DE I;AUTEUR. XI
lent ressemblait h leur amitié. C'est dans les moments de crise qu'il en avait toute la plénitude, et que bien des faiseurs de phrases, qu'on appelle orateurs, baissaient la tête devant lui.
Tel fut rhomme que je n'aurais pas quitté, eût-il dil vieillir dans une position éminente. Loin de lui la pensée de m'affubler d'aucun titre, d'aucun emploi ! car il respectait mes goûts. C'est comme simple volontaire qu'il eût voulu me garder à ses côtés sur le champ de bataille du pouvoir. Et moi, en restant auprès de lui, je lui aurais du moins fait gagner le temps que lui eussent pris, chaque jour, les visites qu'il n'eût pas manqué de me faire, si je m'étais obstiné à vivre dans notre paisible retraite. Aux sentiments les plus élevés s'unissaient dans son cœur les affeclions les plus douces; il n'était pas moins tendre ami que citoyen dévoué.
Ces derniers mots sufQront pour justilîer cette digression, qui, d'ailleurs, ne peut déplaire aux vrais patriotes, lis n'ont jamais plus regretté Manuel que depuis la Révolution de juillet, en dépit de quelques gens qui peut-être répètent tout bas : Sommes-nous heureux que celui-là soit mort!
Il est temps de jeter un coup d'oeil général sur mes chansons. Je le confesse d'abord : je conçois les reproches que plusieurs ont dû m'attirer de la part des esprits austères, peu disposés à pardonner quelque chose, même à un livre qui n'a pas la prétention de servir à l'éducation des demoiselles. Je dirai seulement, sinon comme défense, au moins comme ex-