‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 32 sur 86 · OXFORD · texte numérisé non relu

OXFORD

Oxford est une ville qui me consola, Moi rêvant toujours de ce Moyen Age-là.

En fait de Moyen Age, on n'est pas difficile Dans ce pays d'architecture un peu fossile

A dessein, c'est la mode et qui s'en moque fanlt, Mais Oxford c'est sincère, et tout l'art y prévaut ;

Mais Oxford a la foi, du moins en a la mine Beaucoup, et sa science en joyau s^ termine

En joyau précieux, délicieux : les cieux Ici couronnent 'l'un preslige précieux

L'étude et le silence exigés comme on aime, Et la sagesse récompense le problème,

La sagesse qu'il faut, cette douce raison, Que la Cathédrale termine en oraison.

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Sous les arceaux romans qui virent tant de choses, Et les rinceaux gothiques, fins d'apothéoses

De Saints mieux vénérés peut-être qu'on ne croit Et mon cœur s'humilie et mon désir s'accroît

De devenir et de redevenir, loin d élie, Cette cité glorieuse d'être infidèle,

Paris ! l'enfant ingrat qui s'imaginerait Briser les sceaux sacrés et tenir le secret —

De devenir ou de redevenir la chose

Agréable au Seigneur, quelle qu'en soit la cause,

Et par cela même être encore doux et fort, O toi, cité charmante et mémorable, Oxford !

Novembre 1893.

Lecture at BarnartVs Jun Hall.

Dans ce bail trois fois séculaire, Sur ce fauteuil dix fois trop grand, A ce pupitre révérend Qu'une lampe, vieux cuivre, éclaire,

J'étais comme en quel temps ancien 1 Et l'âme, un peu du Moyen Age M'investissait d'un parrainage Grâce, à mes airs mûrs séant bien.

Ma parole en l'antique salle Ne jurait pas trop, célébrant La Foi du passé, sûr garant, L'éternel Beau, vérité sainte 1

J'entretenais de mon pays, De celte France athénienne, Une élite londonienne Dont les vœux furent obéis

VARIA

Puisque de l'estrade sévère

Il ne tombait, conformémeut

Au réel devoir du moment,

Que ces mots : « Bien dire et bien faire »,

Et tel bel autre, et cœtcra Dont s'esjouit la bonne salle, — Coin de la ville colossale Où, ce soir, l'Esprit se terra...

Je conserverai la mémoire Bien profondément et longtemps De ces miens sérieux instants Où j'ai revécu de l'histoire.

London, novembre 1893, on the, 21 th.

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