‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 87 sur 199 · A M. SCHWEIGHÆUSER · texte numérisé non relu

A M. SCHWEIGHÆUSER

A TAStA.

Pari!», 12 nmra 1 mo3.

Je vous envoie , mon cher ami , un livre que m'a prêté M. Boissonnade. Je ne puis retrouver

la

i4a IJiTTRES

«on adresse pour le lui reporter moi-mémc, comme c'était mon dessein. Faites-lui , je vous prie , mes excuses et mes remerclments. J’ai la plus grande envie de causer avec vous avant mon départ, mais Je ne puis vous donner de rendex-vous précis, à cause des affaires qui m’occupent dans le peu de temps que j’ai encore à rester ici.

Je ne connais point Coupé, mais Je ne crois pas que sou ouvrage puisse avoir rien de commun avec le mien '. Si l’épisode de Thésée est sans intérêt aujourd’hui, J’ol manqué mon hut. Kn cet endroit comme dans tout le reste , Je n’ai presque rien prb d’Isocrate. Vous ne vous êtes pas aperçu que Je voulais donner un ouvrage nouveau sous un titre ancien. C’est tout le contraire de ce que font les auteurs actuels. Vous m’étonnez bien davantage en m’apprenant que l’autre épisode , a la louangede la beauté, est assez connu. Je le croyais de mon invention. Du reste, toutes vos critiques sont Justes, et vous avez découvert les endroits où J’ai bronché. Je ne me rends pas cependant à ce que vous dites sur le mot créature. Toutes ces fautes ne sont pas aussi aisées ù corriger que vous croyez, et mon imagination refroidie ne me fournit rien qui vaille. Je ne voudrais pas qu’on Jugeât par ees échantillons de ce que Je pub faire aujourd'hui; car c’est, comme je vous l’ai dit, une vieille composition retouchée à froid , méthode qui ne produit rien de bon. Bref, il y a fort peu d’endroits où Je ne voulusse rien changer : c’est beaucoup qu’il se trouve là dedans quelque chose d’agréable.

Marquez-moi si Je puiscncore compter sur votre libraire. Il m'ennuierait fort d’en chercher un autre.

[ Après avoir prolongé son congé de semestre autant qu'il lui fut possible , Courier fut enGn obligé lie partir à la Un de juillet, et de se rendre à Douai, où sa compagnie avait été envoyée. Il trouva là madame Pigolle , sa cousine , dans la maison de laquelle il fut reçu comme un ami. Mois, malgré l’agrément qu’il y trouvait , il ne put tenir à Douai plus de deux mois, au bout desquels il revint à Paris.

I.es généraux Duroc et Marmont s’employaient alors en sa faveur, etildutàleur crédit d’être nommé chef d’escadron , le 27 octobre 1803. Il fallait partir sans délai et joindre à Plaisance le premier régiment d’artillerie à cheval, aux ordres du colonel d’Anthouard ; le déplaisir de quitter Paris fut compensé par l’idée de retourner en Italie, et l’espérance de

' L*1vk>{^ d'Uclèm.

INÉDITES

revoir Rome, la ville de son clioix; cependant il ne se press» pas beaucoup, et n’arriva à Plaisance que le 18 mars 1804, après avoir passéun mob en Touraine. ]

A PUisauoe, le... mai iw>4.

Nous x'cnons de faire un empereur, et pour ma part Je n’y ai pas nui. Voici rhbtoire. Ce matin , d’Antbouard nous assemble , et nous dit de quoi il s’agissait, mais bonnement , sans préambule ni péroraison. Un empereur ou la république, lequel est le plus de votre goût? comme on dit rôti ou bouilli, potage ou soupe, que voulezvous? Sa harangue finie, nous voilà tous à nous regarder, assb en rond. Messieurs, qu’opinezvous? Pas le mot. Personne n’ouvre la bouche. Cela dura un quart d’heure ou plus, et devenait embarrassant pour d’Anthonord et pour tout le monde , quand Maire , un Jeune homme , un licutenantque tuas pu voir, se lève et dit : S’il veut être empereur, qu’il le soit; mais, pour en dire mon avis , Je ne le trouve pas bon du tout. Expliquez-vous, dit le colonel ; voulez vous , ne voulezvous pas? Je ne le veux pas, répond Maire. A la bonne heure. Nouveau silence. On recommence à s’observer les uns les autres, comme des gens qui se voient pour la première fob. Nous y serions encore si Je n’eusse pris la parole. Messieurs , disje, il me semble, sauf correction , que ceci ne nous regarde pas. La nation veut un empereur, est-ce à nous d’en délibérer? Ce raisonnement panit si fort, si lumineux, si ad rem... que veux-tu? J’entraînai l’assemblée. Jamab orateur n’eut un succès si complet. On se lève , on signe , on s’en va Jouer an billard. Maire me disait ; Ma foi, commandant, vous parlez comme Cicéron ; mais pourquoi voulezvous donc tant qu’il soit empereur. Je vous prie? Pour en finir, et faire notre partitfde billard. Fallait-il rester là tout le Jour? pourquoi, vous, ne le voulez-vous pas? Je ne sais, me dit-il, mais Je le croyab fait pour quelque chose de mieux. Voilà le propos du lieutenant, que Je ne trouve point

tant sot En effet, que signifie, dis-moi un

homme comme lui , Bonaparte , soldat , chef d’armée, le premier capitaine du monde, vouloir qu’on l’appelle Mgjesté ? Être Bonaparte, et se faire sire ! /i aspire à descendre : mais non , il croit monter en s’égalant aux rob. Il aime mieux un titre qu’un nom. Pauvre homme I ses idées sont au-dessous de sa fortune. Je m'en doutai quand Je le vb donner sa petite sœur à Borgbèse , et croire que Borgbèse lui fhbalt trop d’honneur.

KCRITFS DE FRANCE ET DTTALIE.

La aenution est faillie. On ne sait pas bii n encore ce que cela veut dire. On nes'en soucie guère, a nous en parlons peu. Mais les Italiens, tu connais Mendelli, l'hôte de Dcmanelle. Questi son saiti! questi son voU! un a/fiere, un enprajo di (^sica ehe balza imperatore! Pqffariddio, che cosa! sicchè dunque, commandante , per quel che vedo «n Corso ha castrato i Francesi.

Demanelle', Je crois, ne fera pas d’assemblée. U envoie les signatures avec l'enthousiasme, le dévouement à la personne , etc.

Voilà nos nouvel les ; mande-moi celles du pays ou tu es, et comment la farce s'est jouée chez vons. A peu près de même, sans doute.

Charnu baise en tremblant la main qui nous enchaîne... Avec la permission du poète, cela est faux. On ne tremble point. On veut de l’argent, et on ne baise que la main qui paye.

Ce César l’entendait bien mieux , et aussi c’était un autre homme. Il ne prit point de titres usés, mais il fit de son nom même un titre supérieur à celui de roi.

Adieu, nous t’attendons ici.

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