‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 20 sur 199 · IS3I · texte numérisé non relu

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St nous avions de l'argent à n'en savoir que faire , toutes nos dettes payées , nos chemins réparés , nos pauvres soulagés , notre église d'abord ( car Dieu passe avant tout ) pavée , recouverte et vitrée, s'il nous restait quelque somme à pouvoir dépenser hors de cette commune , je crois, mes amis, qu'il faudrait contribuer, avec nos voisins, à refaire le pont de Saint-Avertin, qui, nous abrégeant d'une grande lieue le transport d'ici à Tours, par le prompt débit de nos denrées, augmenterait le prix et le produit des terres dans tous ces environs; c'est là, je crois, le meilleur emploi à faire de notre superflu , lorsque nous en aurons. Mais d'acheter Chambord pour le duc de Bordeaux , je n'en suis pas d'avis, et ne le vou-

drais pas quand nous aurions de quoi , l'affaire étant, selon moi, mauvaise pour lui, pour nous et pour Chambord. Vous l'allez comprendre, j'espère , si vous m'écoutez ; il est fête, et nous avons le temps de causer.

Douze mille arpents de terre enclos que contient le parc de Chambord , c'est un joli cadeau à faire à qui les saurait labourer. Vous et mol connaissons des gens qui n'en seraient pas embarrassés, à qui cela viendrait fort bien; mais lui, que voulez-vous qu'il en fas.se? Son métier, c'est de régner un Jour , s'il plaît à Dieu , et un château de plus ne l'aidera de rien. Nous allons nous gêner et augmenter nos dettes, remettre à d'autres temps nos dépenses pressées, pour lui

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