français; i< Prenez pitié de notre gloire.

« Un homme enfin sort de nos rangs ; « 11 dit : « Je suis le Dieu du monde. » a L'on voit soudain les rois erranls « Conjurer sa foudre qui gronde.

« De loin saluant son palais, « A ce dieu seul ils semblaient croire. «Sauvages, nous sommes Français; c< Prenez pitié de notre gloire.

« Mais il tombe; et nous, vieux soldats, « Qui suivions un compagnon d'armes, « Nous voguons jusqu'en vos climats, te Pleurant la patrie et ses charmes, u Qu'elle se relève à jamais i< Du grand naufrage de la Loire !

r.Oi CHANSONS

« Pn»lat, sois bon à quelque chose ; « L*àge m^accable, guéris-moi.

(, — Oui, lui iV\\ Turpin, et vive le roi! » [liis.)

BE BÉRANGEB. 305

Qu'il découvre aussi Toiseau rare Qu^attendait le roi très-chrétien.

Un seigneur dit : « Je m'en empare; c( Le droit de jambage est à moi.

c< Tout pour la noblesse, et vive le roi ! »

«Je serai duc! » s'écrie un page, Dénichant enfin à son tour Fille de vingl ans neuve et sage, Que soudain il mène à la cour.

On illumine à son passage; Et le peuple, qui sait pourquoi, Chaule un Te Deum^ el vive le roi!

Mais, en voyant le doux remède, Le roi dit : « C'est l'esprit malin ! c< Fi donc! cette vierge est trop laide; « Mieux vaut mourir comme un vilain. » Or il meurt; son flls lui succède; Et Turpin répète au convoi :

« Vite qu'on l'enterre, et vive le roi ! » (bi$.)

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