A DON JUAN
Je n'ai jamais pu voir sans un rire nerveux, Les beaux garçons passer au bras des belles filles, Les rendez- vous surpris, les baisers, les aveux Qui bruissent, les soirs d'été, sous les charmilles,
Percent mon cœur jaloux comme d'âpres aiguilles I Et, méprisant l'amour, je ris des amoureux ; Pour leur calme outrageant, j'abhorre les familles ; T » hais tout ce qui rampe en se crovant heureux.
Mais j'envie, ô mon Juan, pour suborner les ùoies,
Ta lèvre qui savait aimer toutes les femmes,
Ton sourire et tes yeux, clairs comme des miroirs ;
Et ta main qui, le jour, trouant quelque polt:ino
De sot mari, — le soir, grattait la mandoline
Sous un balcon de pierre où luisaient deux yeux noirs.
(1) Sonnet de jeunesse douteux, publié sous la signature Ftilvio.