‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 152 sur 199 · A MADAME LA COMTESSE D’ALBANY · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE D’ALBANY

* rLORE.XCE.

Paru , le 13 novembre IS33.

Madame, puis-je espérer avoir de vos nouvelles par madame Clavier, ma belle-mère, qui vous remettra la présente? vous n’avez point oublié,

iSi LETTRES

Je pense, an helléniste qui eut l'honneur de vous accompagner avec M. Fabre dans votre voyage de Naples , et se rappelle toujours avec un grand plaisir cette époque de sa vie. Vous ne savez pas, Madame, que j'écrivis alors une relation de ce voyage et de toutes nos conversations, dans lesquelles nous n'avions point du tout l'air de nous ennuyer. J'ai tout cela en manuscrit, et quelque jour j'aurai l'honneur de vous le faire voir, si Dieu permet que je retourne dans ce beau pays où votre séjour est fixé. Un des motifs les plus paissants pour me ramener en Italie, ce serait. Madame , l'espérance de vous y revoir et de jouir encore de votre conversation , aussi instructive qu'agréable. En attendant, permettez, je vous prie , que madame Clavier ait l'honneur de vous voir, et me puisse apprendre à son retour comment vous vous portez. Cette occasion de me rappeller à votre souvenir m'est trop précieuse pour que je la la isse échapper, et j'en profite en vous prient. Madame, de me croire toute ia vie, etc.

A hUDAME COURIER.

LuodJ , novembre 1823.

Un libraire sort d'ici, qui a entendu parler de toi chez madame Duincnis.

Ce libraire veut avoir mon portrait pour le faire lithographier. Je l'ai envoyé promener. Il dit qu'il l'aura malgré moi.

Langlois s'est fait agent de change. C'était bien la peine d'épouser une marquise.

J’ai vu hier M. de la Fayette. Tu as pu voir dans les journaux que le gouvernement des Etats- Unis envoie un vaisseau pour le prendre et le conduire là-bas. Il me propose de l'accompagner, et j'en serais presque tenté. Il ne sera que huit ou dix mois à aller et revenir.

[Au mois de mars 1824, Courier retourna à Paris, emportant son Pamphlet des Pamphlets achevé.

Occupé d'un grand projet pour lequel il jugeait le secret nécessaire, il lui parut favorable à son dessein de publier quelque chose où la politique n'entràt pour rien, et qui pût sembler inoffensif à messieurs les procureursdu roi. La troisième des lettres suivantes contient son propre jugement sur le Pamphlet.}

A MADAME COURIER

Mercredi des cendres ISSI.

Si tu Usais les journaux, tu y verrais l'annonce de ma brochure , qui n'est pas encore imprimée, et déjà excite vivement ia curiosité.

INEDITES,

L”*, ancien aide de camp de Bonaparte, vient de marier sa fille avec 500,000 fr. à M. de B***, qui n'a rien que son nom. A l'église le curé a fuit un beau discours, où il n'a parlé que du marié, de sa noblesse et de son nom, et de son illustre famille, sans dire un mot de la mariée ni de ses parents. Il a deux ans de moins que sa femme. L'autre jour j'ai dîné chez madame C*'* , et je lui ai dit : Ne donnez point votre fille à un homme de cour. J'ai vu que cela ne lui plaisait pas. Ils feront comme L”*. J'oubliais de te dire que toute la famille de M. de B**' est indignée de ce mariage.

A MADAME COURIER

Jeudi matin , ma» 1624.

On m'envole Ici le Fettillelon. Je ne sais pourquoi ni comment ils m'ont pu découvrir et savoir mon adresse. J'en suis fiché. Cette lecture aurait pu t'amuser là-bas.

J'ai dîné lundi chez Hersent, et de là on m'a mené chez madame Gay , auteur, où j'ai entendu la lecture d'une comédie. 11 y avait là beaucoup de monde. Madame Régnault de Saint-J ean d’A ngely m'a fait de grandes amitiés; elle est encore belle. Lémontey y était; Ellcviou, tellement vieilli que je ne l’ai pas reconnu; madame Dugazon, qui m’a parlé aussi, et d'autres; mademoiselle Delphine Gay, qui fait des vers assez beaux a dis-sept ans ; mais je croisqu'elle en a bien vingt. Tout cela ne m'amuse point.

On imprime ma drogue , qui , je crois , ne sera point saisie. J'en ai débité quelques morceaux de mémoire. Ils font plaisir à tout le monde. On est furieusement prévenu en ma faveur.

Je dîne aujourd’hui chez Gasnault, demain chez madame Tout cela m'ennuie. J’aime mieux Hersent et sa femme. Ils ont une maison agréable. Ils gagnent beaucoup tous deux, et ils maudissent le métier. Leur santé est mauvaise.

Ifirercdl.

J’ai reçu ta lettre dimanche. Mais voici du nouveau quine te déplaira pas. C’cstmndameShœnée qui achète notre Filonnière. Mon homme barguignait un peu; elle ne savait pointée marché. Je craignais des difficultés. Sur quelques mots que je lui dis, elle me fit des offres. J’acceptai. Nous conclûmes, et nous avons signé hierunepromesse de contrat. Ainsi l'affaire est faite. J'ai broché un sous-seing comme j 'ai pu ; il fallait bien signer

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