‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 36 sur 86 · RETRAITE · texte numérisé non relu

RETRAITE

On s'isole à Paris, quelle que soit l'horreur

Apparente de vivre en ce cirque d'erreur,

De luxe dur et des trop plausibles rancunes

Du pauvre y voyant rouge — ainsi vont nos fortunes

Sociales depuis ce cher Quatre-vingt-neuf.

Oui, dit-on, l'on s'isole en ce vieux Paris neuf.

Moi, vieux Parisien, ne le puis : l'habitude!

Mais j'ai tenté pour fuir l'àpre di&quiétude,

De tous ces bruits méchants et de ce plat soleil,

D'habiter dans un cœur qui soit au mien pareil.

Pauvres cœurs tout meurtris, vieux de deuils et hors d'à

Etant restés bien trop enfants, pour tant d'usages

Ah ! consolez vos pleurs, priez pieusement

Pour au moins un futur tant soit peu plus clément

Et dormez, las de vains projets et d'aventures,

Loin du bruit amorti des sots et des voitures l

Octobre 1803.

L'enfant avait reçu deux bons yeux dans la tdlo, Quelque chose de dur et de doux à la fois, Puis il avait encore hérité d'une voix Où le commandement se mêlait à la fùte

Cordiale qu'on a de craindre sa maman Si peu mais trop parfois — on dirait une douche! toac ce moutard était, dans sou charme, farouche Si peu qu'il en était unique, croyez-m'en.

Et j'ai fait ce sonnet qui nV*t pas régulier

Pour, quand il sera grand, «pie le cher enfant m'aime

Et surtout que sa mère, eu attendant de môme

Qu'il grandisse, ait pour moi, le vieil irrégulier, Tels sentiments d'amitié franche et forte, même! — Et que vive l'enfant, pour ne pas l'oublier !

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