‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 107 sur 199 · A M. LE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

A M. LE GÉNÉRAL

A SAMrS.

Vérone , te SI janvier Isos.

Mon général, j’ai chargé M. Desgoutins de .

vous payer en or «45 francs. Je vous prie d’agriVr en même temps mes renierclments. Le serviixj que vous m’avez rendu, quoique venant fort à propos, m’a bien moins touché que lesmanières pleines de bonté dont vous l'accompagnâtes. Je sens qu'en vous rendant votre argent je ne suis pas (puitte envers vous, et malheureusement je ne pourrai jamais vous être bon à rien. Mais ma reconnaissance, tout impuissante qu'elle est, ne me pèse point du tout, et je trouve du plaisir à v ous être obligé toute ma vie.

ÉCIUTES DE FHANCE ET D’ITALIE.

A M. HA.XO,

rjicr DE BtTAIl.UL'l DU CtME , 1 BBESOA.

Vérone, le 3 février IfloS.

J'ai trouvé ici les meilleures gens du monde. Le colonel Faure m’a traité on ne peut pas mieux , et ses arrêts de rigueur me plaisent bien plus que les caresses de certains généraux. Malheureusement il s’en va , et me laisse sous la patte du major, avec lequel je serai peut-être un peu moins à mon aise, surtout si ma retraite • finit plus têt que je ne l’espère : ce service de garnison me donne par avance des nausées.

Je ne suis pas encore établi , j’occuiic provisoirement un logement de lieutenant , dans le- <iuel j’aurais bien de la peine à te recevoir : c'est le seul inconvénient que je lui trouve, car mes liâtes sont les meilleures gens du monde , et le soleil ne parait guère sur l’horizon que je ii'en aie quel(|ue rayon. Tes visites sont les seules que j'aime. Depuis que je t’ai quitté, je n’ai trouvé personne avec qui causer, et n’ai pas entendu un mot qui me soit resté dans la mémoire. Si tu pouvais venir ici quelques jours, nous ferions miÙû rhiacchiere , mille promenades aux environs, car je sors tant que je veux, et n’al rien à faire, c'est-à-dire aucun service; en un mot, je ne fus jamais plus libre que depuis que je suis prisonnier. .Adieu; donne-moi de tes nouvelles, et ne soyons plus des siècles sans entendre parler l’un de l’autre.

A M. D’AGIXeOURT,

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