LA VIGNE PLANTÉE DANS LES GAULES
Air nouveau de I^'iluem, ou de Pierre le Grand.
Brennus disait aux bons Gaulois :
Célébrez un triomphe insigne!
Les champs de Rome ont payé mes exploits,
Et j'en rapporte un cep de vigne.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours i L'honneur, les arts, la gloire et les amours.'
Privés de son jus tout-puissant,
Nous avons vaincu pour en boire.
Sur nos coteaux que le pampre naissant
Serve à couronner la Victoire.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
DE BÉRANiJER. 201
Un jour, par ce raisin vermeil,
Des peuples vous serez Tenvie.
Dans son nectar plein des feux du soleil.
Tous les arts puiseront la vie.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Quittant nos bords favorisés,
Mille vaisseaux iront sur Tonde, Chargés de vins et de lleurs pavoises^
Porter la joie autour du monde.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
Femmes, nos maîtres absolus.
Vous qui préparez nos armures.
Que sa liqueur soit un baume de plus
Versé par vous sur nos blessures.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours LMionneur, les arts, la gloire et les amours.
Soyons unis, et nos voisins Apprendront qu'en des jours d'alarmes Le faible appui que Ton donne aux raisins
Peut vaincre à défaut d'autres armes.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours.
fiacchus, d'embellir ses destins Un peuple hospitalier te prie.
Fais qu'un proscrit assis à nos festins
L'autre rêve, dans son gîte, Aux champs où fut son berceau.
Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.
Puis, voulant rendre sensible Un roi qui fiiirait l'ennui, Sur un olivier paisible J'irais chanter près de lui.
Puis j'irais jusqu'où s'abrite Quelque famille proscrite.
Porter de Tarbre un rameau.
Je volerais vite, vite, vite.
Si j'étais petit oiseau.
Puis, jusques où naît Taurore, Vous, méchants, je vous fuirais, A moins que l'amour encore Ne me surprît dans ses rets.
Que sur un sein qu'il agite Ce chasseur, que nul n'évite.
Me dresse un piège nouveau.
J'y volerais vite, vite, vite.
Si j'étais petit oiseau.
Aussi parfois je soupire à Técart.
Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.
Dans nos discords j'ai fait plus d'un naufrage, Sans fiiir jamais la France et son doux ciel ; Au peu de vin que m'a laissé l'orage L'orgueil blessé ne mêle point de fiel. J'ai chanté même, aux vendanges nouvelles, Sur des coteaux dont j'eus longtemps ma part. Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.
Vieux compagnons des guerriers d'un autre ûge. Comme Nestor je ne vous parle pas.
De tous les jours où brilla mon courage Jachèlerais un jour de vos combats.
Je l'avouerai, vos palmes immortelles M'ont rendu cher un nouvel étendard.
Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.
Sur vos vertus quel avenir se fonde!
Enfants, buvons à mes derniers amours.
La liberté va rajeunir le monde; Sur mon tombeau brilleront d'heureux jours. D'un beau printemps, aimables hirondelles. J'ai pour vous voir différé mon départ. Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.