‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 123 sur 129 · LA MORT DE TRESTAILLON · texte numérisé non relu

LA MORT DE TRESTAILLON

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AiB (le toutes les complaiutCH.

Venez tous, bons catholiques, Jésuites, grands et petits,

■ Les chansons do Trestaillon , de Nabttchodonosorf de la Messe du Saint-Esprit, de la Garde 7mtionale et du I^ouvel Ordre du jour n'ont

DE BÉRi Fort de sa cocard A tuer des protesl Il consacrait tout s Sans excepter le d Car il s'était proci Des dispenses du

Des nobles porten Nos magistrats so

Le clergé, la larme à l'œil, Marche avec croix et bannière.

Ainsi l'on ne dira pas

Surtout la cour en fut aux anges ; Et les brocanteurs de louanges Répétaient sur des harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor!

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor!

Un journal écrit par des cuistres Annonce qu'avec ses ministres Tel jour le prince a travaillé Sans dormir, quoiqu'il ait bâillé.

La cour s'écrie : 0 temps prospère !

Ce n'est point un roi, c'est un père.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor !

Il hume tout Tencens des mages, Mais paye un peu cher leurs hommages ; Prêtres et grands veulent d'un coup Rendre au peuple bât et licou.

Môme, si Thistoire en est crue.

Le roi s*attelle à leur charrue.

Répétons sur nos harpes d*or :

Gloire à Nabuchodonosor!

Le peuple indigné prend un maître D'autre espèce, pire peut-être.

Vite les courtisans ingrats Du roi déchu font un bœuf gras, Et sans remords le clergé même S'en régale tout le carême.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor!

Bardes que la cassette inspire, Tragiques à mourir de rire.

Traitez mon sujet, il plaira ; La censure le permettra. {Bis.) Oui, parfumeurs de la couronne, La Bible à quelque chose est bonne.

Répétons sur nos harpes d'or :

Gloire à Nabuchodonosor!

« Viens voir à quoi la Charte est bonne. n De ce lourd carrosse on fait un en c(ii<. (( Saint-Esprit, descends, descends jusqu'en bas. c( — Non, dit rKsprit-Sainl, je ne descends pas. »

In linancier vient : « Sandis !

a Dil-il, nous prends-tu pour d'autres?

c( Pour gagner le paradis,

« J*ai doré mes patenôtres.

« Tremble de perdre ton emploi :

« J*ai séduit des gens plus huppés que toi;

« J'ouvre un emprunt : viens, sois des nôtres; « De notre embonpoint nos amis sont gras. (( Saint-Esprit, descends, descends jusqu'en bas. (( — .Non, dit l'Esprit-Saint, je ne descends pas. «

Un magistrat crie aussi :

(( Oses-tu te faire attendre?

c< Ma Thémis a. Dieu merci !

c< De bons jurés à revendre.

« Chaque juge est un homme à moi, a Qui jette en passant sa carte chez toi.

Ci Crains de voir jusqu'où peut s'étendre a La main de Justice au bout de mon bras. « Saint-Esprit, descends, descends jusqu'en bas. (1 — Non, dit TEspril-Saint, je ne descends pas. »

« S'il persiste, il faudra bien, « Dit Frayssinous, qu'on s'en passe.

« D'ailleurs, la cour, pour soutien, « ÏVélere en tout saint Ignace.

DK DERANGER. ùHo

u Monlrouge a miné tout Paris; « La Sorboime aussi sort de ses débris.

« La jeunesse est dans notre nasse, c< Et les hausse-cols font place aux rabats. v< Saint-Esprit/ descends, descends juscju^en bas. c< — Non, dit TEsprit-Sainl, je ne descends pas. »

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