‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 85 sur 129 · LA BONNE VIEILLE · texte numérisé non relu

LA BONNE VIEILLE

A m (le NYiLHEM, ou : Muse des bois el des accords champêtres.

Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse!

Vous vieillirez, et je ne serai plus.

Pour moi le temps semble, dans sa vitesse, Compter deux fois les jours que j*ai perdus. Survivez-moi ; mais que l'âge pénible Vous trouve encor fidèle à mes leçons; Et, bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.

Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits charmants qui m'auront inspiré, Des doux récits les jeunes gens avides Diront : Quel fut cet ami tant pleuré? De mon amour peignez, s'il est possible. L'ardeur, l'ivresse, et même les soupçons; Et, bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons.

On vous dira : Savait-il être aimable?

Et sans rougir vous direz : Je l'aimais.

D*uii trait mcchant se niontra-t-il capable? Avec orgueil vous répondrez : Jamais!

Ah ! dites bien qu'amoureux et sensible, D'un luth joyeux il attendrit les sons; Et, bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.

Vous que j'appris à pleurer sur la France, Dites surtout aux iils des nouveaux preux (Jue j'ai chanté la gloire et l'espérance Pour consoler mon pays malheureux.

Rappelez-leur que l'aquilon terrible De nos lauriers a détruit vingt moissons; Et, bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.

Objet chéri, quand mon renom futile De vos vieux ans charmera les douleurs ; A mon portrait quand votre main débile, Chaque printemps, suspendra quelques fleurs. Levez les yeux vers ce monde invisible Où pour toujours nous nous réunissons; Et, bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons.

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Ça grossissait son bulletin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin:

Ça grossissait son bulletin :

Soldats, voilà Catin !

Depuis les Alpes je vous sers;

Je me mis jeune en route.

A quatorze ans, dans les déserts,

Je vous portais la goutte.

Puis j'entrai dans Vienne un matin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin^^ Puis j'entrai dans Vienne un matin ;

Soldats, voilà Catin !

De mon commerce et des amours C'était le temps prospère.

A Rome je passai huit jours.

Et de notre saint-père

Je débauchai le sacristain, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin;

Je débauchai le sacristain :

Soldats, voilà Catin!

J'ai fait plus que maint duc et pair Pour mon pays que j'aime :

A Madrid si j'ai vendu cher, Et cher à Moscou même,

J'ai donné gratis à Pantin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin;

J'ai donné gratis à Pantin :

Soldats, voilà Catin!

DE BÉRANGER. 2i4

Quand au nombre il fallut céder

La victoire infidèle, Que n*avais-je pour vous guider

Ce qu'avait la Pucelle !

L'Anglais aurait fui sans butin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin; L'Anglais aurait fui sans butin :

Soldats, voilà Catin!

Si je vois de nos vieux guerriers

Pâlis par la souffrance, Qui n'ont plus, malgré leurs lauriers,

De quoi boire à la France, Je refleuris encor leur teint, Tintin, tintin, tintin, r lin tintin; Je refleuris encor leur teint :

Soldats, voilà Catin!

Mais nos ennemis, gorgés d'or,

Paieront encore à boire; Oui, pour vous doit briller encor

Le jour de la victoire.

J'en serai le réveil-matin, Tintin, tintin, tintin, r lin tintin; J'en serai le réveil-matin :

Soldats, voilà Catin!

COUPLETS

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