‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 41 sur 199 · LA LUCIADE, OU L’ANE · texte numérisé non relu

LA LUCIADE, OU L’ANE

< Mais c'est la ce qui donne créance à scs

• parûtes, la persécution. Aucune vérité ne s'éta-

• blit sans martyrs, excepté cdles (pi'enseigne

> Euclide. On ne persuade qu'eu souffrant pour

• ses opinions; et saint Paul disait : Croyez-moi,

• car je suis souventen prison. S'il eût vécu a l’oisc,

• et se fût enrichi du dogme qu'il préeliait , jamais

■ Il n’eût fondé la religion du Christ. Jamais F....

• ne fera, de ses homélies , que des emplois et un

• carrosse. Toi donc , vigneron , Paul-Louis , qui

• seul en ton pays consens à être homme du peu-

• pie , ose encore être pamphlétaire et le déclarer

> hautement. Écris, fais pamphlet sur pamphlet,

■ tant que la matière ne te manquera. Monte sur

• les toits, prêche l'Évangile aux nations, et tu

• en seras écouté, si l'on te voit persécuté; car il « faut cette aide, et tu ne ferais rien sans M. de

■ Broë. C'est à toi de parler, et à lui de montrer par " son réquisitoire la vérité de tes paroles. Vous

• entendant ainsi et secondant l’un l’autre, comme

• Socrate et .\nytus, vous pouvez convertir le

• monde. ■

Voilà l’épitre que je reçois de mon tant bon ami sir Jolm,qul, snr les pamphlets, pense et me

eonseille au contraire de M. Arthus-Bertrand. Celui-ci ne voit rien de si aliominable , l'autre rien de si beau. Quelle différence! et remarquez : le Français léger ne fait cas que des lourds volumes , le gros Anglais veut mettre tout en feuilles volantes; contraste singulier, bizarrerie de nature I Si je pouvais compter que delà l'Océan les choses sont ainsi qu'il me les représente , j’irais ; mais J’entends dire que là , comme en Europe , il y a des Excellences, et bien pis, des héros. Ne partons pas, mes amis, n'y allons pointencore. Peutêtre, Dieu aidant, peut-être, aurons-nous ici autant de liherté , à tout prendre, qu'aillcurs , quoi qu'en dise sir John. Bonhomme en vérité ! j'ai peur qu’il ne s’abuse, me croyant fait pour imiter Socrate jusqu’au bout. Non, détournez ce calice ; la ciguë est amère , et le monde de soi se convertit assez sans que je m’en mêle, chétif. Je serais la mouche du coche, qui se passera bien de mon bourdonnement. Il va , mes chers amis , et ne cesse d'aller. Si sa marche nous parait lente, c’est que nous vivons un Instant. Mais que de chemin il a fait depuis cinq ou six siècles! A cette heure, en plaine roulant , rien ne le peut plus arrêter.

Fia DES PAMPHLETS POLITIQUES.

LA LUCIADE,

OU

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