‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 10 sur 86 · SOUVENIRS D'HOPITAL · texte numérisé non relu

SOUVENIRS D'HOPITAL

La vie est si sotte vraiment Et le monde si véhément, En fait de méchanceté noire,

Qu'à ce prospect sur l'avenir Trop prochain et qu'au souvenir De toute mon affreuse histoire,

Je préfère enfin l'hôpital Puisque tel est mon lieu fatal Et ma sincère raison d'être Et le seul bonheur que j'impêtre,

Oui, je préfère en (ou le foi Cette faveur bien due à moi Que tout repousse loin d'un monde Malpropre et d'une vie immonde

VAr.tîi

D'ailleurs l'hôpital est sain, On s'y berce sur le sein De tel ou tel médecin,

Bon garçon et savant homme Toujours ou presque ou tout comme Mais un compagnon, en somme,

Agréable, moins ou plus, Mais qui, de tous ceux élus Par des destins absolus,

Est, avec notre infirmière, Ange à la voix coutumière, Encor l'ange de lumière I

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