‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 73 sur 199 · D'HÉRODOTE · texte numérisé non relu

D'HÉRODOTE

je vous apprendrai à vous moquer de moi. • Cela dit, il commande à ceux qui avaient charge de telles choses de fouetter les prêtres et tuer quiconque des Égyptiens serait trouvé a faire fête, moyennant quoi la fête cessa. Les prêtres furent traités ainsi qu'il avait dit, et Apis malade de sa blessure était gisant dan s le temple , où Ûnablement il mourut et fut enseveli par les prêtres i l'insu de Cambyse.

Cambyse, au dire des Égyptiens, pour avoir commis ce méfait, aussitôt après devint fou , étant auparavant peu sage, et premièrement fit mourir son frère de même père et mère, Smerdis, qu'il avait par envie renvoyé de l'Égypte en Perse, parce que seul entre les Perses il tendait l'arc, à deux doigts près, qu'avaient apporté d'Étbiopic les Ichthyophages. Nul autre Perse que Smerdis n'en sut autant faire. Lui parti, Cambyse eut en songe une vision. Il lui fut avis qu'un messager venant do Perse apportait nouvelle que Smerdis assis sur siège royal touchait de sa tête le ciel , à raison de tpioi ayant peur que son frère , le tuant , ne devint roi, il envoie en Perse Prexaspès, qui lui était le plus dévoué entre tous les Perses, lequel montant a Suses fit mourir Smerdis, aucuns disent à la clvasse, d'autres dans la mer Rouge , et qu'il le fit noyer.

Par là commencèrent, dit-on, les méchancetés de Cambyse. Depuis il fit mourir sa sœur venue quant et lui en Égypte, et qui lui était pareillement sœur des deux côtés, et voici comme il l'épousa; car les Perses auparavant n'avaient du tout accoutumé d'habiter avec leurs sœurs. Cambvse aimait une de ses sœurs, et la voulant avoir à femme, comme il pen.sa que c'était chose contraire à l'usage, fit appeler les juges royaux pour savoir d'eux s'il y avait point une loi qui permit nu frère d'épouser sa sœur. Les juges royaux sont gens choisis, qui, leur vie durant, hors qu'ils soient convaincus de quelque iniquité , rendent la justice aux Perses et interprètent les lois , et toute affaira vient à eux. interrogré lors pur Cambyse, Ils lui firent une réi>on.se juste et sans danger pour eux-mêmes, disant n'y avoir |K>int de loi qui autorisât le mariage entre frere et su'ur, mais bien une loi par laquelle il est permis au roi de faire ce qu'il veut. Voila comment ils évitèrent d'enfreindre la loi pour Camby se, et eux-mêmes, pour ne pas mourir s'ils eussent défendu la loi , en trouvèrent une favorable au roi voulant pour femme sa sœur. Ainsi Cambyse eut en mariage celle qu'il aimait; et peu après il ejwusn encore une autre sœura lui. La plus jeune

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