‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 68 sur 199 · IX. Ainsi lui sedéfeudait, appréhendant de cela · texte numérisé non relu

IX. Ainsi lui sedéfeudait, appréhendant de cela

19a FRAGMENTS

quelque roésavcniurc; mais l’autre repartit ; Assure-toi , Gygès, et ne crains pas que moi Je te veuilie éprouver, ui que de ma femme te puisse avenir méchef. Card'abordjc ferai en sorte qu'elle ne le sache point , car je te placerai derrière la porte ouverte de la chambre où nous couchons : peu après que je serai entré viendra ma femme se mettre au lit. Un siège est tout contre l'entrée, sur lequel elle posera, se dépouillant, ses vêtements l’un après l'autre, et ainsi te donnera loisir de la contempler; puis lorsque, allant du siège nu iit, elle te tournera le dus, c'est é toi de prendre ton temps pour sortir sans qu’elle te voie.

X. Lui, ne pouvant refuser, consentit, et Candaule, quand ii fut heure de dormir, conduisit Oygès dans la chambre, et tantôt vint après la femme , laquelle près de l'huis quittant ses vêtements , Gy gès la vit , et , comme eile loi tournait le dos pour aller au Ut, s’échappa; mais elle l'aperçoit sortir, et , encore qu'elle connût bien que le fait était de son mari , toutefois sans faire semblant de SC douter de rien, garda sa honte , et ne dit mot, ayant en l'esprit de se venger; car, chez ies Lydiens et quasi chez tous les barbares, c'est grand'honte, même à uu homme, de se laisser voir nu.

XL Alors donc elle se tut, sans rien faire paraitre; mais, dès le jour venu , ayant donné ses ordres à tout ce qu'elle avait de serviteurs plus fidèles, elle manda Gygès, qui, ne pensant pas qu’elle eût connaissance du fait , vint à son commandement , comme était sa coutume de venir quand la reine le faisait appeler. Gygès donc étant arrive, eile lui dit : De deux partis clioisis , Gygès, celui qui te semble à préférer, ou tuer Candaulc et avoir moi avec le royaume de Lydie, ou bien toi mourir tout à l'heure, afin qu'il ne t’avienne plus , en obéissant à Candaulc , de voir ce que tu ne dois pas. Mais l'un de vous doit mourir, ou lui qui t'a conseillé cela, ou toi qui m'as vue nue et as fait cliose non permise. A ce propos Gygès fut un moment surpris , puis se mit à la supplier de ne le point contraindre d’opter; mais, voyant qu’il ne gagnait rien, et vraiment ne pouvait éviter de tuer son maître ou lui-même périr, il aima mieux rester en vie , et ii t'interrogeait disant ; Puisqu'ainsi est que tu m'obliges de tuer mon maître malgré moi, voyons donc de quctic manière le pourrons-nous attaquer? Et elle, répondant, iui ^t : Du même endroit tu l'assailteras d’où lui m'a montrée à toi nue , et tu attendras qu'il s’endorme.

.XII. L'embûche ainsi dressée, dès que la nuit

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