LETTRE A B. WILHEM
ACTKUR DE LA NOUVELLE MÉTHODE UE l'eNS EiG NE MENT NUbICAL
ArnÊS I.A DERXl^.liE SKANCL' \>E I,' 0 H T II ÙO.N DE IK|1
AïK :
Mon vieil aini, la gloire est grande : Grâce à tes merveilleux efforls, Des travailleurs la voix s'amende Et se plie aux savants accords.
D*nne lée as-ln la baguette, Pour rendre ainsi l'art familier?
H purifiera la guinguette, n sanctiliera Tatelier.
DE BÉKANGËR. m
Williem, loi de qui la jeunesse Rêva Grélry, Gluck et Mozart, Courage ! A la foule en détresse Ouvre tous les Irésoi^s de Tari.
Communiquer à des sens vides Les plus nobles émolions, C*esl faire en des grabats humides Du soleil entrer les rayons.
La musique, source féconde, Épandant ses Qols jusqu'en ha"*, Nous verrons ivres de son onde Artisans, laboureui's, soldats.
Ce concert, puisses-tu Tétendi^e A tout un monde divisé !
Les cœurs sont bien près de s'entendie Quand les voix ont fraternisé.
Notre littérature est folle ;
Fais-la rougir par tes travaux.
De meurtres elle tient école
Et pousse à des Werther nouveaux.
On Tentendy d'excès assouvie,
En vei*s, en prose s'essoufller
A découi^ager de la vie
Ceux qu'elle en devrait consoler.
Des classes qu'à peine on éclaire Relevant les mœurs et les goftts, Par loi, devenu populaire.
L'art va leur faire un ciel plus doux.
40fi CHANSONS
Les iioles, sylphides puissantes, Rendront moins lourds soc et marteau, Et feront des mains menaçantes Tomber Tbomicide couteau.
Quand tu pouvais sur notre scène Tenter un plus brillanl laurier, Tu choisis d'alléger la chaîne Du pauvre enfant de Fouvrier.
A tes leçons, large semence, La foule accourt, et tu les vois, Captivant jusqu'à la démence*, Vers le ciel diriger sa voix.
D'une œuvre et si longue et si i-ude
Aurcis-tu le prix mérité?
Va, ne crains pas Tingratitude,
Et ris-toi de la pauvreté.
Sur ta tombe, tu peux m'en croire,
Ceux dont tu charmes les douleurs
Offriront un jour à ta gloire
Des chants, des larmes et des fleui-s".
* Lca docteurs Ti-élut et Leui*et ont fait T emploi le plus heui*eux k 1» Sal|)èliière et k Bicètre de la métliodc Wilheni. Les pauvi*es aliénés des deux aexes en ont retiré luie distracticm puissante, et ont pu cliantcr k r église des morceaux de musi(pie qui offraient d'assez {grandes difficultés d'exécution.
** Peu de mois après avoir adress-é ces couplets k son vieil ami, Fauteur avait la douleur de voir s'accomplir la prédiction qui les termine. Wilhem mourut à soixante ans, paiivre, k bout de forces, mais l'èvant toujom*s k rexteusion de sa méthode, fruit de vingt-deux ans de traTaux : les autorités municipales et dépiu-tementales, les maîtres qu'il avait formés, et la foule de ses élèves de tout âge, accompagnaient sa dépouilla au cimetière, où lui fim*nt rendut» les honneurs qu'il avait le plus enviés.-
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