‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 170 sur 199 · AN DEMENT · texte numérisé non relu

AN DEMENT

premiers en avant , s'il y a (piel(pie rencontre , sa . chant (pi'ils sont à leur poste, et les derniers, eu cas d'atta(pie par derrière, ne voulant pas non plus se déshonorer en ({uittant le leur; au lieu que, marchant sans ordre, ils se gênent les uns les autres dans les chemins étroits et dans les défilés; et si l'ennemi parait, personne de soimême ne prend le poste où il faut combattre.

Voilà à quoi les cavaliers doivent s'être habitués d’avance pour pouvoir seconder en tout leur commandant; et (pinnt au commandant, voici quels seront ses soins : satisfaire d’abord à ce qu'exige le culte des dieux, en sacrifiant au nom du corps de la cavalerie ; ensuite tout disposer afin de rontribucr le plus possible à la magnificence des fêtes ; puis, dans les autres occasions ou la cavalerie doit paraître sous les armes, ù l'Académie, au Lycée, à Phaière, ou dans l'hippodrome, la préparer de manière à offrir à la république le plus beau spectacle et le coup d'œil le plus imposant : tout cela exige d'autres considérations. Je vais donc expliquer maintenant comment on exécutera le mieux chacune de ces choses.

Quant aux pompes (ou processions), je crois que les plus belles, les plus agréables aux dieux et aux spectateurs, seraient celles où l'on ferait le tour de la place du marché, à partir des Hermès, honorant les dieux à toutes l(s cluipelles et statues (jui sont sur cette place. (Aux fêtes de Bacclius, pur exenvple, les chœurs bonoa-nt par des danses et les douze dieux et les autres.) I.e tour de la place ‘ terminé, se retrouvant aux Hermès,

* La loptograplvlf d’AtItrurs n’a paa élé fort ériairrie par cr qu'm uni écrit 1« aavanls. Quant à ce quartier dunt parle ici Xénophou, voici * p<‘U prés n4h*<» qu'on v'm peut furmrr, en rompiranl lr« texir» ou il en nt qimtion.

Le CérumiqHc était une espèce de faubourg, traversé par une voê>te rue que divisait en deux partic.s 1.x parle appi-lec Dipglum , aulnunenl P(*rtes CèramiqneM. La partie en de«).ius delà ville «'appelait le OramiqtM dans les rniirs, ou propremml le CérnmU|ue. La partie Ikifs de la ville était le ('érnmique hors les mur», Iteaueniip plii« étendu que l'autre. C'est on ce sens qu'cHi a pu dire qu'il y avait deux fVratniques. L'Académie et le marehé { Agnn ) étaient l'un et l'autre dans le Ct-rainique , i'.Académie hors Ir» murs , X'Agurn dan« la ville; ou pour mlevix dire, la partie de celle vaste n>r, située dans la ville, était VAgorn dont parle Xénopbon. Tout œla est prouvé par une Inüuité de passages qu'il serait long dn rapporter.

Des deux Côtés de l'Agfyra il y avait des portiques ; devant ces portiques , des statues qu'on appelait 1rs Hfrmè$, et sous l'un de ces pcvrtiques of.iicnt les autels ou chapelles des dieux. Il y avait la au.ssl le gymnase <1 Hermès. (TtHaità raison de ces chapelles qu'un appelait ce mardie le marché des IMeux, Theàn Agora. On le nommait aussi simplement Agora , le marché « cm ta place, dont certaines parties formaient des marchés sê'-parés, et dlversenoent nommés, selon l'espéee de denn**) qu'on y vendait. Vers le milieu de V Agora était VÉleitsinium, plus élcdgoé pourtant de la porte Dlpyle que de l'autre ex irémilé.

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partir de là au galop jusqu'à l'Éleusinlum, ferait ce mu semble, un bel effet. Je ne crois ^ inutile non plus d’avertir qu'il faut éviter, autant que possible, de croiser les piques : chacun aura soin de tenir la sienne entre les oreilles de son cheval , pour qu'elles paraissent ainsi plus distinctes, plus nombreuses et plus terribles en même temps. Cette galopade au travers de la place flnissant à l'Ëleusinium, on achèvera de traverser le reste au pas jusqu'aux chapelles, comme auparavant ; de cette manière on montrera aux dieux et aux hommes ce qu'il y a de plus beau dans rè(|uitation. Je sais bien que la cavalerie n’a point coutume de faire tout cela; mais ce que je propose serait bon et beau, et plairait aux spectateurs. J'entends dire d'ailleurs que la eavalerie a fait d'autres manœuvres aussi peu usitées, lorsqu'elle a eu des chefs qui ont su faire adopter et exécuter leurs idées.

I.orsque avant de lancer le trait on traversera le Lycée , il sera bon que les deux divisions de cinq compagnies chacune chargent de front, ayant à leur tète le commandant et les capitaines , de manière à occuper toute lu largeur du cours; et quand on aura piissé le coin du théâtre en face , je pense qu'il serait utile de montrer lu que tes cavaliers, rangés sur un frontconvenable, peuvent galoper en descendant. S'ils y sont exercés, ils ne demanderont pas mieux que de le faire voir; sinon, c'est une instruction que l'ennemi queli|uc jour leur donnera durement.

J'ai dit ' dans quel ordre il faudrait défiler aux dm:imasies , pour la beauté du coup d'œil. Maintenant , si le chef ( supposé qu’il ait un cheval assez fort) va continuellement en cercle dans la file de dehors, lui seul sera toujours au galop; ceux qui se trouveront avec lui en dehors galoperont à leur tour; et ainsi le sénat ne verra la troupe qu'au galop , sons que pour cela les chevaux se fatiguent trop, puisqu'ils se reposeront

' Il manque quelque chose avant cect : car dans ce qui précMe 11 n’a point parlé des doclmasles. ni de la maiioruvre qu’il indique Ici , et qu’il dit avoir expliquée ; mais on voit axsez CP qupc’r&l. La troupe étant en hnlaille, à c(^té du M*nal Pt xur la même liçne. le premier peloton te détache do la droite ( par exemple ), et, passant devant le sénat par un mouvement circulaire, vient se ranger h la gauche, tandis que le second peloton part de la droite, et ainsi des autres sucressivement. Voila, non ce qui se faisait , mais oe que Xéoo* pboQ proposait.

n y avait plUAleursc/oeimasiVi. ou cens, auxquelles éblent soumis tous tes citoyens, selon leur Age. leurs emplois on le service qu’ils devaient a l’Etat La docimasie des cavaliers élail une revue d’inscription semblable à celle que les cen> sniraà Rome faisaient des chevaliers romains; mâu> A Athènes e’était le sénat lui-même qui passait en revue la ra>Aier1e, et enrôlait ou réformait hommes et chevaux.

tour a tour. Mais quand la parade se fait dans l'hippodrome, Il est bon de sc ranger d'abord sur un front tel, qu occupant la largeur de la place, on en puisse rliasscr le monde et ne laisser personne au milieu; puis, dans la charge simulée, de cinq compagnies contre ciiui, où les deux escadrons, commandés par les chefs, poursuivent et fuient tour à tour, que les compagnies se croisent, passant les unes entre les autres, il en résultera un spectacle terrible d'aliord, quand on les verra se charger front contre front ; imposant, lorsque après s’être croisées, clics feront volteface pour se charger encore : ensuite, au signal de la trompette, repartir au galop, ferait un bel effet; enfin, après s’étre arrêté, cliarger une troisième fois, au signal de la tromijcttc, et pour terminer, se croisant encore, sc remettre tous en bataille (comme vous faites ordinairement) pour une dernière charge , au galop vers le sénat , tout cela aurait un air nouveau et plus militaire, si je ne me trompe. Prendre uno allure plus lente que celle des capitaines , en faisant les mêmes mouvements qu'eux , pour un chef, c’est sc faire peu d'honneur. Lorsqu'on manœuvrera dans l’académie, sur le terrain battu, le conseil que J'ai adonner, c'est, pour ne point tomber de cheval en chargeant, de pencher le corps fort en arrière , et , pour éviter que le cheval ne s'abatte , de soutenir la main dans les voiles. Ocs que le cheval est droit, il faut galoper. On donnera ainsi , sans risques, un plus beau spectacle au sénat.

Dans les marches, il faut que le commandant pense, tantôt à soulager le dos des chevaux, en faisant marcher à pied les cavaliers , tantôt à reposer les jambes de ceux-ci, en les faisant remon ter à cheval. L’un et l’autre a sa mesure facile a trouver ; car, en sc consultant soi-même, on connaîtra quand les autres auront besoin de repos. Si vous marchez dansie doute de rencontrer l'ennemi, que les compagnies alors mettent pied a terre tour à tour; car il ne faudrait pas que l’eunemi ' trouvât tout ton monde à pied. Là où les chemins sont étroits, on commandera en colonne par le passe-parole; où ils s’élargissent, on fera

' Xénophon a Id mvur un fait qu'il raconte ailleurs. «Agé- «I «lias rAvagfaitleterrilolredf^ThébaiQs;oeux-d, rf'tranrlK^ m SOU& leur ville , n'oftalent tenir la campagne. Un )our oepen- •c dunt qu’il se retirait sur te soir à son camp , leur cavalerie . « qui Juwfue-IA n’avait point para, sortit tout à coup par des « ouvertures pratiqiiéi>$ dans le rrtranebement , et trouvant <1 Sun infirnterio qui »c préparait A souper, sa cavalerie pied h R terre ou montanl A rlieval , lU tuèrent de l’une et de l’autre •• quelques hommes, et des bannis d’Athéoes, qui n’euivni « pas le temps de sauter sur leurs chevaux . Apres quoi , etc. • (Hist gr. I.*,)

DU COMMANDEMENT

étendre le front de clinqtie eompngnic, toujours au moyen du passe-parole; puis, arrivés dans la plaine, en bataille toutes les compagnies. Tout cela est bon en route, ne fùt-ce que pour s'exerecr, et l’on trouve d’ailleurs une distraction à varier ainsi la marche par différentes manceuvres , selon lesaccideuts du terrain qu'on parcourt.

Quand vous marcherez hors des routes , dans un paysdifllcile, soit ami ou ennemi, il sera fort à propos d'envoyer des ordonnances ' en avant de chaque compagnie, lesquelles ayant reconnu les gorges impraticables et celles qui n’ont point d’issue , chercheront les vrais passages et les indiqueront aux troupes ; sans quoi il pourrait arriver que des divisions entières s’égarassent. Même , s’il y a quelque péril , il est de la prudence d’un chef de détacher d’autres guides en avant des premiers; car du plus loin qu’on peut connaître où se trouve l’ennemi , c’est le mieux, soit pour attaquer, soit pour se garder. Au passage des déilles faire halte, afin que les derniers puissent joindre la file sans fatiguer leurs chevaux : ce sont là des choses que tout le monde sait, mais que peu s'appliquent à faire obsener.

Il conviendrait qu’un commandant de cavalerie eût acquis pendant la paix la connaissance du pays, tant ami qu’ennemi; mais cela lui manquant,!! doit prendre avec lui, dans chaque canton, ceux [de ses propres gens) qui l’ont le plus fréquenté; car, à la tête d’une colonne , le meilleur est celui qui sait le mieux le chemin; et, pour les surprises, l’avantage est tout à celui qui connaît les lieux.

1 1 faut s’être procuré avant la guerre des espions , qui doivent être, autant que possible, habitants des villes neutres , et marchands ; car ces sortes de gens sont bien reçus partout et n’inspirent aucune défiance. On peut aussi quelquefois se servir utilement des faux transfuges. Il ne faut cependant jamais, sur la foi des espions, négliger de SC garder, mais se tenir toujours préparé , comme si on devait être attaqué : car, en les supposant même fidèles, il est difücilc que leurs avis parviennent toujoursàtemps, les obstaclesà la guerre étant innombrables.

Pour faire prendre les armes , il vaudra mieux, afin d’être moins entendu de l’ennemi, donner l’ordre par le passe-parole ou par écrit , que par le héraut. C’est a cela aussi que servent les dizainiers,et sous eux les brigadiers ( càe/’s rfe cinç hommes ) , chacun , au moyen de ces gardes , pas-

’ lltipeivirx flnns le grec. C’élaknl tira rapèces do trahans atlach» aui ufiirion.

saut l’ordre à peu de personnes; outre que de la sorte oh peut sans confusion étendre le front de bataille , les brigadiers se portant en avant sur la ligne au moment où il le faut '.

Pour une garde avancée, je préfère les sentinelles et les postes cachés , parce que de cette manière , en même temps qu’on se garde , on peut surprendre l’ennemi; puis, tes gens n’étant point vus,ensonteux-mêmesplus dlHicilement surpris, et inquiètent davantage l'ennemi ; car de savoir que vous avez des postes avancés , sans savoir où , ni de quelle force , le rend timide dans sa marche , et fuit que tout lui est suspect. Rien n’empéchc non plus qu’en avant des postes cachés, on n’en puisse placer quelques-uns plus faiblesà découvert, pour essayer d’attirer l’ennemi dans cette embuscade; et un autre piège à lui tendre, c’est de mettre au contraire les grand’gardes à découvert , en arrière de tes gens embusques ; apparence qui trompe également l’ennemi ; au reste jamais chef habile et instruit de son devoir n'engagera une action , si l’occasion ne se présente de remporter quelque avantage. Faire ce que veut l'ennemi , tient de la trahison plus que de la bravoure. Porte ton attaque sur ses endroits faibles, quand même ce seraient les plus éloignés ; car il n’est fatigue qui ne vaille mieux que d’avoir affaire ù plus fort que soi.

Si quelquefois l’ennemi s’engage au milieu de tes cantonnements, fût-il de beaucoup le plus fort, tu feras bien de l’attaquer du cûté où tu pourras cacher ton approche, mieux encore de deux côtés à la fois; car tandis que les uns cèdent, les autres le chargeant du côté opposé, ne peuvent manquer de le mettre en désordre et de l’obliger à laisser là les premiers. Tâcher, au moyen des espions, d'être informé le plus exactement possible de toutes les démarehes de l'ennemi , c’est ce qu’on a déjà recommandé. Mais ce quil y a de mieux à faire , selon mol , c’est de rechercher un lieu d’où l’on puisse en sûreté l'observer soimême, et voir s’il commet quelque faute. Ce qui se pourra dérober ' , on le lui dérobera , en y envoyant des gens lestes choisis pour cela; cc qui paraîtra susceptible d’être enlevé de vive force, on le fera enlever. Si l’ennemi, marchant vers un point, laisse quelque corps mal soutenu, peu capable do résistance , que cela ne t’échappe point ;

' En lissnl wd el cf qui aircWf , Il w faut pas oublirr qua clans l’ordcc* de- iKsIailk on laissait cuilm Iccs lumdrons uneclislanw épais à Ipcir fronl. PoI>l)« la dlU-sprassémcuil.

■ hérohfr vaut dira lai aa/atar par turprirr un posta, un dâlaricantani ou una position. Voyez 1er aaUt rur le texte.

DE LA CAVALERIE

mais sois toujours aux aguets pour envelopper et prendre le faible au moyen du fort. Et , à dire vrai , qui voudra y faire attention , les animaux , plus bornés que l’homme quant à l'entendement, eu ceci toutefois nous instruisent. Le milan , du haut de l’air, s’il voit quoi que ce soit mal gardé, fond dessus, l’enlève, et s’éloigne de peur d’être pris : les loups vont de tous côtés épiant où la garde est en défaut, pour faire leur coup sans être vus, et quelque chien survenant, plus faible qu’eux, ils l’attaquent; plus fort, ils l’évitent et se retirent, emportant ce qu’ils peuvent : mais tous ensemble, s’ils se sentent en état de livrer l’assaut, ils marchent en bataille, les uns repoussent la garde, tandis que les autres pillent et emportent le butin; et c’est ainsi qu’ils subsistent aux dépens de l’ennemi. Or, des animaux, aidés de leur seul instinct , sachant si bien faire cette guerre, pourquoi ne la ferions-nous pas encore mieux qu’eux , nous qui les surprenons eux-méracs et les vainquons par la ruse?

Quiconque sert dans la cavalerie doit savoir Juger à quelle distance le cavalier courant sur le fantassin peut l’atteindre, et de quelle avance ont besoin des chevaux moins vites , pour échapper à de plus légers; mais c’est au commandant de connaître en quels lieux l’infanterie est plus forte que la cavalerie, et où celle-ci a l'avantage. Il faut avoir des ruses pour paraître nombreux quand on sera peu de monde, ou faibles quelquefois quand vous serez nombreux , et en un besoin pour que l’on vous croie présents où vous n’étes pas, absents de l’endroit où vous êtes : il te faut éblouir l’ennemi, comme un joueur de gobelets , escamoter devant lui et ses gens et les tiens, et tomber sur lui on moment où il s’y attend le moins. C’est encore un bon moyen , s’il peut réussir, pour n’ètre point attaqué lorsqu’on est faible, d’épouvanter l’ennemi; et nu contraire, de le rendre hardi lorsqu’on est fort , afin qu’il entreprenne quelque chose : ainsi , évitant de te compromettre, tu pourras le prendre en défaut; et de peur qu’on n’imagine que je donne ici des préceptes inexécutables, je vais montrer comment ceux qui paraissent les plus difficiles peuvent se mettre en pratique.

Pour ne rien faire au hasard . et calculer juste lorsqu’il s’agit d’atteindre ou d’éviter l’ennemi, il faut connaître de quoi tels ou tels chevaux sont capables, ür, cette connaissance, comment s’aequicrt-elle? en observant cc qui se passe dans les escarmouches, les courses, les charges simulées qu’on fait eu temps de paix.

Veut-on faire paraître une troupe plus nombreuse qu’elle n’est ? d’abord il faut , autant qu’on peut, n’essayer cela qu’à une certaine distance de l’ennemi ; il y aura moins de risque et de difficulté : puis 11 est à remarquer que les chevaux rassemblés paraissent plus nombreux ( par la grosseur de l’animal ); dispersés , on les compte, et on s’y trompe moins. Outre cela, un eorps de cavalerie paraîtra plus fort qu’il n’est, si, parmi les cavaliers, on entremêle les palefreniers ’, ayant des piques s’il se peut, ou sinon, quelque chose qui ressemble à des piques; et cet artifice peut servir, soit qu’on se montre immobile, soit qu’on manœuvre pour se former en bataille. Par lu on grossit à l’œil la masse d’un escadron , qui semblera en même temps plus étendu et plus serré’. Voulant montrer ù l’ennemi moins de troupes qu’on n’en a, il n’y aura nulle difficulté, si le terrain permet d’en cacher une partie; mais si le pays est tout découvert, il faut, en faisant filer les dizaines ^ , se former à files ouvertes, et dans chaque dizaine, faire porter la pique haute aux cavaliers qui se trouvent en face de l’ennemi et la pique basse aux autres.

Pour épouvanter l’ennemi , on peut employer les fausses embuscades, les faux renforts, les fausses nouvelles; au contraire, il prendra de l’audace, si on lui rapporte que vous êtes dans l’embarras. Je n’en dis pas davantage; mais il faut de soi-memCj selon les circonstances, imaginer .sans cesse de nouvelles tromperies : ear tromper est tout à la guerre. Nous voyons que les enfants, lorsqu’ils jouent entre eux au roi , s’ils ont beaucoup en main , font paraître qu’ils ont peu ; et au contraire ayant peu, savent si bien faire, en tendant la main , que l’adversaire croit qu’ils ont beaucoup. Des hommes ne sauraient-ils donc

’ 0>*quc cavalittr avait un valet qui panaait le ciif val . et dana les marelles portait 1rs armes de son maître. ( V. Cyrop. a, 9. Urlt. 3, 4, 6. ) Les Mainriucks en uut de pareils qui les occompaintrnl Jusque sur le champ de bataille. (Voyez tmn, Voyage d'ÊgypU.) A Rome« ('.alon passant en revue le» chevaliers, deniamle a l’uo d’eux : • Pourquoi <^tu si gra» « et ton cheval si maigre? Ost, dil-ü, que nHiti cheval i-»l N soiçiid par mon valet, su lieu que Je me soi({ne moi-rotyme- •

* U*s Tartam font dos ti((ures d'hommes qu'ils atlachrni « sur des chevaux , afin que de loin on les croie rn plus era’til « nombre qu'iU ne sont. Au premier cIkw de la cavalerie iU •I opposent un front de prisonniers et autres étrangers qui sont « parmieux,et il y a quelquefois des Tartares qui s’y mêlent; « mais leurs plus vaillants hummes et chevaux se placent a a droite et à gauche, afin que les ennemis ne les voient pas «I et qu'ils 1rs puissent ainsi environner de tous côtés; si bien <1 que quelque petit nombre qu'ils sbknt. Il semble aux en* « nemis qu'il y en ait bien davantage, v ( Rtlaiion des Cordrtiers eNVoy^t en 7aitan> par le pape iMHoeeiit If. )

3 (rest-à*dire, srton la force du mot grec, menant plntietiri dizaines en une seule jUe, pour pr«»euter peu de frooL

DU COMMANDEMENT

apprendre à tromper par les apparences aussi bien que les enfants 7 Pour peu qu’on fasse attention aux événements de la guerre , on reconnaîtra bientét que les plus grands avantages y sont dus à la tromperie, et c’est là le don qu’il faut demander aux dieux ; c’est à quoi sui-méme il faut se rendre habile pour bien commander, ou ne s’en pas mêler. Quand on se trouve à portée de la mer, on peut employer d’autres ruses, comme de rassembler des bâtiments de transport , feignant de préparer une expédition par mer, et cependant attaquer par terre ; ou au contraire , faisant mine de vouloir attaquer par terre, s’embarquer tout à coup et tenter quelque entreprise par mer. Il est encore du devoir d’un chef de faire comprendre au gouvernement que la cavalerie seule est faible, afin d’obtenir qu’on y attache de l’infanterie légère ' ; et l’ayant obtenue , il doit s’en servir. Les fantassins se peuvent cacher, nonseulement au milieu des chevaux , mais derrière, <-ar l’homme à cheval couvre le piéton, étant beaucoup plus grand. Dans tout ce que Je viens de dire, et tout ce qu’on pourra imaginer encore |K)ur vaincre par ruse ou par force , je suppose i)u’on ne manquera jamais de consulter les dieux, sans la faveur desquels on ne peut espérer celle de la fortune.

Quelquefois c’est un bon stratagème de se montrer d'abord circonspect et nullement entrepreiMUt. Cette apparente timidité fait le plus

' lA*(:n>cdil,(/f</<m/i7ssmâ//<imfpprj;crpa&sa|Ç(^i montre !>ipn cr qutjc’élaii qiif ce» Hamlppcs. Il no faut |ml<« tVoulcr >»• iles&us left grammairlpn-i, mais Thucydide et Xrnophon qui bavent de quoi Ha parlent Tou^ le» autres ont confondu liainippi, ylmphippi , et Prodrynti.

On nnmmoJl Hamippr le fantassin atlaelié an cavalier et combattant avec lui. V«>u» %oye* «lan» 'flinrydlde cinq cruta ruvalim flivc cinç cenfa fanianint Unmippes ; el dans Plutarque, vie de Paul Emile, dix nxille Hamippea (ou paratnttx , c’est la mt'me chose ) avec dix mille cai'aliera. Et era fantassins, dit lltc-Lîvc, cuuraient avec le* rkeram. Ils combattaient aussi en corps, Ci>rome on volt ci-dessus ( cliap. VllT, 10). César diicrlvanl les triMipes d'.^riovUti*, aix mille cavalier», dit-il, toulenua d’autant de/antamns qui tuiroienl le» chevaux,... Celait la coutume dm Numides, au dire de Salhiftle , et des Partbes , belon Applen , de Joindre de» fantassins à la cavalerie, el César lul-tnéme, dans la guerre de Uura/ro, employa ce moyen pour faire tête, a\ ec mille chevaux, à la cavalerie de Pompée six fois plus nombreuse. Les Enthmantel», ou manlraux rouge», des axanl-gardes aulrlrliieniies . au commencement de ce» guerna-d , éûicot de» espece» d’/lamipprt.

(/Il appelait .dmphippi , chez certains peuples de l’Asie , des cavaliers ayant deux chevaux, qu'iU numtaienl l’un après raiitre, les laissant reposer (our à totircomine le marque Elien. Tile-IJvc écrit aussi qu’ils cA<ingrairfi/ de cheval nu ptu% ftrt du combat, cl Bernier vit la même chose dans le» armée» d'Aurmg-i£eb. • Le iiliuple cavalier, dit-il, avait deux chevaux ,

• le proverbe étant panni eux qu'un homme qui n’a qu'un •< rheval est demi à pied. *

l.es Dimach* eoinbatlaient A pied et k cheval , comme nos dr,n;^)ns. Prodromi étaieul d«» coureur».

aoQvent que l’ennemi, croyant n’avoir rien à craindre, néglige de se garder : au contraire, quand une fois on s’est fait connaître par beaucoup de hardiesse et d’activité, on peut bien souvent, sans bouger, par de simples feintes, tenir l'ennemi toujonrs en alarme , et le fatiguer beaucoup.

Mois dans quelque art que ce soit, nul n’exécutera ce qu'il a conçu , s’il n’a d’abord les matériaux préparés pour obéir A la malu de l'ouvrier; et on ne peut non plus faire des hommes ce qu’on veut, s’ils ne sont d’avance amis de leur chef, et pe.rsuadés qu’il en sait plus qu’eux dans tout ce qui concerne la guerre. Le moyen d’en être aimé, c’est de se montrer leur ami, soigneux de leurs intérêts, attentif A leurs besoins et A leur sûreté, prenant partout des mesures pour leur procurer des vivres, les faire retirer à temps, et reposer bien gardés. Il faut dans les gardes qu’ils sachent qu’on s’occupe de leur faire avoir et le fourrage, et les baraques, et l’eau, et la farine, et tout ce qui leur est nécessaire ; qu’on songe a eux , qu'on veille pour eux. Tous les avantages particuliers que peut avoir un chef, son intérêt bien entendu, c’est de les partager avec ceux qu’il commande. Pour qu’il en soit estimé, il suflll qu’aucun n’ignore que tout ce qu’il leur ordonne, il texécute mieux qu’eux. Il faudra donc, A commencer par les premières leçons, pratiquer tous les exercices de l’équitation , nlln qu’ils voient leu r chef sauter les fossés sans perdre l'assiette, franchir les petits murs qui sc'parent les champs , descendre au galop les collines, et lanecr le dard avec adresse, toutes choses qui contribuent à le faire considérer de ceux qui lui doivent obéir. Le connaissant habile A tout, et capable de prendre les meilleures mesures pour le succès de quelque entreprise que ce soit, ses gens ( convaincus d’ailleurs qu’il ne leur fera rien faire au hasard, sans consulter les dieux ou malgré les victimes ), exécuteront volontiers tout ce qu’il ordonnera.

Partout celui qui commande a besoin de prudence et de capacité; mais pour commauder A Athènes la cavalerie, deux choses surtout sont nécessaires, la piété envers les dieux, et la science de la guerre, attendu que les voisins ont une force en cavalerie à peu pri-s égale, et beaucoup d'infauterie. On aura donc affaire a ces deux armes à la fois , si l’on entreprend avec la cavalerie seule une course dans le pays ennemi , sans que la république mette d’autres foree-< en campagne; mais si ce sont les ennemis qui tentent une incursion sur le lerritoirc d' Athènes , d'abord ils ne le feront

DE LA CAVALERIE

Jnmals qu'avec le secours de leurs alliés , auxquels ils emprunteront et de la cavalerie et de l’infanterie, assez pour se croire supérieurs é tout ce qn' Athènes peut mettre sur pied. Contre tant d’ennemis, si la république entière veut s'armer et combattre pour la défense du pays , il y aura tout lieu d’espérer un heureux sucrés : car, quant n la cavalerie, la nètre sera supérieure. Dieu aidant , si on en a le soin convenable ; notre infanterie ne le cédera nullement à celle de l’ennemi , nos hommes étant aussi sains et aussi robustes de corps , plus généreux de cœur, et plus susceptibles d’honneur, si on les sait conduire , avec l’aide des dieux ; sans compter que pour ia noblesse de leur origine et In gloire nationale, les Athéniens ne s’estiment en rien inferieurs aux Béotiens Mais si la république met toutes scs forces sur mer ( comme lors de l’incursion que tirent les Lacédémoniens ligués avec toute la Grèce ), et se contente de garder l’enceinte de ses murailles, laissant à la cavalerie la défense de son territoire, et le soin de tenir tète à l'armée ennemie, c'est alors vraiment qu’il faut une faveur toute particulière des dieux , et pour commandant de la cavalerie un homme accompli : car il aura besoin de beaucoup de prudence, vu la force de l’ennemi; de beaucoup d’audace dans l'occasion, et surtout d’une activité en quelque sorte infatigable : sans quoi, ayant sur les bras toute une armée contre laquelle la nation entière n’ose se mesurer, on voit bien qu’il serait réduit à recevoir la loi du plus fort, et ne pourrait rien entreprendre.

Supposé donc qu’il se décide à faire battre l’estrade , par le nombre d’hommes seulement nécessaire pour découvrir la marche de l’cuncmi et se retirer, comme de raison, du plus loin possible, peu d’hommes verront aussi bien que beaucoup, et pour des vedettes qui doivent se replier sur leur corps , il n’y aura nul inconvénient cpic ce ne soient ni les plus hardis, ni les mieux montésqui fassent ce service (la crainte d’ailleurs rendant vigilants ceux qui ne se fient ni à eux-mémes , ni

' On vult par Sml ccd qu'au moment où Xènoplnxi écrivait, XUicnct était mpuaece d'une irrupUon dr» Thétiaina, et se croyait peu en élal de leur rcsisteri ce qui n'a pu avdr lieu qu'avant la nalaille de Manlinée, durant la seconde expcdlllon d'é.paminondasdans le Peioponése. «Alors, dit Xvmoplion.

• toute la lirecc élani parlauee cuire Tliébes cl l.acedemone , « sur le point d'en venir aux mains , personne ne doutait que « cette caInpa^^le ne Ml dicisive . cl que le v ainqueur ne sul)- - Juiçi'l loul. I,es Tltébaiiis avalent l'otfeosive, l'avanèvae du e iHJuUire, la repulalion de leur clief et de leurs demieres ïlc- " Urires; ainsi on devait ertvire qu'ils l'emporteraient, et

* itu'ayani alrallu Sparte, Us altaqueraieni Altienes. qui, de- « puis la bataille de Leuetres , s'était déclarée contre eux. u

à leursebevaux) ; si , dis-je , le commandautse décidé à composer ainsi ses éclaireurs, ce peut être un fort bon parti. Mais voulant tenir la campagne avec le reste de ses gens , il se trouvera bien faible, et en aucun cas ne pourra livrer de combat. Employés comme partisans, ils rendront d'utiles services ; il faut, selon moi , sans se montrer, avec une troupe choisie toujours prête à agir, observer l’ennemi pour profiter sur-le-champ des moindres fautes qu’il fera ; et c’est une règle constante que plus une armée est nombreuse, plus il s’y commet de fautes contre le bon ordre et la discipline; car, ou les corps se dispersent pour pourvoir à leur subsistance, ou dans la marche les uns se hâtent d’aller en avant , les autres demeurent en arriéré; aussi doit-on sévèrement réprimer de pareils désordres, autrement vous n’avez plus de camp, ou, pour mieux dire, tout le pays devient votre camp : profitant donc, comme j’ai dit, de ces négligences de rennemi , on fondra sur lui tout à coup, ayant eu d'abord soin surtout de se ménager une retraite, (Kiur disparaître avant que les secours arrivent au point attaqué.

Souvent une trou|>e en marche s’engage dans des chemins où elle perd l’avantage du nombre ; et les défilés , si l'on veut y suivre l’ennemi , avec précaution toutefois, offrent telle position ou l'on peut soi-mème décider à quel nombre on aura affaire.

Quelquefois vous ferez bien de l’attaquer lorsqu’il prend son camp, ou ses repas , ou même au sortir du sommeil : ce sont tous moments où les troupes se trouvent désarmées, et pour s’armer il faut du temps, surtout à la cavalerie.

On ne cessera Jamais de chercher à enlever les éclaireurs et les graud'gardcs , qui sont toujours faibles, etparfoiss’avanccnt beaucoup ; mais lorsqu’enfin l’ennemi aura pris le parti de se bien garder, c’est un coup è faire. Dieu aidant, de passer,sans qu’il s’en aperçoive, sur ses derrières, instruit d’avance des lieux et de la force des imstes qu’il y a laissés. Il n’est à la guerre plus belle proie que les gardes enlevés A l’ennemi, et ses détachements donnent volontiers dans une embuscade; ctir dès qu’ils voient peu de monde, ils se mettent ù la poursuite, pensant faire en cela leur devoir. Cependant vous aurez pourvu à votre retraite, afin de n’avoir pas à la faire devant l’ennemi, s’il vient au seroursdeses gens.

Mais pour le harceler ainsi de tous côtés, et sans tropde hasard attaquerdesforccstrès-snpérieures, on sent bien ipi’il faut que ce désavantage soit

DU COMMANDEMENT

compense par de l'adresse et par tant d’habileté, que l'ennemi paraisse comme l'écolier qui lutte eontre son maître. C’est ce qui arrivera , si d'abord les troupes qui doivent aller en parti sont tellement exercé, tellement en haleine, hommes et chevaux , que les uns et les autres supportent sans peine les fatigues de ee genre de guerre. Ceux qui , sans excreice ni habitude acquise, voudront se mesurer contre eux, paraîtront véritablement des enfants contre des hommes : car des gens accoutumés à sauter les fossés , franchir tous les obstacles , monter et descendre au galop, sont à ceux qui n'ont nul usage de toutes ces choses , ce que sont les oiseaux aux animaux terrestres. L’homme qui connaît tout le pays où il fait la guerre , diffère de celui qui ne le connaît pas, comme le clairvoyant de l'aveugle ; et pour des chevaux, avoir les pieds tendres , ou bien les avoir endurcis aux aspérités du sol , c’est la même différence que d’être estropié ou ingambe; car il faut savoir que tous ces chevaux bien nourris, en bon état, mois non faits à la Ëitigue , sont réellement en état de crever au moindre travail.

Comme c'est avec des courroies que se montent les mors et s'attachent les housses, un chef en doit faire telle provision qu'il n'en raanquejamais. Ainsi , avec peu de dépense , il mettra en état de combattre des hommes qui sans cela seraient souvent fort cmltarrassés.

Maintenant si quelqu'un trouve que pratiquer ainsi tous les exercices de la cavalerie , ce soit trop de peine et d'embarras, qu'il examine ce qu’on fait aux combats gymniques, et il verra que ces exercices donnent bien plus de peine aux athlètes, que l'équitation à ceux qui s’y appliquent le plus; sans compter que dans l'apprentissage , où un athlète se forme par la sueur et la fatigue, le cavalier trouve du plaisir. Ces ailes qu'on envie aux oiseaux, le cheval nous les donne en quelque sorte; et combien n’cst-il pasplus beau de vaincre à la guerre que dans des jeux ? la gloire qu'on y acquiert est pour soi et pour la patrie; et là le prix que les dieux attachent à la victoire , c’est le bonheur public. Je ne vois rien , (|uant à moi , qui mérite plus de nous occuper que lesexcrcices de la guerre. On peut remarquer que sur mer les pirates, par cela seul qu’ils sont liabitués nu travail, vivent aux dépens de plus forts qu’eux ; et sur terre , ce n’est pas non plus à ceux que leur pays nourrit de chercher ailleurs du butin , mais à ceux qui n’ont rien cher eux : car il faut ou travailler, ou prendre de quoi vi-

vre à ceux qui travaillent, sans quoi on n'aura Jamais ni subsistance ni repos*.

Une attention très-importante toutes les fois qu'on marchera contre des forces supérieures, c'est de ne jamais laisser derrière soi des chemins difllciles pour les chevaux. Autre chose est de tomber en fuyant , ou en poursuivant. Mais il y a encore une faute à éviter, et que je veux noter ici. On voit des commandants * qui ,dans les expéditions où ils se croient sûrs d'avoir l'avantage , marclient avec des détachements tout à fait insufllsants ( par où souvent il leur arrive ce qu’ils pensaient faire aux autres ) , et quand ils savent qu’ils trouveront l'ennemi supérieur, emmènent tout cè qu’ils peuvent ramasser. Je dis qu'il faut faire le contraire ; où vous comptez battre l'ennemi, ne pas laisser d'y porter toute la force nécessaire; car trop vaincre n'a jamais nui : mais contre un corps plus fort que le vôtre , là où vous savez qu'aprés avoir fait quelque coup de main , suivant l'occasion, il vous iaudra fuir, peu d'hommes vaudront mieux que beaucoup; j'entends des hommes choisis, ainsique leurs chevaux. Un pareil détachement sera plus propre à l'action et à la retraite; mais lorsque ayant tout votre monde, vous voulez vous retirer, alors, de nécessité , les plus mal montés demeurent à la discrétion de l’ennemi ; les maladroits tombent de cheval , d'autres restent engagés dans des lieux impraticables : car on a rarement l'espace et le terrain à souhait; la multitude même est cause qu’ils s'embarrassent , se heurtent, se renversent les uns les autres , non sansqu’il y en ait d'estropiés; au lieu que les hommes et les chevaux d’élite sont prompts à tout, et savent d'eux-mémes se retirer sans confusion, surtout lorsqu'on a l'art de tirer parti do sa réserve pour en imposer à l’ennemi. C'est à quoi servent bien les fausses embuscades; mais il est bon aussi d’étudier sur le terrain, comment et par où des renforts peuvent,

* Oqae nous nommomi partlMni dans In Annéf*^ le« Cms rappelaient bnjanefj, rt Myandage la petite ^erre. Xrào* phon, qui croyait cc grure de nuerre utile dan» tes rlrroru- Unces ou »a r(^pui>ll(|tie te trou>ait, n'uMit cependant, à cauM* de rinfamle du mot, engager ouvertement Ir* AUK^nieo* à li'y livrer; voila pourquoi ü ne «Vapliquc ici qu'a demi : Ctuz gui n*ont rien chez eux, ce aont k*a Atliditlens dont le pays était mauvais; nisuAt/stonee ni repoa, à eansedes troubles qu'oceabiuonf , dans une démocratie surtout, le prix excessif des denrées: plus haut, vit'entaux dépens de plus/orlgti'eur ; comme les Alhtmiens doraient ^ ivre aux dépens des B^Üe&s. (A'oye* cl-sies-sus, eli. ♦, à la fln.)

* Oci regarde Iphicrate, qui, ramenant d'Arcadie les troupes d’Athènes, lit la faute dont parle Ici Xénoplion, et qu’U lui rrpmcbe ailleurs dans les mêmes termes (voy. Hist. gr. liv. «, 6. 51); et c’est une preuve de plus que ceTrtillè fut écrit après la première expédition des Thébados dans le l'éloponèse.

ÜE LA CAVALERIE.

eu se montrant tout à coup, réprimer l'ardeur de l’ennemi, et l'arrêter dans sa poursuite. KuHn, c'est chose toute claire, que pour l'activité et la promptitude des monvements,lc petit nombrea un extrême avantage sur le plus grand ; non que je prétende par là que les hommes, pour être moins nombreux , en soient plus dispos ; mais je dis que voulant tous hommes vraiment cavaliers, qui sachent et soigner et manier leurs chevaux , on en trouvera plutôt peu que beaucoup.

Si quelquefois il arrive dans ces expéditions qu'on doive sc battre à forces à peu près égales, il ne sera pas mal , je crois , de faire du détachement deux pelotons , l'un commandé par le capitaine, l'autre par l’homme qu’on on jugera le plus capable. Ce peloton-ci d'abord suivra, se tenant à la queue du premier ' que conduit le capitaine ; puis, arrivé près de l'ennemi , au commandement qu'on on fera par le passe-parole, il sc portera en avant pour charger de front avec l'autre. Par cette manœuvre on pourra étonner l’ennemi, et difllcilement avoir le dessous : mais si chaque peloton avait des fantassins avec soi , ceux-ci, cachés d’abord derrière les cavaliers, parnis.sant tout à coup et attaquant vivement, contribueraient fort, ce me semble, à décider la victoire. Car ainsi cst-il de tout ce qui nous arrive ; quelque chose que ce soit, ou agréable, ou terrible, moins on l’a prévue, plus elle cause de plaisir ou d'effroi. Cela ne se voit nulle part mieux qu’à la guerre, où toute surprise frappe de terreur ceux mêmes qui sont de beaucoup les plus forts; et l'on peut remarquer encore que quand deux armées se trouvent en présence, c’est durant les premiers jours que les troupes , de part et d’autre , sont le plus craintives. Au reste , disposer une troupe , ordonuer un mouvement , rien n'est plus aisé ; mais trouver qui l’cxéeute ponctuellement , courageusement, avec ardeur et fermeté, c’est où se connaît la capacité du chef : car un chef doit savoir, et dire, et faire en sorte que ses gens comprennent qu'il est bon de lui obéir, de le suivre , de charger avec vigueur ; qu'ils ambitionnent tous de se distinguer, et , déterminés à bien faire, persistent dans l'exécution.

Mais quand deux armées sc trouvent en présence , ou séparées par des champs , alors se font

' On traduit toujours llll^raloment. Au reste, le mottvenv>nt qij’indi(|ue tel X^ophon pouvait te faire devant Tmnrmi avec une petite troupe et des ciiev aux tels que ceux des Grecs. Il n'y a pu encore longtemps que la cavalerie espAgnole se formait $ur trois rangs, et au moment de la charge le troisième rang s'ouvrait à droite et à gauche pour prendre en flanc l’ennemi.

les escarmouches de cavalerie , les passades , les voltes, pour éviter ou poursuivre l’ennemi, apres lesquelles il est d’usage que chacun parte lentement et ne sc lance à toute bride que vers le milieu de la course : or, si ayant commencé d'abord à l'ordinaire , on fait ensuite le contraire , et qu'on parte de vitesse aussitôt après la volte, soit pour fuir, soit pour atteindre , c’est de cette manière qu’on pourra , avec le moins de risque pour soi , nuire le plus à l'ennemi , chargeant de toute sa vitesse , tandis qu’on est près des siens , et détalant de même pour s’éloigner de la ligne ennemie. Si même il y avait moyen , dans ces escarmouches, de laisser en arrière, sans qu'ils fussent aperçus, quatre ou cinq Immmes de chaque division , des plus braves et des mieux montés , ceux-ci auraient bien do l'avantage pour tomber sur l'ennemi au moment où il fait la volte.

Qu'on lise ceci quelquefois , c’est assez ; puis les événements naissent l’un de l'autrs, et il faut savoir saisir d’un coup d'œil ce qui convient au moment. Entreprendre d’écrire tout ce qu'un chef doit faire , c'est comme qui voudrait compter tous les hasards, et dire tout ce qui peut arriver. La principale règle , à mon sens , c’est , lorsqu'on a pris un parti et donné l’ordre qu’on croit le meilleur, d’en presser l’exécution ; car l’idée la plus sage , le dessein le mieux conçu , dans l’agriculture, dans le commerce, dans les affaires publiques , demeure infructueux , si quelqu’un ne veille à ce qu’il s'exécute.

Ce que je dis encore , c’est qu'avec l’aide des dieux , on compléterait beaucoup plus promptement le corps de mille hommes de cavalerie, et bien plus commodément pour les citoyens , si on levait deux cents cavaliers étrangers ; par là on rendrait tout le corpsplusobéissant, et l’on y Introduirait une émulation utile. Je sais, quant à moi, que la cavalerie des Lacédémoniens ' commença à sc faire remarquer lorsqu’ils y Joignirent des corps étrangers; et j’en vois de semblables dans toutes les autres villes, où Ils sont en grande estime et se conduisent fort bien ; car le besoin aide beaucoup à la bonne volonté. Pour leur acheter des chevaux , je crois qu’on pourrait en lever le prix, d'abord sur ceux qui voudraient se dispenser de servir dans la cavalerie (j'entends les gens ri-

' Agisilu , étant pnMé en A«ie pour faire la gnerrr au rot de Perte , n'arail point emmené avec lut de cavalerie : inaia , comme il leollt blenidl le bejoin qu'il en avait , il leva parmi les flrrca Aatatiquea un corps de quinre cents chevaux , av ec lequel U revint ensuite dans la Grèce , et qui rendit de grands services aux laicédémonleus ; car les Grecs avaient alors si peu de envalerie, que quilue cents chevaux fa isa ient un corps oousidérabic.

DE L’ÉQUITATION

elles , de faible complexion ) , et aussi, ce me semble, sur les chefe de maisons opulentes qui n'ont point d'enfants : je pense même que parmi les étrangers établis à Athènes on en trouverait qui , enrôlés dans la cavalerie, chercheraient à se distinguer, car Je vota que dans tout autre emploi honorable où l'on a voulu les admettre, il y en a qui s'appliquent à servir avec distinction. Enfin , je pense que l'infanterie attachée à la cavalerie , pour qu'elle eût le plus d'ardeur et d'activité possipie, devrait être composée des hommes qui haïssent le plus nos ennemis ' . Tout ce que je viens de dire peut s'exécuter. Dieu aidant.

Maintenant si quelqu'un s'étonne ■ qu'on répète sans cesse d'agir av€c Dieu *, qu'il saehe qu'apres s'être trouvé souvent aux occasions, il ne s'en étonnera plus, quand il aura vu qu'à la guerre les deux partis se tendant continuellement des embûches, rarement peuvent savoir quel en sera le succès. Il n'y a là-dessus à consulter que les dieux , qui savent tout et donnent des avis à qui il leur plaît, soit en songe , soit dans les sacrifices , soit par les augures ou par les oiseaux. Or, on sent bien qu'ils conseilleront plus volontiers ceux qui ne les invoquent pas seulement dans le danger, ma'is qui, dans la prospérité , ont accoutumé de leur rendre autant qu'il est en eux , les hommages et le culte dus à la Divinité.

DE I/ÉaUITATIOX.

Croyant, par une longue pratique, avoir acquis quelque connaissance, de l'équitation, nous voulons montrer à nos jeunes amis comment ils pourront se rendre habiles dans cet exercice. Il y a déjà sur le même sujet un écrit de Simon * ,

* C'cit-Sàire dru réfusiés dp ThesplPs Pt de Platée. lÆt hiibilnnJs (li* dflu» vlllfsflrlmlt**» par l« Tbébains mtp-

à A(hènn,où il» fuivnl accUi'ilHi- On Irur nocorda de Kraod» prl\lWg« , «I m^me on le» aduiil au raii^: di*» citoyens. ( Voy. Xf..nopiiün , HIsl. gr. liv. CfS; DiuoohEjUv. 15; Plutarquiî» PHopidn».)

* Xitiophon craint avec raison qu’il ne paraisse quelque chose d’affcclé daiw sa dévolluo- En ce temps-la la religion d'un disciple de Socrale était fort suspecte : nu.wi le voll-oii souvent faire sa profession de fol , et loujoura parler en homme <{iii . à cause de se» liaison», aurait pu aisément pas-ter pour Incrédule ; mais en ccla méinc il y avait une mesure ii garder, et, pour whapper auxsoupç«Hjs,ll devait éviter également de prouver trop ou trop peu. C’est à quoi sc rapportent ceUe phrn.»e et la suite.

* Agir ntw Dieu ou sons Üieu^ sont des eaprcsslons coowMT«'*e« chez lc« aMlcos , pour dire selon la volonté , ou contre la votoQlédes dieux , manifestée par le», augure».

* Ce Simon avait écrit un livre intilule, selon Suida», f/ép/MSiopigue, comme qui dirait, te parfait iVar<ckal. PuUux

celui qui a conaacré, au temple de Cérès Éleuxinienne, à Athènes, le cheval de bronze sur la base duquel il a fait représenter ses propres actions. Quant à nous, s'il se trouve qu'il ait dit quelque chose en quoi nous soyoos de son avis, nous ne laisserons pas pour cela d'en parler ; mais ce seront, au contraire, ces mêmes observations que nous transmettrons à nos amis avec le plus de conJlance , les voyant d'accord avec celles d’un homme de l'art ; puis nous tâcherons d’y tyouter ce qu'il a omis.

Et d'abord noos marquerons ce qu'il faut savoir pour éviter, autant qu’il se peut, d’êlrc trompe en achetant un cheval. Ou poulain encore à dompter, c’est le corps seul qu'on examine , l'àme ne se peut guère connaître que du cheval qu’on a monté; or, dans le corps cc sont d'abord les jambes qu'il faut considérer; car, de même qu'une maison ne pourrait servir à rien, si , les parties supérieures étant belles et bonnes, elle manquaitpar les fondements, un cheval de guerre ne serait non plus bon à rien , si tout en lui était louable, hors les jambes, ce seul défaut rendant inutiles tontes les bonnes qualités qu'il pourrait avoird'aillcurs. On jugera du pied, premièrement par l'ongle , qui vaut bien mieux épata que mince. 11 faut voir ensuite si le sabot est élevé ou bas , devant et derrière , ou tout à fait plat ; car le sabot élevé tient éloigné du sol ce qu’on appelle la fourchette; mais lorsqu’il est bas, le cheval marche également sur la partie solide et sur la plus molle du pied, comme il arrive aux hommes qui ont le genou cagneux. Simon dit qu'on connaît au bruit la bonté du pied d’un cheval , et il a raison ; car le sabot creux résonne sur le sol comme une cymbale'.

Puisque nous avons commencé par le pied, nous remonterons de là aux autres parties du corps. Les os situés entre la corne et le boulet ’ ne doivent pas être tout droits, comme aux chèvres {car les jambes ainsi construites fatiguent le cavalier par une réaction trop dure , et sont sujettes à SC gorger ) : ces os ne doivent pas non plus plier trop bas , d’ou il arriverait qu’en mar-

noua en a conserve quelques rragmenla, qu’II a le plus aouvent lruU 4 |Uéa et altérés, faute d'enlenüre la matière. Il parait d'ailleurs que Simon èlail fort lanonul . H s'e.prlmait assea mal; comparalde en ce point à M. de la Broue, un de nos vieux auteurs d'equiUlioti , qui , de son propre aveu, savait a peine fier dans ses //eures.

' Leurs clievaus n'èlatail point ferrés.

* 11 y avait un mot grec pour dire le paturon : sans doute Xéuophuii ngnor.vit, car ou ne saurait supposer que par dclieidesse 11 ail évllè de s'eu servir, ayanl employé d'.iuln s lermes de m.vréciialerïe , iris que le lioulet , la fourchelle , les crochets, etc.

. ..;i, 1- , C'ioogic

DE L’ÉQUITATION

cliant dans les pierres et les mottes de terre, le boulet ou perdrait son poil ou même se blesserait.

Il faut que les os des jambes soient gros ( ear ce sont les colonnes du corps) , mais non chargés de veines ni de chairs : autrement , en courant dans un terrain raboteux , ces parties s'engorgent par l’amas du sang , il s'y forme des varices , la jambe se gonfle, et la peau, se dilatant, se sépare de l'os; souvent même, par une suite de ce relâchement, la cheville se déboite , et le cheval demeure estropié’.

Si le poulain en marchant fléchit mollement les genoux , on en peut conclure qu’au manège il aura les mouvements souples et moelleux ; car dans tous les poulains cette souplesse des genoux augmente avec l'âge , et la flexibilité dans les articulations est estimée arec raison , le cheval doué de cette qualité étant moins sujet â broncher et moins fatigant qu'un cheval dur.

Le hras, s'il est gros, annonce, comme dans l'homme, plus de vigueur et de grâce.

La largeur de la poitrine , nécessaire également pour la force et la beauté , fera d'ailleurs que les jambes , bien séparées l’une de l'autre , ne se croiseront point dans leur mouvement.

A partir de la poitrine, que le col ne tombe pas en avant, comme au sanglier, mais qu'il s'élève, comme dans le coq , droit au toupet , et qu’il soit échanerc profondément en dessous, à l’endroit de l'inflexion.

Que la télé, sèche, al t peu de ganache ; de la sorte l’encolure couvrira le cavalier, et le cheval verra devant lui où il pose le pied : outre qu’un cheval portant ainsi sa tète rarement forcera la main , cpielque fougueux qu'il paraisse; car ce n’est pas en ramenant , maisau contraire en tendant le cou , qu'il cherche à forcer la main.

Examinez les barres pour savoir si elles sont tendres, dures ou inégales : le poulain dont les barres sont inégalement sensibles, aura d'ordinaire la bouche fausse.

L’œil saillant donne un nir plus vif et meilleure vue que l’œil enfoncé.

* Au Irmps di* Xwiopbfm, ce que nous appelons faire le poil iiVtalt ptjint d'iLsAgo: on ménaj^rait , au contrnire, le fanon, gui dans les pays chauds croit peu, et loin de rien Alcr h la Ix-aulé du pied , sert plutôt k dessiner agréablement IVrRot.

* Ahityrtlie, dans la collection des auteurs d’hippintrique : • Pour exercer le poulain , 11 faut un terrain non trop nn uble ,

■ ni où 1rs pietls enftmcent trop, surtout dans la prernW-rp Jm- <« nesse; car aisément il arrive que tes chevilles d«*s Jambes (je « traduis à ta lettre ) se déplacent , et ainsi le» paturons por

■ triil à terre, et après cet accident le cheval reste estro- X plè «1

Les naseaux bien ouverts font qu’un cheval a plus d'haleine et d’ardeur que lorsqu'ils sont serrés ] et de fait quand un cheval est en colère coutre un autre, ou s’anime sous la main, c’est alors qu’il ouvre davantage les narines.

Les oreilles les plus petites, les plus éloignées l’une de l’autre à leur base^ donnent à la tète l'air plus distingué.

Le garrot élevé rend le cavalier plus ferme, en offrant à ses cuisses plus de prise sur les épaules et le corps de l'animaL

L’épine double est la plus belle et la plus commode pour s'asseoir.

i.,a côte ample, ayant du relief à l’égard du ventre, fait que le cheval est plus fort, sc nourrit mieux , et offre à l’homme une meilleure assiette.

Plus le rein sera large et court , et plus aisément le cheval exécutera tous les mouvements ou le devant s’élève et le derrière suit : de la sorte aussi le ventre paraîtra plus petit, partie qui, étant trop grande , rend le cheval non-seulement difforme, mais faible et pesant.

Les fesses larges et clmmues seront assorties aux côtes et à la poitrine : si elles sont en outre compactes, ce sera signe de légèreté pour la course , et d’agilité dans tous les mouvements.

Pourvu que les jarrets soient larges et nulle* ment tournés en dehors , les jambes de derrière, en posant a terre , s'éloigneront l’une de l'autre,

* OUe largpur du aonunct de la tèle, rfsardée chez les aodrt» comme une beauté, était le trait caractérUUgiie di*» chevaux qu'on appelnlt Buerphtilf», oaTé\f*dc btruf. T)«i ce genre nt U belle télé de cheval qu'on volt à Ffapic», au palais ('olombrano. Il ne faut pas croire que ce nom de Bucéphale fut pirtlculier au cheval d'Alexandre ; erreur de Pline et de beaucoup d'autre». Bien avant \lexandre on donnait co nom a une race particulière de chevaux thesaallens , et à ceux qui leur reascmblalenl. celle dénoinlnatlon fut sans douta imagiiHW par des maquignnns nus»! peu seiutésqiie les n<Hres, qui louent dans un cheval la tête de mouton , tetta de earnero chez les Espagnols.

Le cheval tant admiré et tant criliqué de Marc-\uré1e, ou Capitole , est Bucé|)hale. Quant aux proportions de son corps . c'est un cheval napolitain et entier, qu'on D’eùl jamais dd comparer aux citev aux hon;;res du Nord. La castration dén.ilure tou» le» animaux , et l'effet en est remarquable , surtout dans l'encolure . par Ta corn'spoodance connue de cetto partie avec celk's de la génération. L'encolure du cheval de MoroAurèle aparu trop forleaux Fronçai» et aux Allemands, mais les Espagnols et les Italiens, chez qui le» chevaux sont tou.» entiers, en ont Jugé difh’remment. Il a, en cela et en tout, lecarartère des belles racesde la Calabre et de la PuuHIe. Son allure est une espèce d’amble : par cette raison, il devait avoir et U a réellement la croupe basse; mais comme on a cru que c'était un défaut , on a cherché à y remédier en posant la statue suriin plan inelUiô en devant, ce qui en détruit l’effet , et met hors d’équilibre lafigure du cavalier. L'artUte a citoisi cette allure , app.nremn^nt pour sc conformer a l'usage de cet empereur; usage commun en Italie, où l'on monte encore peu de chevaux qitl ne suienl dressés à l'amble.

UE L’ÉQUITATION

oümme celles de devant , ce qui rendra la démar- I che plus ferme, plus agile, et tout sera pour le | mieux. Cela se peut voir, même dans l'homme; car, pour lever de terre un fardeau , un homme ue se placera jamais les pieds joints, mais écartés.

Il ne faut pas que le cheval ait les testicules gros; mais c'est ce qu'on ne peut encore voir dans le poulain. Pour ce qui est des parties inférieures du train de derrière , des astragales , des canons , des boulets et de la eorne , on peut y appliquer ce que nous avons dit des jambes de devant.

Je veux marquer aussi à quels signes on pourra éviter de se méprendre sur la taille. Le poulain qui, en naissant, aura les jambes les plus longues, deviendra le plus grand : car toutes les bêtes de trait ou de somme, en avançant en Igc, croissent moins par les jambes que par le corps, qui prend au contraire, dans la suite, plus d'accroissement, pour être en proportion avec la hauteur des jambes.

A ces marques, donc, nous croyons qu'on pourra juger de la beauté des poulains, et en choisir un qui ait, avec de la vigueur, bon pied, bonne chair, bon air et bonne taille ; que si quelques-uns, en croissant, changent et ne répondent pas à ce qu'on en attendait, ce n'est pas une raison pour renoncer à nos régies; car on en verra pins de laids devenir beaux et bons, que de faits comme nousl'avons dit devenir difformes.

Quant è la manière de dresser le poulain, nous ne croyons pas devoir en parler ; car dans les républiques, on désigne pour la cavalerie les jeunes gens les plus riches des familles qui ont le plus de part au gouvernement; et un jeune homme ainsi né, au lieu de passer son temps à dresser des chevaux, fera bien mieux de se former le corps par la gymnastique , et d'apprendre l'équitation , ou de s’y exercer, s'il est déjà Instruit. Plus âgé, il s'occupera de sa maison, de scs amis , des affaires publiques, de la guerre, plutôt que de l'éducation des chevaux. Quiconque sur ce sujet pensera comme moi , donnera son cheval à dresser ; mais comme lorsqu'on met un enfant en apprentissage , on passe un marché par écrit , pour convenir de ce qu'il doit savoir en sortant de chez le maître, il en faut faire de même Ici , afin que ces conventions lixent à l'écuyer les conditions qu'il doit remplir pour recevoir son salaire.

Le poulain qu'on donne à dresser, on tâchera qu'il suit doux, ami de l'homme, qualités qu’il acquiert à la maisou surtout, et par les soins du |

I palefrenier, qui pour cela doit s’appliquer A faire I en sorte qu'il ne souffre de la faim, de la soif, des piqûres , que quand il est seul ; et qu’au contraire , les aliments , la boisson , la cessation de toute incommodité, lui viennent des soins de l'homme. Il ne se peut que de la sorte on ne l'amène bientôt à aimer et désirer même la présence de l'homme. Il faut aussi toucher le cheval aux endroits où il aime à être caressé : ce sont les plus garnis de poil , et ceux où il ne peut luimême se délivrer de ce qui l'inquiète. On recommandera en outre au palefrenier de le conduire par les lieux les plus remplis de monde, l’accoutumer A tous les bruits, l'approcher de tous les objets, et quand quelque chose l'effraye, non se fâcher et le maltraiter, mais doucement lui faire comprendre que ce qu'il craint n'est point à craindre. Ce peu de règles A observer quand on a de jeunes chevaux , doit suffire , cc me semble , à quiconque n'est pas écuyer de profession Maintenant nous allons marquer les instructions qu'il faut avoir pour n’être pas trompé lorsqu'on achète un cheval tout dressé. Son âge doit se savoir d'abord ; car celui qui ne marque plus ne flatte d'aucune espérance , et l'acheteur ne peut, dans la suite, s’en défaire aussi aisément. Quand sa jeunesse est hors de doute , il faut voir comment il se laisse mettre le mors dans la bouche, et passer la têtière par-dessus les oreilles; c'est ce qu’on éclaircira en le faisant brider et débrider devant soi. Ensuite on examinera comment il reçoit le cavaber sur son dos ; car beau-

* On s'étonnera que Xénophon, entrent dans tous ces détalU ftur le choix d'un Jeune cheval , n’aTertiiae nulle part d« ne ^rdi'r de II gourme , par ou 11 aurxU commencé apparemment s'U eiH connu cette maliidle. On ne trouve ri<-n non plus qui s'y rapporte d'une façon bien claire dans les Hippiatiiqurs. Le silence de Xénoptran > ieni de cv que ce mal n’pxistail ni en Grèce ni dans aucun des pays qo'll avait parcourus. Il n'avalt ^ u que dt** pays clmuda ou la gourme est inconnue. On n'en a nulle idée dans le royaurne de Naples. Tous les puulalns s'y vendent aux foires, de quatre ans, et on les achète Aatis le moindre examen, ce qui D'.xura]t pas lieu »>l la gourme était à craindre peureux. Cent cinquante poulains ncheti'S A la fedre d'Allamura, pour le neuvième régimeut de cha.sM'urs, n'eurenl jamais signe de giHirroe, non plus qu'un grand nombre d’autres que le traducteur a pu observer de près et pirndant longtemps. Ijt» proprieUün*s de haras, les maréchaux et maquignons, Interrogés là-drasus, ne savent ce qu’on leur veut dire.

Sur Cela on peut renvarquer que différents animaux, de ceux qui ae nourrissent d’berbe, originaires des climats rbauds, comme le cheval, derlennent, sous des zdneis plus froides, sQjeU A de telles maladies. Dans la Calalire , les chevaux en sont exempts; mais les buffles, pour qui cette température e»t froide, y meurent en grand nombre, h trois ou quatre ans, du mal appelé barbime , qui se déclaré par un gonfle^ ment extraordinaire dê^ amygilaie» et des glandes parotides. \jea chameaux , introduits depuis peu en Toscane , y ont pris la même o>aladie , et parmi ceux des Kalmouks , nu dire de ! l’Alla», ce fli ju fait d’affreux ravages.

DE L’ÉQUITATION

coup de chevaux se défendent de ce qui leur annonce le travail. C’est encore une chose à savoir, si , étant monté , il s’éloigne volontiers des autres chevaux, ou si, passant à peu de distance, il ne s’emporte pas pour les aller joindre. 11 y en a même qui , du manège , s’échappent vers l’écurie, et ce vice provient d’une mauvaise éducation.

Ceux qui ont la bouche fausse se reconnaissent d’abord à la leçon qu’on appelle l’entrave , mais mieux en variant la piste dans différents sens : car on en voit beaucoup qui ne forcent point la main, quoique ayant mauvaise bouche, s’ils ne se trouvent portés directement vers la maison. Il faut s’assurer encore si , étant lancés à toute bride , ils forment un arrêt court , et font volontairement la demi-volte. Puis il est à propos de ne pas ignorer si le cheval obéit également bien après qu’on lui a fait sentir la gaule ou l’éperon. Tout autre animal de service, tout valet qui n’obéit pas, ne sert à rien ; mais le cheval désobéissant n’est pas seulement inutile, il vous trahit souvent et vous livre à l’ennemi. Nous supposons qu’on achète un cheval pour la guerre ; et par conséquent il faut l’éprouver à tous les usages que la guerre peut exiger, comme à sauter les fossés, franchir les murailles sèches qui séparent les cliamps, s’élancer sur les tertres , en descendre d'un saut ; dans les pentes rapides , courir à val, ou contre-mont, ou obliquement; c'est à ces preuves que l’on connaîtra s’il a le corps sain et l’âme généreuse.

Il ne faut pas néanmoins rejeter d’abord un cheval parce qu’il ne ferait pas également bien toutes ces choses ; plusieurs manquent , non par impuissance, mois par ignorance, qui, instruits, dressés, exercés, exécuteront parfaitement tout ce qu'on leur demandera, s’ils n'ont d’ailleurs ni maladie ni mauvaises habitudes.

Qu’on se garde surtout de ceux qui sont ombrageux par nature; car un cheval peureux , nonseulement empêche de frapper l’ennemi , mais souvent renverse le cavalier et le jette dans les plus grands périls. Il importe encore de savoir si le cheval n’est point hargneux (soit aux hommes , soit aux chevaux ) , ou chatouilleux ; tous défauts fâcheux pour le maître.

La K'pugnancc d’un cheval à se laisser brider ou monter, et scs autres vices se connaîtront mieux encore, si , le travail fini , on essaye de lui faire tout ce qui se fait avant de commencer ; tous ceux qui, ayant achevé leur travail, se montreront prêts â recommencer, donneront par là une preuve suffisante do leur courage.

En un mot, un cheval bien jambé , doux , assez léger, ayant force, bonne volonté, obéissance surtout , devra être le plus maniable et le plus sdr à la guerre; mais ceux qui, ou par lâcheté, ont besoin d’être poussés , ou , par trop de feu , exigent beaucoup de ménagement et d'attention , embarrassent le cavalier dont ils occupent trop les mains, et le découragent dans les dangers.

I.orsque , satisfait d’un cheval , on l'aura acheté et conduit chez soi, il sera bon que l’écurie soit d'abord tellement située que le maître y puisse avoir l’oeil, et voir son cheval le plus souvent possible, puis construite de manière qu’il soit aussi dlfllcile de dérober au cheval sa nourriture du râtelier, qu’au maître la sienne du buffet. Qui néglige ces soins, à mon sens, se néglige soimême; car il est clair qu’à la guerre l’homme confie sa vie à son cheval : et ce n'est pas seulement à raison de la nourriture qu'il faut une écurie sûre , mais afin que si l'animal rend son grain sans le digérer, on s'en aperçoive promptement; ce qu’ayant reconnu, on s’assurera si le mal provient ou de trop de sang qui lui empâte la bouche', et l’on y remédiera; ou d’un excès de fatigue , et alors on le laissera reposer ; ou enfin si c'est une fourbure , ou quelque autre incommodité qui se déclare ; car aux chevaux comme aux hommes, tout mal , à son commencement , est plus facile à guérir que lorsqu'il a fait des progrès et s'est répandu par tout le corps.

Mais en même temps qu'on s’occupe de sa nourriture et de ses exercices pour lui fortifier le corps, il fàut former aussi ses pieds ' : or, les

* 0»t If ma] qu'on appelle empns. On y rc<

Dunlif par une incision au palaU.

• I^'s ancleas ne ferrainil point leurs chevaux ; cela se volt par tous les ^rits et lot monuments qui nous restent d'eux . et n'a pu étonner que des girns qui oc savaient pas en eom> bien de pays l’usage de ferrer les chevaux n'ett point encore Introduit. Le* Tunguse», ainsi que la plupart de* TarUrcs. les meilleurs et les plus infatigables cavaliers du monde, ne sachant forger que trés-grtwslérement , sont par c«*la seul dans nmpnssihillté de ferrer leurs chevaux. « I^s Hollandais du » Cap ont de pellts chevaux qu'on ne ferre jamais, x dit Spannann ; et M. Thûmberg a fait la même remarque dans l’ile de Java. Un aulre voyageur assure qu’a Mogathir. et *ur la «Me occidentale de l'Afrique, tous les chevaux vont sans fers; et fiiebuhren dit autant de ceux de l'Veinen. M. Tallaa a vu les chevaux de Kalmouks, « qui ont, ditdl, le sabot n petit et exlrémeroenl dur : ou le» monte en un temps sans • quils soient ferrés. » Ailleurs, parlant des Cosaques des Iwrds du Jalk : « Leurs chevaux , dit-il , ne sont point ferrés . mats il leur vient, dans un soi sec, un sabot trOs-beau et tré»-<lur. » En effet, c’est dans les terrains secs et pierreux que le cheval se fait un sabot qui ri^sUte a tout; mais il fadt pour cela qu'il soil lihrc et sauvage dans ses premières aiinéi comme on laisse errer le* poulain* autour des nMintagne» de la Calahre et de l’AndalcMuie , Jusqu’à l'àge de quatre an*, ^j|fermi-s à l’écurie . comme nous tenons le* ndtres , ou paissant dans dos prairies, leur corne ne durdt point. Ce que

DE L’ÉQUITATION

écuries dont le sol est humide ou uni gâteront la meilleure corne; mais celles où I on a pratiqué des écoulements pour ôter rhumidilc, et qu’on a pavées ( pour que le sol ne fût pas uni ) de pierres grosses à peu près comme le sabot * , ces écuries-Ià d’abord durcissent la corne, qui pose

Ü 4 :*ftirrralt M » qu’on acfoutumAt m» chevaux de cavalerie

h marcher sans fers, mtûU «ccutaMe, cl d’un prand oynnlage, si Ton pouvait n’y employer que de* chevaux né* et éJevé* dans de» pays secs , ce qui exclurait la plupart de nos races de France el d’Allemagne.

Dans les chemins trop Acres, les anciens, non du temps de Xénophon. mai» plus tard, cluiussalrot leur» dievaux de trait et de Ut, ainsi que leurs mulels,d'uneii»pèce de sabot de fer, appt'Ié en latin $olea ( pantoujif ), qui s'ùtait et se md« tait k volonté : c’clalt un usage de» Romain» , et par la périphrase qu’emploie Artémidorc , ou peut Juger qu'il n'y avait point de nom grec pour cela. On mettait aussi, dan» certaine» provlncesde l'empire, aux chameaux surtout, de» chauslures tissues de licelles, qu'on appelait tpirrlia. Le* montapnarxls d«-a Pyfêni:**» en portent de semblable* pour gravir le» rochers , et les nomment aussi eêpardeitUs. Mai* tout ceU n’avait rien de commun avec notre fiTrure actuelle. Le» chevaux de a)onture allaient toujours pieds nu».

traduchnir avant eu la curiosité et l’occasion d’essayer U mélhmie de Xi^pbon pinir durcir U corne de» chevaux , voici ce qui en est résulté : A Barl, ville maritime de la Fouille plerreiiM', on garnit le sol d’une écurie construite pour quatre chevaux , d’un Ut de eallkmx pris sur la plage , et arrondis par la mer. dont le» plu» gni» pouvaient avoir le volume d'un boulet de quatre. Ce Ht, dr dix-huH pouce» à peu près de hauteur sou» la mangeoire, qui fut exhaussée d'autant. »'al>aLssalt en pente vers le mur opposé. Trol» clvevaux y furent place» pieds nu» ; l'un, poulain de quatre an» , rare des environ» de Cirignola.qui n’avait Jamais eu de fer»; l’autre de huit ans, d’Acquaviva, ferré ordinairement de devant; le tniisiéme, vieux cheval de troupe. De ers tr<»i» chevaux, le premier »<‘Ulcmcnt avnll le saN>t bien filt et la corne assez bonne. On le» pansait a l'écurie , d’ou lU ne sortaient que pour la promenade : on mettait sous eux la nuit, au lieu de litière, quelque» brins de sarment. Leur urine, tombant & travers le» pierre» sur le pavé très-uni de l’écurie, s’écoulait à l’ordinaire avec l’eau qu'on y >clall de temps en temps pour nettoyer la place, de sorte que le cheval était toujours à sec. Chaque Jour, soir et matin, le poulain tioltait plusieurs reprises à la longe , sur la grève , ou l’on avait amassé de» cailloux parril» a ceux de récurie. Au bout de deux mois et demi . sa corne était plu* compacte, et la fourchette surtout avait acquis une solidité remarquable. Il fit le voyage de Barl h Tarente, passant par Monopoli, Ostuni , Brindisi, Leccf, Manilurla, tou» chemin» de traverse rempli» de pierre», el revint sans éire ferré ni Incommodé : A In vérité on ne l’avait monté que deux Jour» ; mal» H aurait résisté à de plu» grande» fatigues, et il était aisé de voir que les mêmes soin* continués l’auraient mis en état de se passer de fers toute sa vie ; il fut vendu. Le» deux autre» n’eurent pas le même suocé* : leur corne, gAtée par le» clous, »e fendait et l'exfoUait pour peu qu’il» marchassent ; mal» peut-être qu’avec le temps ils sc serraient fait un bon pied.

Cette épreuve eut lieu dans Je» mois de Juillet , août cl septembre; on ne peut douter qu’elle n'ertl complètement réussi «ur des chevaux calabrols, qui ont racilieur pied que ceux de la Fouille.

Ouire ce qu’enseigne Id Xénophon pour consolider le pied de* chevaux, on avait d’aoire» méthode» dont il ne dit rien; cela se voit par ce passage du di.scours précédent . « Pour • durcir le »abot . si quelqu’un sait une pratique et plus facile " et plu» w'ire, qu’il »’en serve. *

* On Iradull lllléralemenl; mal* le texte dit plu» en moln» de mot» , et fait entendre que ce* pierre* doivent être de forme et de dimension telle» qu'elles puissent, te pied posant dessu.« , entrer clans le creux du sabot, et porter sur U fourchette.

continuellement sur ce pavé; puis, comme le pnlefrenier devra panser le cheval dehors , et après le déjeuner, Tâter du râtelier, pour qu'il revienne souper avec plus d’appétit , dans cet endroit où on le panse et l’attache hors de Técurie , le pied se fortillera encore, si Ton y fait verser quatre ou cinq tombereaux de pierres rondes , de grosseur à emplir la main , et contenues par un entourage de fer pour les empêcher de sc répandre : le cheval étant à cette place, ce sera comme s’il marchait tous les jours quelques heures dans un chemin plein de cailloux; car, soit qu’on Tctrillc, soit que les mouches le piquent, il battra du pied , de même qu'en marchant , sur ces pierrt^ mobiles et roulantes, qui affermiront la fourchette. S’il est nécessaire de durcir la corne , il ne Test pas moins d'amollir la bouche ' : les mêmes choses qui amollissent la chair de Thomme , produisent cet effet sur la bouche du cheval.

Un autre objet d'attention pour le cavalier, c'est que le palefrenier soit Instruitdes soins qu'il doit donner au cheval. Il faut qu'il sache premicremciit que le licol d’écurie ne se doit jamais nouer à l’endroit où se porte la têtière , parce que souvent le cheval en sc grattant la tète contre la mangeoire, si le licol n’est pas bien mis autour des oreilles, s'écorche, et cette partie une fuis blessée , il ne se peut que le cheval ne dev ienne ensuite dir/lcile et à brider et à panser. 11 est bon de prescrire encore au palefrenier d'enlever chaque jour le crottin et la litière, qu'on amassera dans un endroit st'paré : au moyen de cette attention , il aura lui-même moins de peine, et le cheval s’en portera mieux. Le palcfreoiLT doit savoir aussi lui mettre la mu.sclierc lorsqu'il le fait sortir, soit pour le panser, soit pour le mener à Tendroit où il sc poudre *. Kn un mot , il faut le museler toutes les fois qu'il sort sans être bridé; car la muselière ne lui gêne point la respiration, Tcmpéchc de mordre , et lui ôte plus que nul autre moyen tout pouvoir de nuire par malice^.

* Od veut dire, suivant PoUux, qu’il faut lui frotter le» liarre» avec le» doigts, lut inver la bouche avec de l'eau liede, et de temps en temps avec de l'huile.

* Quand le cheval était en sueur, on le menait dans un endroit où l’on avait am».Nsêdu sahie Un, ou de la pouktière. Cette poussière ou ce satile dans l4*qael il se roulait , en absorbant la sueur, prévenait le» Inconvénients d'une transpiration arrêtée; ensuite le cheval étant bien sec, on le lavait dans la mer ou dan» l'eau couranlu. Le» athlète» »e poudraient de même à U Un de leur» exercices , et le» Romains faisaient venir del’Fgyple le» sable» dt^vliiiés à cet usage.

Les Parlhes, après la course, promenaient leurs chevaux au soleil Jusqu’à ce qu'ils fussent parfaitement secs, et c’est la pratique qu'on suit encore dan» l'Orient, en Angleterre et aitleur».

J Xénophon parle tin chevaux élevés sauvages dans te»

DE L’EQUITATIÜN, 3oq

11 faut l'ntlaclier an-dcssus de la tilc, car tout ce qui l'incommode autour de la face , il cherche à s'en débarrasser, et secoue la tête en la levant en haut , mouvement qui tend à relâcher le lien plutôt qu’à le rompre, lorsqu’il est placé comme nous l’avons dit.

l’our le panser, on commencera par la tête et la crinière ; car de nettoyer le bas avant que le haut fût propre , ce serait sottise. On peut , sur le reste du corps , employer tous les instruments du pansement, d’abord à rebrousse-poil, puis en e|ioussetant dans le sens du ])oil ; mais sur l'épine du dos , il ne faut se servir que de la main , en frottant et adoucissant le poil dans son sens naturel ; ainsi faisant, on ne risque point de blesser cette partie.

Il faut simplement laver la têteavec de l'eau ; car, comme elle est tout osseuse, en la nettoyant avec le fer ou le bois, on chagrinerait le cheval. Il faut mouiller le toupet , car ces crins , devenant d’une bonne longueur, n’empêchent point le cheval de voir, et lui servent à écarter les insectes qui l’incommodent autour des yeux. Il est même à croire que la nature les a voulu donner au cheval, au lieu de ces longues oreilles qu’ont les ânes et les mulets , pour la défense de leurs yeux.

On lavera aussi la crinière et la queue : car il est bon que tous les crins deviennent longs et touffus ; ceux de la queue , aiin qu’atteignant plus loin , ils servent au cheval a chasser les mouches; ceux du col , pour donner plus de prise au cavalier : d’ailleurs ce sont présents que les dieux ont faits au cheval pour sa parure ( le toupet , la queue , la crinière ) , et desquels dépend sa fierté : et qu’il soit vrai, lesjuments, au haras, ne se laissent point saillir par des ânes tant qu’elles ont tous leurs crins; d’ou vient que l'on tond pour la monte les cavalesdestinécsà produire d(« mulets.

Laver les jambes ne sert de rien , et cette Irrigation journalière gâte la corne : ainsi c’est un usage que nous interdirons. On peut encore se dispenser de nettoyer trop soigneusement le dessous du ventre , opération qui chagrine beaucoup le cheval; plus cette partie est nette, plus les mouches s’y portent et tourmentent l'animal ; d’ailleurs quelque peine qu’on se donne pour nettoyer le dessous du ventre , le cheval n’est pas plutôt dehors qu’il n’y parait plus; il faut donc laisser cela. C’est assez de frotter les jambes avec In main seulement; et pour montrer de quelle

iDonUgDM JuM|D'S rsgf de quatre ana , nomme ceux de la Calabre, n a'en voit de tr^raroiichea . qui mCine ne a'apprfvoleent Jamaiv.

manière cette opération se peut faire très-bien et satis danger, nous dirons que si on se place la tête tournée du même côté ou regarde le cheval, on risque d’être frappé de la corne ou du genou au visage ; mais si , au contraire , regardant à l’opposite du cheval , hors de la ligne des jambes, on s’accroupit vers l’omoplate, on n’aura rien du tout a craindre , et on pourra nettoyer la fourchette en levant le pied de terre : on aura le même soin des pieds de derrière.

En général, pour cela et pour toute autre chose, le palefrenier doit savoirqu’il faut, le moins qu’on peut , approcher le cheval par derrière et par devant : car dans ces deux sens, s’il vent nuire, il est plus fort que l’homme ; mais c’est en l’approchant de côté qu’on aura le plus de sûreté à lui faire cc que l’on voudra.

S’agit-il de condnire le cheval en main ? le mener derrière soi est une manière que nous n’approuvons pas , parce qu’alnsi on peut moins aisément s’en garder, et il est plus maître de faire ce qu’il veut. Lui apprendre à marcher devant , tenu par une longe d’une certaine longueur, ne vaut pas mieux , par d’antres raisons ; car, de la sorte , d’abord le cheval peut faire du mal à droite et à gauche, et même, en se retournant, faire tête à son conducteur; puis plusieurs chevaux ensemble étant conduits de cette manière , comment pourrait-on les empêcher de se hottre? Mais un cheval habitué à être mené de côté , ne pourra blesser ni homme ni chevaux, et se présentera très-bien au cavalier, dans le cas même où il faudrait monter de plein saut.

Pour bien brider le cheval , le palefrenier premièrement l’approchera par la gauche ; ensuite , passant les rênes par-dessus la tête, il les posera sur le garrot; puis il prendra la têtière avec la main droite, et de la gauche présentera le mors à la bouche du cheval; bien entendu que s’il le reçoit sans difficulté , Il faudra le coiffer : mais s'il n’entr'ouvre pas la bouche , il faut , en même temps qu’on applique le mors contre les dents, introduire à l’endroit des barres le grand doigt de la main gauche; la plupart cèdent à cela et ouvrent la bouche : mais s’il résistait encore, on pressera la lèvre contre le crochet ' ; il en est bien peu que ce moyen n’oblige à desserrer les dents.

Le palefrenier saura de plus qu'il ne faut jamais mener le cheval par une des rênes ; cela gâte

* Ocl ne Murait s*appll<pifr aux Jnmenta qui n'ont point df crochH» ; mais les anciens ne se servaient Rucre des jun»enta que pour le Irait , auquel elles sont plus propres , fiant haue» de devant, et c'est ainsi qu'on en use dans lea pays comme ta Ont» , ou tous les chevaux aopt entiers.

DE L’ÉQUITATION

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lu bouche. On lui apprendra aussi comment le mors doit être placé, a quelle distance des dents molaires : trop haut il blesse la bouche ( c’esl-àilire les lèvres), qui deviendra calleuse, et par conséquent moins sensible ; trop bas, le cheval |)Ourra le saisir avec les dents et forcer la main. Ce sont là des choses qui méritent toute l’attention et les soins du palefrenier; car cette docilité à recevoir le mors est une qualité si essentielle au cheval , qu'avec le vice contraire il ne peut servir n rien. Lui mettant d’ordinaire la bride non-seulement pour travailler, mais encore au moment de prendre sa nourriture, ou de rentrer à l’écurie après sa leçon finie, on le verra bientôt saisir de lui-même le mors dès qu’on le lui présentera.

Il est encore bon que le palefrenier sache tenir le pied à la manière des Perses ' , afin que son maître, devenant ou vieux ou incommode, ait toujours le moyen de monter à cheval sans peine , et puisse, quand il voudra, prêter ce secours à quelqu’un , ayant un homme instruit à cela.

Avec les chevaux, ne rien faire par colère, c’est la première de toutes les règles, et la loi qu’on doit s’imposer; car la colère ne prévoit rien, et ce qu’elle fait faire est presque toqjours suivi de repentir.

Quand un cheval a peur de quelque objet et n’en veut point approcher, il faut seulement lui montrer que cet objet n’a rien de dangereux , surtout si c’est un cheval naturellement courageux ; sinon il faut toucher soi-même ce qui l’effraye, en l’amenant doucement auprès. L’en faire approcher en le maltraitant, c’est augmenter sa peur et le rendre plus vicieux ; car alors un cheval attribue à l’objet qu’il craint le mal qu’il éprouve.

En présentant le cheval , si le palefrenier sait lui faire baisser la croupe pour qu’on monte plus aisément ’ , nous ne blâmons point cela, mais nous croyons qu’il est bon de s’Iiabituer à monter sans que le cheval s’y prête ; car on ne trouve pas toujours des chevaux dressés de la sorte , et l’on n’a pas toujours le même palefrenier. Sur le point de monter à cheval , le cavalier sc trouvant placé et disposé convenablement, voici ce qu'il faut observer, pour le bien de l’homme et du cheval ; le cavalier doit d’abord avoir prête, dans la main

' C*«t ce que nou» Appelons donner le pied à Cauglaue.

( f'otiei 1rs noirs sur le texte. )

* Püllux explique bien ce que eda veut dire. « cheval « avance, dit'll , le* Jambes de devant , et abaisse sa croupe « en alonguaut lesjambe» de derrière, •• comme font les chevaux |Hiur urioer ou lorsqu'ils sool fatigués. Le traducteur a vu en Allemague des chevaux dressés de la sorte- Il ne faut pas citer ici ce que dit Busheck , vrai ou faux, deschevanx turcs, qu'lis s'agroouiUent pour recevoir le cavalier.

gauche, la longe qui tient à la gourmette ' ou à la muserollc,ayant soin de tenir cette longe assez lâche pour ne point tirer, soit qu'il s’enlève en prenant une poignée de crins près des oreilles, soit qu’il saute au moyen de la pique ’ : de la droite il saisira près du garrot les rênes et la crinière ensemble, de sorte que le mors n’agisse en aucune façon sur la bouche; après quoi prenant l’élan pour se mettre en selle il s’enlèvera de la main gauche et s’aidera de l'autre, fortement tendue (ainsi on évitera toute posture indécente ); puis, la jambe pliée, qu'il ne pose pas le genou sur le dos du cheval , mais qu’il passe la jambe sur les côtes droites, et quand son pied sera placé, qu’il pose alors les fesses sur le cheval.

Mais s’il arrive que le cavalier mène son cheval de la main gauche, ayant la pique dans la main droite, alors nous croyons qu’il convient de s’étre habitué à monter du côté droit. Ce qu’ii faut savoir pour cela se réduit à faire de la droite ce qu’on faisait de la gauche , et de la gauche ce que nous avons dit de la droite. Cette pratique est

* mon dm ondens n'a 3 ran( point de bronches, crttP goormctlR ne faisait pas lt> même effet que la ixMre : elle servait seulement A a.viuJeUir l’embouchure, et quelquefois oa > allarhail rrtte longe, que l'Iwmtne linait de la maiu gauche ou enlortlllail autour de son hros, soit pour monter a clieval , soit pour cumbalire ou agir en quelque monicre que ce fül , laissant les rént’s sur le garrot , comme foot encore les Tartares pour tirer de l'arc au galop.

Que leurs mors nVusseiit point de branehrs, cela parait par quelques etMlruils de ce livre même de Xenophon , et se voit d'ailleurs sur phuleiini monument.^ antiques , parmi lesquels on peut citer le* deux figures équestres Urées d'Hercuûnum , et transporté)*» depuis peu au palais degli Le»

têtes de chevaux sont bien (N>nservées, et qtioi((ue l'artista n'all pas mi* beaucoup d'exactitude dans le dessin de la bride, dont la têtière est mal piaci4>, cependant on y voit daireroeot queie.v rênes partent de* C)vins de ta bouche, qui sont recouverts par des bosselles. Ceux qui ont douné 1rs gravures île la colonne y figuré à leur fantaisie des branches de

mors, dont il n'y a pas la moiudre trace sur l« marbre non plus que dans les bas-reliefs de l'arc de ConstaoUn, qui sont du même temps , comme on sait.

Les rênes tenaient à l'embouchare par des anneaux ; Polhix le dit expressémenl.

* Tout ce qu'on a dit hWlessus d'un prétendu échelon placé au bas de la lance pour appuyer le pied , est une rêverie fort Inutile. Quiconque aura vu les ohlans autrichiens ou polonais, mais surtout les Cosaques, entendra ccci. Leur manière de monter à cheval, en s'aidant de U pique, diffère peu de ce qu’indique ici Xenophon. Ils saisissent de la main gauche les rênes et une poignée de crins, et, s'appuyant de la droite sur la pique, un peu penchée vers la croupe du cheval, ils s'enlèvent Uml d'un temps, en mettant le pied à l'êtricr, et le cavalier se trouve en selle la lance k U main : tout cela se fait rapidement, et avec beaucoup de (crkce, quand l'homme est adroit- Les anciens n'ayant point l'usage des étriers, prenaient leur élan, une main appuyée sur la pique, l'autre sur le garrot; la même main tenait la pique et cette longe dont parle Xénophoo.

^ Iis n’avalent point proprement de selles , mais des panneaux recouverts d'une peau de mouton pareille aux sehabraques de nos hussards. L'usage des ar^ns date du Bas- Emplre.

by GoOgr

DI' L'i:QL'irATlON.

utile, et nous la reoummamions, parce qu'ainsl le cavalier se trouve tout d'un coup en selle et prêt à combattre en cas de surprise. Lorsqu’on sera assis, soit à poil , soit sur la selle, la bonne assiette n’est pas de se tenir comme sur un siège , mais plutôt comme si on était debout , les jambes écartées : ainsi placé , on se tiendra mieux des cuisses, et cette position droite donnera plus de force pour lancer le dard, ou frapper de près au besoin. Il faut Meher librement la jambe et le pied, à partir du genou ' : car, que l'on roidisse lajambe , si elle rencontre quelque chose , l'assiette en sera dérangée; au lieu que lajambe, étant molle, cède si elle vient à heurter, et ne dérange point la cuisse. Le cavalier doit travailler à s’assouplir le plus possible les reins et le corps, de la ceinture en haut; de cette manière il aura plus de liberté d’agir, et tombera plusdiflicilement, s’il reçoit quelque secousse en combattant corps à corps.

Quand on sera en selle, il faut apprendre au cheval à rester immobile , jusqu’à ce que le cavalier ait arrangé sous soi ce qui sera nécessaire , ajusté scs rênes et pris sa pique de la manière la plus commode à la main. Tenant le bras gauche près des côtes, l’homme en aura meilleure mine et la main plus ferme. Nous approuvons les rênes bien égales, non faibles, ni glissantes, ni grosses; en sorte que ia main puisse les contenir et la lance avec, au besoin.

Puis , pour faire marcher le cheval , il faut d’abord le mettre au pas , c’est le moyen de ne le point troubler : s'il porte bas la tête, qu’on lui tienne la main haute ; basse au contraire, s'il porte beau. On lui donnera de cette manière le meilleur air qu’il puisse avoir.

Ensuite prenant le trot naturel , il faut laisser aller son corps sans gêne , et dans cette allure n’en jamais venir à toucher le cheval du buis de lu pique : puis , le beau galop étant celui ou la gauche entame le chemin ', on mettra aisément le cheval dans sa position , si , pendant qu'il trotte , on saisit l’instant où il pose le pied droit à terre, pour alors le Ibucher du bois de la pique; car ayant à lever le pied gauche, il partira de cc pied, et ainsi, tournant à gauche, il se trouvera juste et dans sa Vraie position, attendu que naturellement le cheval, quand il tourne à droite, avance les parties droites , les gauches au contraire , quand il tourne à gauche. Nous approuvons la leçon qu’on appelle

■ Ce précepte en ioi e«i bon , mats U nlfon qu'en donne Ici Xénopbon peut paralire faible ; penl-étre o'eat.ce qu'une addIUoo * ce qu'en avait dit Simon.

* C'eit le contraire aq)oucd'bui. Le pied gauche alors était U éon pied.

r. i. coiniEn.

4oi

l'entrave' : elle accoutume leclicval a lourncraux deux mains; et ilestbon, pour exercer également les deux barres, de varier en tous sens les changements de main. Nous préférons aussi l'entrave allongée à l’entrave ronde ; le cheval tourne plus volontiers , après avoir couru eu ligue droite, et apprend ainsi en même temps à marcher droit et à se plier.

Il üiut soutenir la main dans les voltes’, car il n’est ni facile au cheval , ni sùr de tourner au galop sur un cercle étroit , surtout quand le terraiti est battu ou glissant; et dons le moment qu’on soutient la main , le cheval ni l’homme ne doivent SC pencher ; autrement peu de chose sufllra pour les mettre à bas l’un et l’autre. Quand, la voltu étant terminée , le cheval se trouvera droit , c’est là l'instant de le lancer; car les voltes se font |iour joindre ou éviter l'ennemi : il est doue utile de s’c.xcrcer à partir de vitesse aussitôt qu’on s'est retourné.

Lorsqu’on jugera que le cheval a bientôt assez travaillé , il sera bon , après une pause , de le faire tout à coiip partir avec vitesse (tant en s'éloignant des autres chevaux qu'en venant vers eux) : ainsi lancé, le retenir le plus près possible du point de départ ; et après l'arrêt , faisant la demivolte, le lancer de même dans le sens opposé (à la guerre, on se trouvera dans le cas de faire souvent usage de cette leçon ); la prise finie, ne le jamais descendre au milieu des chevaux, ni près d'un groupe de gens , ni hors du manège ; mais quedans le même lieu où il travaille il trouve ensuite le repos.

Puisque le cheval devra, selon la nature du terrain, galoper, tantôt eu moulant, tantôt en desccndiuit, tantôt obliquement; en quelques endroits, franchir un espace; en d’autres, s’élancer hors d’un fond ou d'une enceinte, ou même sauter de haut en bas : ce sont autant de leçons et d'exercices à pratiquer pour l'homme et le cheval , afin qu'ils agissent d’accord , et s’aident l’un l'autre dans le péril. S'il parait à quelqu'un que nous répétions ici cc que nous avons dijà enseigné, qu'on y prenne garde, ce n'est pas une redite :

' trnnt’y expliqué à demi par Pollux, dê&lime le galop »ur un cercle avec de« changemonUde main, dans Iraquels on décrit la ligure de i'entrave ou du chiffre K. Il e»t lacile apres cela de conceTulr ce que c’éUU que l'eotraveallongée.

> Le mol qui esl dans le texte répond exActemenI à l'italleu w>Ha ; mais Xénophon n'y attache Jamais l'idée préch>e de ce qu’OD nomme U» voUei dans nos écol«'«. II parle Ici de la demi voile à faire pour tenniucr la passade. Ce*t en cela que consiste encore tout l'art de l'équitation chez les Orientaux. La volUge et les exercices qu'ils pratiquent u'ont rien de commun avec nos manéses.

lÆ I.’EQLITATIÜN.

-)oa

il s'afiissait d'acheter un cheval, et nous recomnuindions de l'éprouver; maintenant il est question d’instruire le chev al que l'on a, et voici comme on l'instruira. oxi monte un cheval qui ne

sait point du tout sauter, il faut meitre pied u terre, et, prenant la longe en matn, passer le premier le fossé ; puis tirer a soi le cheval par la longe pour le faire sauter : s'il refuse, (pic queUpi un

- • le

par derrière, avec un fouet, ou une gaule, touche vigoureusement ; il sautera , non I espace qu il faut, mais beaucoup plus; et ensuite il ne | mira plus nécessaire de le frapper; mais lorsqu il verra seulement quelqu'un veuir par derrière, 11 s'élaiieera de lui-raéme. Apres l'avoir ainsi haliituê ù sauter, on le montera , et on lui fera franehir d'ahurd les petits fossés, puis les plus grands, |Mir degrés; et sur le pivint do prendre I clan , on le pincera de l'éperon. I)e même , pour 1 exercer a s;iuter de bas en haut , et de haut en bas , on lui fera sentir l'éperon ; car, |»ur sa sùrele comme pour celle du cavalier, en exécutant ces sauts , il vaut mieux qu’il se rassemble et fas.se agir en même temps tout s*»n corps, que d abandonner le train de derrière. Pour l’accoutumer aux descentes, il faut le «induire, en commençant, par des jKintes douces, et une fois habitué il courra plus volontiers en descendant qu’en montant.

Quel(|ut*s-uns , craignant pour leurs chevaux un écart d'épaule , n’osent les |»usser dans les descentes ; mais qu'ils soient sur ecla sams inquiétude ; lesPersescl lesOdryses,qui font deseourses de déti dans des pentes rapides, n’estropient pas plus leurs chevaux que les Grecs'.

Disons maintenant comment se doit conduire le cavalier, pour agir d'accord avec son cheval, dans l’exécution de tout ce que nous venons d’ex- Pliqncr. Au partir de la main, il faut se pencher en avant ; par ee moyen , le cheval pourra moins se dérober et renverser son homme. Dans l'arrêt court, il faudra porter le corps en arrière; on diminuera ainsi l'effet de la secousse.

Quand on saute les fossés, ou qu’on monte avec vitesse, il est bon de saisir la crinière, pour "c pas ajouter la géac du mors à la fatigue de •action. Dans les descentes, nu contraire, on penchera le corps en arriéré, .soutenant le cheval de i„ ^ ijp s sbatte. Il n’est

pas mal non plus de changer le lieu du travail , et de varier la durée des reprises, en les faisant tantôt courtes, tantôt pus longues; le cheval s'ennuiera moins que ri on le faisait travailler toujours au même endroit cl de la ménne maniéré.

Comme il faut savoir, dans quelque terrain que ce soit, courir à toute bride, et manier ses armes, en gardant une assiette ferme, on ne peut qu’approuver l’exercice de la chasse, dans les lieux qui y sont propres , et ou sc trouvent des ! bêles fauves. Mais dans un pays ou l'on ne peut i chasser, un exercice fort utile, cest que deux ‘ cavaliers courent l uii apres l'autre à travers 1 champs, et franchissent toute sorte d'obstacles,

I l'unfuvaiit, le fer de sa pique tourné en arriéré,

I et eliereliant tt éviter l'autre, qui le poursuit avec des javelots boutonnré, et une lauce également terminée par un bouton : puis, celui-ci joignant le premier a porlee du trait, le darde avec ses llcurets ; à portie de la pique, le frappe : si l'on en vient corps à corps, on tire à soi son adversaire, et on le repou.sse tout d uu coup; cela est fort propre à désarçonner ; mais celui qui se sent tiré, qu'il se serre sur l'autre, cheval contre cheval , ce sera lui qui l'abattra bien plutôt qu'il ne tombera '.

■< cheva^'ï dri Géoreii’n* ; • II» ool , dil-il . <lr jolis

- 'irieni,fall|!aUles,clilsvollllc.uJoar»ail|i«loii,

“ ïi-iUe , »An» CfainlD quf le ciM'val ne » a-

ûnlmaïuKmlsivlBoureux.qirHnarrlvei^ere C*Mi« ”^**“n(lUaJUmr»que<rtchevBU\n«'*nntpoinlfpr-

aonl parle ici Xtuopboo ne l’êlairnt pas noû plu*, ‘levaient avoir le pW plus sùr que le* nôtre*.

■ LM chronlqiii-s de SIciie rapportent ipe le roi nldinnl CxTur de Lion elanl à Messine , se promenall un Jour a elles al avec quelques seigneurs de sa cour. Viol 4 passer un pas s.sa nul ninail un àneeliarpe de cannes. Le roi el ses courtisans, s par maniéré de jeu,dil lechroniqueur.prenant de ces cannes,

. s'en porlaienl des Uilles, coraine si c eusseul etc lances on M espadims, el les cannes rompues, Us en sensieot sus malus,

. sc^lelanl , el llranl l UD l'aulre à se désarçonner, el quand s il en tomlwil quelqu'un , c'elalenl de grandes risées. Or d « srriva que le roi lollanl asec Guillaume Desbaens. gentlls homme hieloo el s aillanl capitaine, ta selle dudit roi tourna ,

K »*l U tomt>a M»u* son rlicv al , cl ainsi p<»rté par t«TrC ^ Il *«»ri Mail vaincu, dont birn lui facUail. rt non momb au brave « capHalni- . qui trop Urd connut la folie que c’oat de %e Jouer , à *on maure ; car le roi , plein de dépit, se remit e o selle *an* ri B»ol dire, et jamais de{mU ne lui voulut de bien. •

C’êtalt là ceqti on appelait le jeti de» canne*, fort «i osa^e au commencptroml du quln/icine siècle, comme on le volt par le conte du Phtnno Jrhita, ou 11 en est fait menllon.

Au reste tous le* esierclce* que rreommande ici Xénophoo , se oralluuent en Orient. On peut voir W que le» vo> AB‘*ar»d»- M-iit de la cavalerie des Sevke* si redoutée dans le nord de ' TAsle. Dallow .d . i*arlant de» Turc* : « Ils w llv rent 4 une »•

« nèce d’exercice mlülalre appelé d^rit. Deux ou plusleor*

« condmltanU . sur des clievaux tres-vif* , *oul arme» d une ri iMiKUctteblanchedVnviron «pwlre pleiU delonfi, qu’iU selanfl cent l’un à l’autre avec une grande violence. L’atlresse con- • sUte à éviter le coup el à -poursuivre rjuilaRonUte dans ri retraite, à arrv'trr son cheval au jyilop, ou a *e bs-d**rr a^ ri ser sans quitter la selle pour raroa.-u.er led(/irif alerrc. * Cela « rapiwrte à ce que dit Pietro d<tla rallf qui com^re aiual cet exercice à celui de* camies. « Fanno U gluoco délie canne. « nel nuale e p<T passalionpo c per Inscgnameoto d .ittegglanî 1 . àcaîallo.concertUiaslonlcorU (In vece délie cnooe ch* 1 a noi uslaroo), fhe a cld colgono non devono f.ir« Iroppo

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DE I/ÉQLITATION.

Lorsqu'on escarmouche devnnt un rnmp, poursuivant son adversaire jusqu'à la ligne etinemie, et fuyant Jusqu'ù la sienne , 4à II est bon de savoir que tant qu'on est près des siens , le meilleur et le plus sur est , d'abord en se retournant, de lancer son cheval et de presser l'ennemi; arrivé près de la ligne ennemie, on ralentira son allure. C'est ainsi que l'on profltera de tous scs avantages , et qu'on pourra faire A l'ennemi tout le mol possible , avec le moins de risques pour soi.

En un mot, l'homme instruit l'homme, au moyen de la parole que les dieux lui ont donnée : mais on ne peut , avec la parole , rien apprendre a un cheval ; c'est en le récompensant lorsqu'il a fait votre volonté et le punissant lorsqu'il y manque , que vous lui ferez comprendre ce qu'on exige de lui. C'est là la règle générale et le résumé pour ainsi dire de tout l'art de l'àiuitation. Par exemple , il recevra le mors volontiers , si après qu'il l'a reçu , on lui fait quelque bien dont il se souvienne , et de même il sautera , ou fera telle autre chose qu'on lui demandera, s'il s'attend à obtenir, eu obéissant, la cessation de quelque peine.

Voilà donc ce ipi'il faut observer pour n’étre point trompé lorsqu'on achète soit un cheval , soit un poulain, et pour ne point non plus le gâter en s'en servant, surtout si on veut le rendre tel que doit être un cheval de guerre. Peutêtre ne sera-t-il pas hors de propos maintenant de marquer comment on devra traiter un cheval ou fougueux ou paresseux, si par hasard on se trouve dans le cas d'en monter de pareils. Il faut savoir premièrement que la fougue est au cheval ce que la colère est à l'homme; et comme un homme ne se met point en colère si on ne l'offense en actions ou en paroles, de même un cheval, quelque impatient qu'il soit, ne se fâchera jamais si on ne lui fait quelque déplaisir. Le premier point sera dans l'action de monter à cheval , d'éviter avec soin tout ee qui peut le chagriner ; puis , lorsqu'on sera en selle, on doit d'abord se tenir tranquille un peu plus qu'il n'est d'usage aux autres chevaux , ensuite le mettre en mouvement par des aides très-douces ; et ainsi partant de l'allure la plus lente , l'accélérer par degrés, de sorte qu'il se trouve au galop sans pour ainsi dire s'en être aperçu. Toute aide brus-

- bUQO «ervlxio, M>t(tlano tuUo i) storno escrciUni. - U-ltn> (le CoiulanUnople, 25 octobre lOU.

Ui chicafUt ou Jeu de paume à cheval uailé à ConatanUnople août lea empemm greci, n’a rien de rornmun avec cecl.

que trouble un cheval impatient, comme tout hruit, toute apparition , toute seusation soudaine trouble l'homme : généralement le cheval appréhende et se brouille à tout ce qui est trop subit. Si sa fougue l'emporte, i»ur s'en rendre le maître, il ne faut pas tirer la bride tout a coup, mais la ramener doucement à soi, et, par gradations, le réduire sans violence. Les courses droites le calmeront mieux (juc les voltes et contre-voltcs , et si on les fait non rapides, mais longues, elles arrêteront , sans l'irriter, le cheval impatient. Que si quelqu'un , en le faisant courir à perte d'haleine, pense l'adoucir, il se trompe; car alors sa fougue naturelle se changeant en fureur, plus on le pousse, plus il s'emporte, et souvent ( ainsi qu'il arrive à riiommc dans lu colère) il se fait à lui-même, et à qui le monte des maux sans remede. Il faut retenir le cheval fougueux et l'empêcher de Irop se lancer, mais surtout éviter les courees de cheval contre cheval a l'envi l'un de l'autre; car presque toujours ceux qui montrent le plus d'ardeur et d'émulation deviennent les plus impatients.

Le mors vaudra mieux doux que dur; mais si on emploie un mors dur, il faut le rendre doux par la légèreté de la main. 11 est l)on de s'accoutumer à garder en selle l'immohililé , surtout si on monte un cheval impatient, et à ne le toucher que par les points qui doivent être en contact pour que l'homme soit bien assis.

Le cheval apprendra encore, et c'est une leçon nécessaire , à se calmer lorscju'on le pipe , et à s'animer au temps de langue : mais si dans les commencements on joint les caresses au temps de langue, et la rigueur au piper, il prendra l'habitude contraire , se calmera au temps de langue, et s'animera aussitôt qu'il s'eutendra piper.

Il faut éviter soi-même d'éprouver, au son de trompette, ou au cri de la charge, aucun tressaillement dont le cheval s'ajtcrçoive, et encore plus de rien faire alors qui puisse le troubler ; mais, autant qu'on pourra en pareille rencontre, on tâchera de le rendre tranquille, et même, s'il est possible, on le fera manger nu bruit. Après tout , le meilleur conseil qu’on puisse suivre , c'est de n'avoir point pour la guerre de chevaux trop ardents. Quant nu cheval lâche et paresseux, c’est assez de dire qu'il faut avec lui employer les traitements contraires à ceux qu’on a prescrits poulies chevaux fougueux.

Si quelqu'un montant un bon cheval de guerre veut le faire paraître avantageusement , et pren-

•jü.

DE 1,’ÉQUITATIOIS

(Irc les pins belles allures, qu'il se garde bien de le tourmenter, soit en lüi tirant la bride , soit en le pinçant de l'eperon ou le frappant avec un fouet, par ou plusieurs pensent brûler; mais de tels moyens produisent justement le contraire de ce qu’on en attend : ear, obligeant le elieval â porter au vent , on l'empêche de voir devant lui , et on le fait marcher eu aveugle; en le piquant et le battant on le désespère , non sans danger pour soi-même : d’ailleurs, ainsi maltraité, il se déplaît nu travail , et loin d'avoir de la grâce , ne montre dans ce qu’il fait que douleur et chagrin. Conduit nu contraire, par une main légère, sans que les rênes soient tendues, relevant son encolure, et ramenant sa tête avec grâce, il prendra l'allure fiere et noble dans laquelle d'ailleurs II se plait naturellement; car, quand il revient près des autres chevaux, surtout si ce sont des femelles, c’est alors «in'il relève le plus son encolure, ramène sa tête d'un air lier et vif, lève moelleusement les jambes, et porte la queue haute. Toutes les fois rlonc qu’on saura l'amener à faire ce qu'il fait de lui-même lors<|u'il veut paraître be.au , on trouvera un cheval qui, travaillant avec plaisir, aura l'air vif, noble et brilhant. Comment on pourra parvenir à ce but, c'est ce que nous allons tâcher d’expliil'"^''-

Il faut premièrementavoirau moinsdenxmors, l'un des<piels soit doux, ayant ses rouelles' d'une bonne grandeur; l'autre avec des rouelles petites et plates , des hérissons ’ aigus , alin que le cheval qu’on aura bridé avec celui-ci, le haïssant à cause de son âpreté, le quitte volontiers pour prendre le premier, dont par ce changement la douceur lui fera plus de plaisir, et qu'il exécute avec ce mors doux tout ce qu’ou lui aura appris avec l’autre ; que si, méprésant la douceur de la première emlHiuchure , il cherche à s’en faire un appui , et pèse fréquemment à la main , c’est pour cela que nous avons mis au mors doux de grandes rouelles, alla que, forcé par elles à ouvrir la bouche, il se dessaisisse du canon : l’on peut

, Çf, naw..igp ci qo.-tqai-s .'lulrps d« Hippiatriqiips , avec Ips uIu!u 4 liP Poilus . font \oir clainwnl cp que cVlail que ces n.npfles dans les«iuelle> p.VisnlpnI les esuons ou aies de l'eral«.iicluliT qui était toujours lirlsëe. Il ) en avattunp(rDnrllc) il.- pliauue cédé d.' I .-1 Isiuctie. entri. te» harpes et la Isugue. Pour rotins Réoer le chevsl , elles dolvenl être mince» : leur fonction était d'empécjier qu'il ne put fermer enUerement In Imuctie ni .oilslr le mors ; et c'e»l une chose S remarquer que dnn» toute» le» liBure» «|ue»tre»qnl nou» pestent de l'iinUquite, le cliev.vl • In bouche ouverte. Il pouvait bien fermer les lév te» et loiniire mémo le» pince» . mal» non serrer li» mXclioire».

■ C’éUienI de» psIenOlre» rayée» dan» le »eo» dp 1 axe, qui popUilenl sur le» ban». D»n> le mor» uni . ces palendtre» n’éulent point rayée», ou l'éudenl légèrement. Cet» »e voit mieux par la phraar grrcqae.

d'ailleurs faire d'un mors dur ce qu'on voudra, et, par la légèreté de la main , le modifier à tous les degrés. .iVu reste, quelque nombre et diversité de mors que l’on ait, ils doivent être tous coulants : car celui qui est rude , par quelque endroit que le cheval le saisisse, il le tient comme une broche de fer (p.ar quelque point qu'on la prenne, on la fixe tout entière); mais l’autre fait l’effet d'une chaîne, dont la partie seule que l'on tient est fixe, le reste fléchit et demeure pendant. Ainsi le cheval cherchant toujours à saisir ce qui lui échappe, lâche la partie qu'il tient , et ne se, rend jamais maître du mors. A cela servent aussi les annelets ' pendants du milieu des canons, afin que le cheval les poursuivant ( ces annelets ) avec la langue et les dents , oublie de saisir le mors. Si l’on demande maintenant ce qui fait qu'un mors est coulant ou rude , nous expliquerons encore cela. 11 est coulant lorsque les brisures et les pièces du canon, qui s’emboîtent l’une dans l'autre, joueut librement, et que toutes colles que traversent les canons ne sont ni serrées, ni gênées dans leur mouvement ; quand, au contraire, toutes ces pièces roulent et jouent difficilement, alors le mors est rude; mais quel qu’il soit, la manière de s’en servir sera toujours la même. Pour faire prendre nu cheval l'allure que nous .avons dit, il faudra lui ramener la tête par différents temps de bride, non trop durement, de façon qu’il batte à la main , ni si doucement qu’il n’en sente rien ; et di-s qu’obéissant au temps de bride il relèvera son encolure, il faut sur-le-champ lui rendre la main : de même pour tout le reste, nous ne sau-

' Cp» aniwlpts. cp* rouelle», el antre» pièce» tnobile», que 1 e cheval luAcbail »an» ce»»e, lui entretenaient la iNMiche fraielte, el pour peu qii'on vouhU le tenir rlans la main el dan» le» jamltcs, »a boiicbe devait s'ouvrir en jou.'Uit avec le mur», comme on le voit aux slatur» antique». Dan» la cavalerie hongrobo el dans celle de» Pulonal», on emuerve l’uiuige de» emloiiehure» brisées à paicnôlre» el annelel», mai» sans rouelle*.

On ne sera peut-élrc pa» fiché de leouver Ici la d.'scnpUoa que fait Arrien du rotr» de» Indien», apparemment' d’apeé» quelqu'un de» hislorirn» d'Alexandre. I.a voici traduite mol a mol ; " Leurs clicvaul , dll-il, ne sont ni équipés ut hri.lé»

« comme ceux des flrec» ou des Celle» , mal» Us ont autour » du museau une piece de cuir de brruf cru , armée en de-

• dan» de pointe» de cuivre ou de fer, non trop atguè» ; li.»

. riche» melli'iil des putnir» d'ivoire; outre cela, le cheval a ■ dan» la bouche une espèce de broche de fer A laqueUe son!

> allachre» le» rêne» ; »in»l, lorsqu'on r«mènc le» rêne», le che-

• vol est retenu par celle broche . el le cuir garni de poinics ,

• qui lient aossi à la même bruche , agissant nloc» , le force a d'obéir B la malo. »

Celle brbledemandaU»an» doute une main fort légère, et par conséquent ne dev ait pas être d'un bon usage Ma guerre. C’est l'objection qu'on peut faire a celle du maréchal de Saxe , dont Il attribue l'invention a Charte» XII, mal» qui n’è»t autre chose que le morso /nfo , ou mors faux , employé de toul tempa par 1 les Napolllaliu pour le» rdtevtux Indocile».

;Il

DE L’ÉQUITATION

rions trop le répéter, dèsqu’ilexécute bien cequ'on lui demande, qu'on le récompense aussitét, en lui accordant quelque chose qui lui soit agréable. Lorsqu'on verra qu’il porte beau , et sent avec plaisir la légèreté de la main, qu’on se garde bien alors de le chagriner en rien, comme pour le faire travailler; mais qu’on le caresse, au contraire, comme pour cesser le travail : de la sorte, comptant en être bientôt quitte, il prendra plus volontiers un galop franc et soutenu. Que le cheval de soi aime à galoper, cela se voit , en ce que tout cheval qui s'échappe , galope d’abord et ne va point au pas; c’est que naturellement la course: lui plaît, tant qu’on ne l’y force point nu delà de ce qu’il peut faire : car pour le cheval comme pour l'homme, rien n’est plaisir, passé’ la mesure. Lors donc qu’on sera parvenu à lui donner cette allure flère (bien entendu qu’on l’ait d’abord exercé à partir de vitesse après la demi-volte ) ; si , dis-je , l’ayant instruit ê cela, en même temps qu’on ramène la bride, on emploie quelqu'une des aides propres à le faire partir, alors , contenu par le mors, excité par les aides qui le chassent en avant, il avance la poitrine, il lève haut les bras, par eolere, non plus moelleusement; car le cheval gêné ne peut guère avoir les mouveiucuts moelleux : mais si après l’avoir de la sorte cmflammé , on lui rend la bride , par l'aise qu’il éprouve en se trouvant délivré de la sujétion du mors, il élève fière'ncnt sa tête, ploie les jambes avec grâce, et prend absolument le même air que lorsqu'il veut paraître beau près des autres chevaux; et quiconque le regarde en ce moment, l’appelle généreux, noble, courageux, plein de feu, superbe, gracieux et terrible à voir ; et ceci soit écrit pour ceux qui désirent à leurs chevaux de telles louanges.

Si l’on veut un cheval de parade, relevé, brillant, tous ne sont pas susceptibles de ces airs ' , mais ceux-là seulement qui joignent à une âme nobleun corps vigoureux. Il n’est pas vrai, comme quelques-uns le croient , que le cheval qui a le pli des membres le plus moelleux , ait par cela si'ul plus de facilité à s’enlever de l’avant-main; mais plutôt celui qui aura les reins souples , courts et forts ( et nous n’entendons pas seulement la partie située vers la queue , mais tout le rable ) , cclid-la pourra porter plus avant les jambes de derrière sous celles de devant; et au moment qu’il

' II ne faut pat prendre ici cm mota airs et rtlevé dam le fccm blricl de uoa école*. Xénophoti nVniplolc nulle part de tenue générique piHir dmit^iier ce que iioua nonimoiu pn»pre> ntol I«« airs, et U n’a poial du tout connu le> airs rtin-ci

le fera , si on lui soutient la main , il fléchira le train de derrière dans les astragales , et s’enlèvera de l’avant-main, de maniéré que par devant on lui verra le ventre et les génitoires. Il faut rendre la main dès qu’il exécute ceci , alin ((u’il semble aux spectateurs agir de lui-même dans ce qu'on lui fait faire. Il y a des gens qui dressent leurs chevaux à ces airs, en les frappant d’une baguette au-dessous des astragales ; d’autres même en faisant courir auprès d’eux (pielqu’un qui, avec un bâton , leur donne des coups au-dessous des cuisses et des bras '. Quant à nous , nous croyons , et nous ne cesserons de répéter, que la meilleure méthode pour instruire un cheval, c'est de lui aeeorder quelque relâcl)e des qu’il a fait ce qu’on exige; car, comme dit Simon, ce qu’un cheval fait par force il ne l’apprend pas, et cela ne peut être beau , non plus que si on voulait faire danser un homme a coups de fouet et d'aiguillon ; les mauvais traitements ne produiront jamais que maladn’s.sc et mauvaise grâce. Il faut que le cheval , au moyen des aides, prenne comme de lui-même les airs les plus beaux et les plus brillants; si dans les allures ordinaires on le fatigue jusqu’à le faire suer, et que des (|u’il s’enlève bien on le descende et le débride, on peut compter qu’après cela il en viendra volontiere à s’enlever de même lorsqu'il sera monté. Tels sont les chevaux qu’on reprièicnte (xirtant les dieux et les héros, et ceux qui les savent manier se font grand honneur. Le cheval dans scs airs est une chose en effet .si l)elle, si gracieuse, si aimable, que lorsqu’il s'enlève ainsi sous la main du cav alier, il attire les regards de tout le monde; il ebarme jeunes et vieux; on n’en peut détacher sa vue , on ne se lasse |)oint de l’admirer, tant qu'il développe par ses mouvements sa grâce et gentilles.se. Que s’il arrive a celui qui possède un tel cheval d’être nommé commandant de la cavalerie , ou d'un escadron , il ne doit pas chercher a briller tout seul , mais à faire paraître avantageusement le corps à la tête duquel il se trouve. Or, s'il monte un de ces chevaux tels qu'on en voit vanter lieancoup, qui, s'enlevant haut et fréquemment ', avancent [wu , il est clair que tous ceux qui le suivront iront au pas; or, que peut avoir de brillant un pareil speetaele? Mais si, animant son cheval, il conduit sa troupe

• Cfla se fait encon* darw k> royaume de Plapin, ou IVm ri'a point d’autre méthode pour dre&bcr lcr chevaux aux cour bettes et au paaseser.

* U y avait, du temps de Xénopiton , deg termes p<Kir fhre ce que noos appelons nuinier aux i-aurbtitrs , piaffrr,

ger; mais Xéitophoo les ignorait ou n'a pas tuulu sVn mt* \ir-

/,o(î DK L’KQUITATION.

d'un pns ni trop \ilt> ni trop lent, tel qu'il convient pour montivr la vivacité, la bonne volonté et la srrtec des chevaux, s’il les conduit ainsi, leurs pieds battront la terre ensemble, et de tous ensemble, on entendra le frémissement de la bouche et le soiiflle des narines, cc qui (Tonnera un air imposant non-seulement au chef, mais a tout le corps qui le suit.

En un mot , dés qu'on saura bien choisir les chevaux en les achetant , les entretenir de sorte (|u’ils sup|>ortcnt le travail , et s’en servir comme il faut dans les exercices militaires, dans les manœuvres de parade et dans les combats , q>d peut empêcher que ces chevaux , en de telles mains, n'acquierent une nouvelle valeur, et le maître tout l'honneur i(ui lui en doit revenir, si quehpic dieu ne s’y oppose 7

Nous croyons devoir maixiucr aussi comment il faut être armé pour faire la guerre à cheval. D'abord nous dirons que la cuirasse doit être faite à la taille : quand elle joint bien , c'est tout le corps qui lu porte; mais lorsqu'elle est trop large, les épaules seules en sont chargifs; trop étroite, c'est une prison, non pas une défense. Et comme les blessures du col sont dangereuses , nous dirons qu’il faut le défendre, au moyen d'une pièce tenante a la cuirasse et de même forme (pic le col; car, outre l'ornement qui en résultera, cette pièce, si elle est bien faite, couvrira quand on voudra le visage jus<[u’nu nez. Le casque de lléotie nous parait le meilleur; car s’unis.sant au collet, il couvre tout cc qui est au-dessus de la cuirasse, et n’emi)êebe |)oint de voir. Que la cuirasse au reste soit faite de manière a n’crapéchcr ni de se baisser ni de s’asseoir. Pour couvrir le nombril, les parties naturelles , et ce qui les avoisine, on aura des /jennes ' en nombre et en grandeur suflisante; et attendu qu'une bles.surc au bras gauche met Iccavalicr hors de combat, nous approuvons fort la défense qu'on a inventée * pour

* Ou app«‘lai( aio!>i det. lanx^ cirrulain-A couclitVs In udm kur it*k autre», 4*n qu4‘ue pour rouvrir l'èpaute

fl d’autivs rmimilk du corps uns oiiirr aux mouvcmnitts.

> OUr bivrnlKm kao» duuir d'IpNicralr, C|ui nTsit ima^nelK‘auroi)pdt>chan(tfmenU «lan» rArnirmriit ; plu-Klrtir»

M*» idtf» run-nt rrettex. On a drja vu Xi-nrtpiion , dans h* dikcours prtXL-üriit, parier d'tphlcrale san» ir tUimmrr.

Ou prut n'mart|Ufr qtio Xrnophon iu‘ douar de bmi* «’llrra ka cavalerie, iiaus le dcuxii-mc livre de rubloirp , ou Il parle du bouclier de* ravallcrs, H laut prendn» partie que ce K>nt dni ^'Uii qui font lu JM’rvice Utilot a pictl, tantôt à clicval. Il > eut koti tcin|« , ou peu apres , unr (troKst* cav ab'ricbardr^ de toutes |iiKe»;iuai.> tout te momlf n'approuvait pas Tusaj^c de celtr armr. Putvbc méioc sr moque quelque part dr la ctmlradicUon que pn-senlent ces deux mots, rarultrrif praaate : « La cavalerie étant , dit-il, une chose de soi • legere et luobtie , comment p»^il-elle être pesante ? »

ectte partie , et qu’on appelle brassard. Ce brassard couvre l'épaule , le bras , l'avant-hras et la main de la bride , s'étend et se plie à volonté , en même temps qu’ii parc au défaut de la cuirasse sous Tnissellc. Soit pour lancer le dard , soit pour frapper de prés, il faut lever le bras droit : on ôtera donc de la cuirasse cc qui s'oppose à ce mouvement, et on le remplacera par des pennes à charnières, qui puissent s'ôter et se remettre , et (jui , dans l'action de lever le bras, se déploieront, dans celle de le baisser, se serreront. Cette pièce, qui se met autour do bras comme une bottine , nous

parait mieux séparée que Axée à la cuirasse.

lai partie (pii demeure à nu quand on lève le bras droit, doit être couverte près de la cuirasse avec du cuir de veau , ou du cuivre; autrement on serait sans défense dans l’endroit le plus dangereux. Comme le cavalier court un péril extrême quand son cheval est tué sous lui , le cheval aussi doit être armé d'un chanfrein , d'un poitrail et de garde-flancs qui en même temps serviront de gardc-cu isses au cavalier ; mais surtout (pie le ventre du cheval suit couvert avec le plus grand soin , car cette partie , où les blessures sont le plus à craindre , est , outre cela , uue des plus faibles. On peut le couvriravec la housse même. Il faudra que le siège soit construit de maniéré à donner au cavalier une assiette plus ferme, sans blesser le dos du cheval.

Ainsi doivent être armées ces parties du corps de l'homme et du cheval ; mais les garde-cuisses ne couvriront ni le pied , ni la jambe de l'homme , qui seront bien défendus, si l'on a des bottes du même cuir dont se font les semelles. Ces bottes servent en même temps de défense à la jambe et de chaussure. Pour se garantir des coups, avec l'aide des dieux , voila les armes qu’il faut; mais pour frapper l'eunemi, nous préférons le sabre à |■epée : car dans la position élevée du cavalier, le coup d'espadon vaudra mieux que le coup d’épée. La pi(pie longue étant faible et embarrassanie, nous approuvons davantage les deux javelots de cornouiller : on peut, sachant manier celle arme , en lancer d'abord un , et se servir de l’autre en avant, de côté et en arriére; ils sont en un mot plus forts et plus maniables que la pique. Darder du plus loin qu’on pourra, ce sera le mieux à notre avis : car ainsi , on a plus de temps pour se retourner et saisir le second javelot. Nous marquerons ici en peu de mots la meilleure maniéré de darder. En avançant la gauche, effaçaut la droite, et s’élevant des cuisses , si on lâche le fer de maniéré que la pointe soit un peu toqr^

CÜNVKRSATIüN CHEZ LA COMTESSE D’ALBANY.

liée eii haut, le coup partira avec plus de violence, portera le plus loin possible, et le plus juste aussi, pourvu qu'en lâchant le fer on ait soin que la pointe regarde toujours droit au but.

Tout ceci soit dit pour l'instruction et rexcreice du simple cavalier. Quant au colonel , ce qu'il devrait et savoir et pratiquer a été expliqué dans un autre discours.

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