‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 19 sur 86 · DEMI-TEINTES · texte numérisé non relu

DEMI-TEINTES

0 la Dulcinée De ce Toboso, Toi qui m'es donnée, Ainsi qu'un oiseau Sur ma main distraite Pour sourire un peu Ou pleurer au lieu, Pardonne au poète

L'air indifférent, Bien qu'aimable en somme Que parfois il prend L'inconscient homme Moin3 préoccupé De vie ambiante Que d'une fuyante Embûche échappé, —

VARIA

Embûche récente Au cœur toujours neuf !...

Souffre qu'il ressente D'être comme un veuf..* Un veuf consolable Fort heureusement, De croire au serment Ecrit sur le sable.

A Mademoiselle Martin

Mignonne que je ne connais Que par votre doux nom de Marthe, Votre oncle veut que de moi parte Vers vous le meilleur des sonnets.

Le meilleur, si je puis le faire, J'en doute fort, mais je sais bien Que je ne refuserai rien A qui se montra si sévère

Et si doux, parfait dans son art De chirurgien, implacable Quelquefois, mais adroit en diable !

Aussi, vous l'aimerez plus tard, J'en suis sûr, comme il le mérile, Sans qu'à ce cher devoir comme moi son bistouri vous invile !

Hôpital Bronssais, 3 novembre 1893.

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