‹ uvres complètes de Paul VerlaineChapitre 51 sur 86 · A DON JUAN · texte numérisé non relu

A DON JUAN

Je n'ai jamais pu voir sans un rire nerveux, Les beaux garçons passer au bras des belles filles, Les rendez- vous surpris, les baisers, les aveux Qui bruissent, les soirs d'été, sous les charmilles,

Percent mon cœur jaloux comme d'âpres aiguilles I Et, méprisant l'amour, je ris des amoureux ; Pour leur calme outrageant, j'abhorre les familles ; T » hais tout ce qui rampe en se crovant heureux.

Mais j'envie, ô mon Juan, pour suborner les ùoies,

Ta lèvre qui savait aimer toutes les femmes,

Ton sourire et tes yeux, clairs comme des miroirs ;

Et ta main qui, le jour, trouant quelque polt:ino

De sot mari, — le soir, grattait la mandoline

Sous un balcon de pierre où luisaient deux yeux noirs.

(1) Sonnet de jeunesse douteux, publié sous la signature Ftilvio.

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