‹ Œuvres complètes de P. L. CourierChapitre 95 sur 199 · A MADAME MARIANNA DIONIGI · texte numérisé non relu

A MADAME MARIANNA DIONIGI

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Milelo , le 7 septembre 1806.

Madame , Dieu veuille que ma dernière lettre

* L« 18 août.

’ Chef do bondir

ne vous soit pas parvenue. Je serais bien fâché vraiment que ce que je vous demandais fût parti , c'étaient des papiers et des livres. Quant à mes habits, je ne les ai pas reçus; mais je sais qui les a reçus pour moi ; ce sont les .Anglais. Vous aurez appris que nous perdîmes contre eux , il y a deux mois, une bataille et toute la Calabre. Nous regagnerons peut-être la Calabre, mais non la bataille. Ceux qui sont morts, sont morts; tout ce que nous pourrons faire, ce siTa de leur tuer autant de monde qu'ils nous en ont tué.

Bientôt, selon toute apparence, uous aurons cette consolation , ou pis que la première fois. Quoi qu’il en soit, la guerre m’occupe tout entier, et je ne pourrai de longtemps penser à autre chose; ainsi. Madame, je souhaite que, jusqu’à mon retour, vous conserviez chez vous les petits cfïets dont vous avez bien voulu vous faire dépositaire.

Je remets au temps où j'aurai l'honneur de vous voir. Dieu aidant , le detai I de nos désastres. C'est une histoire qui commence mal , et dont peu de nous verront la fin. Je ne suis pas des plus à plaindre , puisque j'ai encore tous mes membres; mais la chemise que je porte ne m'appartient pas; jugez par là de nos misères.

Si, en conséquence de ma dernière lettre, vous m'aviez adressé quelque paquet à Naples, ayez la bonté de m’envoyer les renseignements nécessaires pour le réclamer. Je resterai ici tant qu’on y fera la guerre; mais si l’on cesse de se battre, je cours aussitôt à Rome, et tous mes maux ne finiront que quand j'aurai le bonheur de vous revoir.

Permettez , Madame , que je vous prie de présenter mon respect à madame votre mère, à mademoiselle Henriette, et à monsieur d'.Agiucourt , que vous voyez sûrement quelquefois; me donner de leurs nouvelles et des vôtres, c'est le plus grand plaisir que vous puissiez me foire de si loin.

A M. LE GÉNÉRAL MOSSEL.

MUflo , le 10 •eptembre 1608.

J’ai reçu, mon général, la chemise dont vous me faites présent. Dieu vous la rende , mon général, en ce monde-ci ou dans l’autre. Jamais chorité ne fut mieux placée que ccllc-là. Je ne suis pourtant pas tout nu. J’ai même une chcmi.se sur moi, à laquelle il manque, à vrai dire, le devant et le derrière, et voici comment ; on me lu fit d'une toile à sac que j'eus au pillage d'un vil-

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