SONNET
Pour la Kermesse du 20 juin 1895 (Caen).
Je voudrais avoir, je le jure, Croyez-en ma sincérité, Part à votre festivité N'était le mal qui m'iodure,
Qui, tout le temps que le jour dure, Me retient au lit détesté Pour me faire un somme agité Du soir obscur à l'aube obscure.
Mais mon cœur bat libre et sans feis Et le bon démon qui m'habite Me dicte encore parfois des vers.
Sonnet, pars joyeux et va vite Vers ce Caen où la Charité Gaiement inaugure l'été.
POUR LA PLUMr.
Je veux dire en ces quelques vers
La bonne opinion que j'ai
Sur les gens bien et l'endroit gai,
Fut l'endroit triste avec des gens divers.
(Or, j'ai passé pas mal d'hivers Et de printemps gai comme un geai, Triste comme un cygne à l'essai, Tour à tour chaste mais pervers.)
Ma bonne opinion est telle, Dans cette fête qui m'allume, Mesdames, 6 vous toute belle,
Messieurs, ô vous tous un génie Que si j'osais, sans ironie.
Je me glorifierais d'être aussi, président de la Plume.
H avril 1893.
Je ne suis plus encore un faune Et je dirais dans mes regrets Un sonnet à la Plume après Que je ne serai plus aphone Sans le faire, hélas ! trop exprès.
Ma muse qui parfois rit jaune Et voit rouge et noir et tout près D y voir rose, puisque suis ès- Àmis, vous dit : Amis, mon trône
Puisque je suis le Président
De ces agapes fraternelles
Ou du moins mon fauteuil prudent.
Mon fauteuil ou si vos prunelles Y découvrent un trône trop :
Je vous salue, amis, et m'assieds au galop.
13 avrtf 1893.