LE GRILLON
FONTAINEBLEAU, 1836 Air de Jacques.
Au coin de Tâlre où je tisonne, En rêvant à je ne sais auoi.
DR BÉRANGEp. iOl
De la gloire à ce pauvre insecle.
Polit grillon, n'ayons ici, N'avons du monde aucun souci.
La gloire ! Est fou qui la désire ;
Le sage en dédaigne le soin.
Réglant science, art, vers, morale, histoire, Là, que de nains au cerveau plat et creux Prenaient ma voix pour trompette de gloire! Les échos sont trop malheureux.
Moi, dit récho du Palais de Justice, J*eus part forcée à d*absurdes arrêts.
Des becs retors et martyr et complice, Que de clients j'ai ruinés en frais!
Des gens du roi j'allongeais l'éloquence. Plus d'un haut rang ils étaient désireux, Plus leur faconde effrayait l'innocence.
Les échos sont trop malheureux.
Un autre dit : Dans une basilique, Près de la chaire, hélas! je fus logé. Des sermonneurs ferai-je la critique Et de la foi de messieurs du clergé?
Tous en bâillant de Dieu chantaient la gloire, Tous sur l'enfer brodaient pour les peureux; Et l'orgue seul au Très-Haut semblait croire.' Les échos sont trop malheureux.
Palais-Bourbon, j'ai subi les séances!
S'écrie enfin de tous le plus puni; De la tribune, écueil des consciences, Un Manuel serait encor banni.
Paix! disait-on, quand venait me surprendre, Dans cent discours, quelque mot généreux ; Kcho, paix donc! les rois vont nous entendre; Les échos sont trop malheureux.
iOi CHANSONS
\ bas la loi qui de nous, pauvres anges, Fait les échos d'un peuple de bavards!
Clament en chœur les célestes phalanges. L'art de parler est le plus sot des aris. Nos remplaçants, déjà las du martyre, Se croient en butte aux esprits ténébreux ; Tous ont crié: De TenferDjeu nous tire! Les échos sont trop malheureux.
L'OUPHÉON