‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 43 sur 129 · CENT-JOURS, AVRIL · texte numérisé non relu

CENT-JOURS, AVRIL

Am : Bon voyaget cher DumoUet.

Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je ris et bois sans gêne. Diogène,

Sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau.

Dans Teau, dit-on, tu puisas ta rudesse; Je n'en bois pas, et, censeur plus joyeux, En moins d'un mois, pour loger ma sagesse, J'ai mis à sec un tonneau de vin vieux.

Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je ris et bois sans gêne. Diogène, Sous ton manteau.

Libre et content, je roule mon tonneau.

DE BÉRANGEft. ii\

Où je suis bien, aisément Je séjourne; Mais, comme nous, les dieux sont inconstants : Dans mon tonneau, sur ce globe qui tourne, Je tourne avec la fortune et le temps.

Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau.

Pour les partis dont cent fois j'osai rire Ne pouvant être un utile soutien.

Devant ma tonne on ne viendra pas dire : Pour qui tiens-tu, toi qui ne tiens à rien?

Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène,

Sous ton manteau.

Libre et content, je roule mon tonneau.

J'aime à fronder les préjugés gothiques Et les cordons de toutes les couleurs ; Mais, étrangère aux excès politiques, Ma liberté n'a qu'un chapeau de fleurs.

Diogène, Sous ton manteau,

Libre et content, je ris et bois sans gêne. Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau.

Qu'en un congrès, se partageant le monde, Des potentats soient trompeurs ou trompés, Je ne vais point demander à la ronde Si de ma tonne ils se sont occupés.

Diogène, Sous ton manteau.

Libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau.

N'ignorant pas où conduit la satire, Je fuis des cours le pompeux appareil : Des vains honneurs trop enclin à médire. Auprès des rois je crains pour mon soleil.

Diogène, Sous ton manteau.

Libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau.

Lanterne en main, dans l'Athènes moderne. Chercher un homme est un dessein fort beau ;

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ni' liivUANGMn. lin

Mais, quand le soir voit lirillor ma lanlonio, C'est qu'aux amours ollo s(M't »le (lambeau.

Diogène, Sous ton manteau, Libre et content, je ris et bois sans gène.

Ili CHANSONS

Zon, zon, zon, zon, zon, zon^ zon!

Le coquin m* en fait des cornes.

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Le fouet, petit polisson!

Il a fait pis que cela

Pour m'échauffer les oreilles :

L'autre jour, il me vola

Du vin que je cachais là.

Zon, zon, zon, zon, zon, zon^ zont

Il m'en a bu deux bouteilles!

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Le fouet, petit polisson !

Chez elle, quand le matin

Ma femme est à sa toilette,

Je sais que le libertin

Quitte écriture et latin.

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Par la serrure il la guette.

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Le fouol, pelit polisson!

À ma fille il fait Tamour, Et joue avec la friponne.

Je Tai surpris, l'autre jour, Maître d*école à son tour.

Zon, zon, zon, zon^ zon, zon, zon!

Rendant ce que je lui donne.

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Le fouet, pelit polisson!

DE UÉRANGEH.

De le frapper je suis las; Mais dans ses dents monsieur gronde.

Dieu! ne prononce-t-il pas Le mot de c... loul bas?

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Il n'est plus d'enfants au monde.

Zon, zon, zon, zon, zon, zon, zon!

Le fouet, petit polisson!

Je vois avec colère L'Amour essuyer aujourd'hui Les larmes de son frère.

ne CHANSONS

Mais, comptant ses amis |K)ur rien, Monsienr la prend fidèle.

Il faudra, dans cinquante ans, Célébrer leurs feux constants.

Non, tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :

On n^aura rien h faire Chez de pareils époux.

Morbleu! qui n'aurait de Thunieur En pensant que madame

De monsieur fera le bonheur.

Bien qu'elle soit sa femme?

Jours de paix cl nuits d'amour; Le diable y perdra son lour.

Non, tout célibataire

i\c peut chanter des nœuds si doux :

On n'aura rien à faire Chez de pareils époux.

Kncor si l'Amour avait pris Une dîme en cachette!

Mais le pins heureux des maris»

En quittant sa couchette.

Demain se |)avanera, Et les mains se frottera.

Non, tout célibataire

Ne peut chanter des nœuds si doux On n'aura rien à faire Chez de pareils époux.

DE IIKIIANGI'U. 117

L'Ariioui* alors, près de nos mères Faisant chorus, ballanl des mains, Rapprochait les cœurs et les verres, Enivrait avec tous les vins.

Aussi n'a-t-on pas la mémoire (J'une belle ait voulu manquer, Pour bien choquer, A provoquer, Le veriHi en main, chacun à rallaquer; D'abord elle trinquait pour boire, Puis elle buvait pour Irinquer.

(Ju'on boive aux maîtres de la terre, (Jui n'en boivent pas plus gaiement; Je veux, libre par caractère, Boire à mes amis seulement.

Malheur à ceux dont Thumeur noire S^obstine à ne point remarquer

Que pour choquer.

Se provoquer.

Le verre en main, tous en rond s'attaquer, L'Amitié, qui trinque pour boire, Boit bien plus encor pour trinquer!

HE DÉRANGER. Hli

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