‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 50 sur 86 · FRONTISPICE POUR UNE ANNÉE DE LA PLUME · texte numérisé non relu

FRONTISPICE POUR UNE ANNÉE DE LA PLUME

Rêveuse au bord de l'eau Tendrement soucieuse, Entends chanter l'yeuse, L'ajonc et le bouleau ,

Admire le tableau Naïf où la macreuse, La sarcelle amoureuse Parlent du renouveau.

Pénètre-toi du charme, Sens monter une larme Qui viendrait de ton cœur

A ce printemps qui muse, Joie éparse et langueur, Souris, petite muse.

LE LIVRE D'ESTHER (1) î

Je suis un ennemi de toute hypocrisie,

Aussi, de tout ennui, Et c'est pourquoi, ma trop chère, je t'ai choisie !

Je l'avoue aujourd'hui,

Gomme je l'indiquais hier dans tel volume

Dont Bazile a rougi, Comme je l'écrirai demain avec ma plume

D'homme chaste assagi,

Comme je le crierai, fût-ce en face des balles,

Fût-ce « à travers le feu, c Le fer des bataillons », ces soûlantes cymbales,

Serait-ce, nom de Dieu !

(1) Ces deux pièces portent, en note, an coin de la page. Le Livre d'Esthcr ; ce sont les seules. Verlaine avait commencé un volume sous ce litre. La première pièce

Je suis un ennemi de toute hypocrisie

devait être le premier du livre.

OftOlCAOïS

Devant le Diable, et quand ce serait devant pire

(Je t'ai nommée assez) Je t'aime mieux que tout, démon, goule, vampire,

— Et ce n'est pas assez!

Phi... B..., c'est presque la lune, Mais La Lune que je vois Quand tu cèdes à ma voix Qui sans doute t'importune.

Mais si sincère qu'enfin Tu l'exauces et me hausses Jusques aux charmes qu'en vain Blasphèment des voix que fausses !

Mais que moi qui ne suis rien, Plus rien que leur hygiène A ces tiens (miens ?) charmes bien- Aimé s, je torche sans gêne

(Et pourquoi, puisque, après tout Ce manège qui m'allège D'un poids bien cher au débout, Vers mieux encor je m'allège.)

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