‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 18 sur 86 · MONNA ROSA · texte numérisé non relu

MONNA ROSA

D'après un tableau de Rossetli.

Elle est seule au boudoir, En bandeaux d'or liquide, En robe d'or fluide Sur fond blanc dans le soir Teinté d'or vert et noir.

Un pot bleu japonise

Délicieusement

D'où s'élance gaiement

Dans l'atmosphère exquiso

Où l'âme s'adonise,

Un flot mélodieux — Selon le rythme juste — De roses, chœur auguste ; Bouquet mélodieux, Aux conseils radieux I

VARIA

Elle, belle comme elles, Les roses, n'élit plus, Dans ses cheveux élus, Qu'une de ces fleurs belles Comme elle, et de ciseaux Prestes, tels des oiseaux,

La coupe, ou mieux, la cueille, Avec le soin charmant D'y laisser joliment La grâce d'une feuille Verte comme le soir Noir et or du boudoir...

Ce pendant que persiste La splendeur, à côté Du plumage bleuté, De l'orgueil qui s'attriste D un paon jadis vainqueur Aux jardins de ce cœur.

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