‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 65 sur 199 · Ç)0 FRAGMENTS · texte numérisé non relu

Ç)0 FRAGMENTS

a fait qu’aucun ancien n'esl traduit, à rrai dire , et qu’on n’a presque point de Tcrsions qui gardent quelques traits du texte original. Une copie de l’antique , en quelque genre que ce soit , est peut-être eucore à faire. La chose passe pour diflicile, à tel point que plusieurs la tiennent impossible. 11 y a des gens persuadés que le style ne se traduit pas, ni ne se copie d’un tableau. Ce que j’en puis dire, c’est qu’ayant rénéchi là-dessus, aidé de quelque expérience, j'ai trouvé cela vrai jusqu’à uu certain point. On ne fera sans doute jamais une traduction tellement exacte et fidèle, qu’elle puisse en tout tenir lieu de l’original, et qu’il devienne indiiïtv rent de lire le texte ou la version. Dans un pareil travail, ce serait la perfection, qui ne se peut uon plus atteindre en cela qu'en toute autre chose; mais on en approche beaucoup, surtout lorsque l’auteur a , comme celui-ci, un caractère à lui , quoique véritablement si naïf et si simple, qu’eu ce sens ü est moins imitable qu’un autre. Par malheur, U n’a eu longtemps pour interprètes que des gens tout à fait de la bonne compagnie, des académiciens, gens pensant noblement et s’exprimant de même , qui , avec leurs idées de beau monde et de savoir-vivre, ne pouvaient godter ni sentir, encore moins représenter le style d’Hérodote, Aussi n’y ont-ils pas songé. Un homme séparé des hautes classes, un homme du peuple , un paysan sachant le grec et le français, y pourra réussir si la chose est faisable; c’est ce qui m’a décidé à entreprendre ceci * , où j’emploie , cx)mme on va voir, non la langue courlisanesque , pour user de ce mot italien , mais celle des gens avec qui je travaille à mes champs, laquelle SC trouve quasi toute dans la Fontaine; langue plus savante que celle de l’Académie, et , comme j’ai dit, beaucoup plus grecque : on s’en convaincra en voyant, si on prend la peine decomparer ma version au texte, combien j'ai traduit de passages littéralement, mot à mot, qui ne se peuvent rendre que par des circonlocutions sans fin dans le dialecte académique. Je garantis cette traduction plus courted’un quart que toutes celles qui l’ont précédée; si avec cela elle se lit, je n’aurai pas perdu mon temps : encore est-elle plus longue que le texte; mais d’autres , j'espère , feront mieux et la pourront réduire à sa juste mesure , non pas toutefois en suivant des principes différents des miens.

' Ce morceau servait de prélace au premier frAgmenl de la traducUoQ d’Hérodote, publié rn 18*2.1, ri donné comme Prospeettu de la traduction complète que Courier anuonçait.

D’nÉRODOTE.

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