SIMPLE DISCOURS DE PAUL-LOUIS
leurs notes secrètes signées d'eux; vous me coupez le cou , et vous leur faites la révérence.
Je lis avec grand plaisir les Mémoires de Montluc. C'est un homme admirable, il raconte des cbosesi par exemple, celle-ci : Un jour, il avait pris quinze cents huguenots, et ne sachant qu'en foire , il écrit à la cour. Le roi lui mande de les bien traiter. La reine lui fait dire de les tuer. Le roi , qui alors négociait avec leur parti , se flattait d'un accommodement. Mois la reine mère ne voulait point d'accommodement. Voiià le bon maréchal en peine entre deux ordres si contraires. Enfln il se décide. Je crus, dit-il, ne pouvoir foilliren obéissant à la reine. Je tuai mes huguenots, etfls bien; car le traité manqua, la guerre continua, et la reine me sut gré de tout. Ce livre est plein de traits pareils. Mais, pour en entendre
le fln , il faut savoir l'histoire do temps. Il y avait en France alors deux gouvernements.
Est-il donc vrai que les notes secrètes ne savent plus où s'adresser, et que tout se brouille là-bas? Leurs excellences européennes veulent , dit-on , se couper la gorge; l'Anglais délie l'Allemand. Celui-ci , plus rusé , lui Joue d'un tour de diplomate , gagne le postillon de milord , qui verse Sa Grâce dans un trou , pensant bien lui rompre le cou. Mais l'Anglais roule jusqu'au fond sans s'éveiller, et cuve son vin ; puis, sorti de là , demande raison. Voilà les contes qu'on nous fait , et nous écoutons tout cela. Que vous êtes heureux à Paris de savoir ce qui se passe, et de voir les choses de près, surtout la garde-robe et Rapp dans ses fonctions I C'est là ce que je vous envie.