‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger :Chapitre 93 sur 129 · LA RÊVERIE · texte numérisé non relu

LA RÊVERIE

A m : !m Signora malade.

Loin d'une Iris volage Qu'un seigneur m'enlevait, Au printemps, sous l'ombrage, Un jour mon cœur rêvait.

l)K BKIIANGEH. 259

Privé d'une infidèle, Il rêvait qu'une autre belle Volait à mon secours.

Venez, venez, venez, mes amours! {Bis.)

Cette belle était tendre, Tendre et fière à la fois; Il me semblait l'enlendre Soupirer dans les bois.

C'était une princesse Qui respirait la tendresse Loin de Téclat des cours.

Venez, venez, venez, mes amours!

Je l'entendais se plaindre Du poids de la grandeur.

Cessant de me contraindre, Je lui peins mon ardeur.

Mes yeux versent des larmes.

Ravis de voir tant de charmes Sous de si beaux atours.

Venez, venez, venez, mes amours!

Telle était la merveille • Dont je flattais mes sens.

Quand soudain mon oreille S'ouvre aux plus doux accenls.

Si c'est vous, ma princesse.

Des roses de la tendresse Venez semer mes jours.

Venez, venez, venez, mes amours!

Mais non, c'est la coquette Du village voisin, Qui m'offre une conquête En corset de basin.

Grandeurs, je vous oublie!

Cette fille est si jolie!

Ses jupons sont si courts!

Venez, venez, venez, mes amours! {Bis.)

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