‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 20 sur 40 · L E ï A II T A n. E · texte numérisé non relu

L E ï A II T A n. E

)) sieur légataire : aussi a-t-ou fait subir toutes » sortes d'épreuves au malheureux billet ^ jusqu'à }) celle du feu ^ dont il porte eucorc les marques. » M**' Jmiqiiièrcmon procureur, pour coter cette D pièce, avait écrit mon nom dessus : on a ima- » giné de dire que ce uom était de la main du » sieur Duverney ; heureusement M^ Junquière )> a lové facilement tous les doutes qu^on pouvait » avoir siu* ce sujet dans le premier tribunal, » en écrivant sous les yeux de M. le rappor- » iQuVf plusieurs fois mon nom du même ca-« » ractère (i). Mais il n'en est pas moins vrai que » cette petite infidélité, de quelque part qu'elle » vierme, est peu délicate; d'autant plus qu'elle }) est gratuite : car que ce soit en réponse ou » autrement que le sieur Duverney ait écrit )) 'Voilà notre compte signé ; il l'a écrit , et cela n est suflisant. Si le sieur comte de la Ulache , )) qui m'a tant maltraité sans en avoir le moindre » sujet , pouvait me faire un semblable reproche, » que ne me dirait-il [)as , et que n'aurait-il pas » raison de médire ? Je veux lui donner l'exemple » de la modération, tout outragé que je suis* »

(i) «< Comment le sieur romie de la Dlache peiil-il jelcr n (les 5)oupçonA sur Ja signature du sieur Duverney, lui N </ui la voit ou elle ri est pas , et qui la révoque en doute u qU ellç est ? Voyc» le graud Mémoire,

Qu'avez-vous répondu à ce reproche amer de

M* Falconet ^ qui de nouveau constatait le fait et

la confusion que vous ayiez reçue aux requêtes

de FHôtel ? Nous convenons vous et moi que

vous n'avez rien répondu ; rien , M. le comte ,

absolument rien ; car il ne faut plus biaiser ici.

Le temps ne vous manqua cependant pas alors ;

entre mon mémoire Falconet et le rappoRl: de

TOtre ami Goëzman , il se passa dix jours , Ehl

dix mortels jours ! A la vérité , vous aviez autre

chose à faire alors , car la porte de M. Goëzmaa

yfous était ouverte , pendant qu'elle m'était fermée,

et vous couriez au plus solide, au plus pressé.

!Nous convenons encoie de cela vous et moi , et

c'est ma troisième preuve.

Quand nous avons plaidé depuis par écrit au Conseil , et que vous avez accablé ce pauvre billet , du 5 avril , de tous vos reproches amers «ous la plume de M« Mariette ; pourquoi donc avez-vous absolument laissé de côté celui du cachet apposé sur mon nom ? Pourquoi ne m'avez-vous pas au moins reproché alors la mauvaise foi de mes imputations à cet égard , dans mes deux mémoires Bîdautei Falconet? Était-ce une circonstance à négliger ? Si vous ne vouliez plus user de Timmense avantage que vous don-i nait sur moi la friponnerie du cachet bien prouïée, ne dcviez-vous pas au moins tonner ei

montrer qiiel homme j'étais d'avoir eu l'effronterie de vous en inculper dans mes deux mémoires ? En prouvant que je vous avais calomnié f M. le comte , vous m'écrasiez sous les décombres d'un terrible édifice. Mais vous vous en . êtes bien gardé ; . vous n'en avez rien dit ^ absolume4t rien. Ce ne fut pas non plus par ménage- meot ; jamais vous n'en avez gardé pour moi: mais ce fut par le sentiment intime de vou^ honte , et la crainte de me voir traiter alors ce fait en réponse avec le détail ignominieux que je viens de lui donner dans mon dernier mémoire ^ et c'est ma quatrième preuve.

Vous avez depuis fait faire une consultation ^ de cinquante-huit pages pour ce Parlement-ci dans laquelle vous avez repris^ avec bien du soin tous les anciens reproches de Gaillard ; celui dn cachet apposé fournissait la plus terrible présomption contre moi. Pourquoi donc , lorsque vous y employez deux pages à dénigrer le billet du 5 avril, avez-vous omis le reproche si tranchant du cachet , tel qu'on le lit dans le premier mémoire de Gaillard , aux Requêtes de l'Hôtel ? Pourquoi n'y avez-vous pas enfin repoussé sur moi la double honte que je vous en avais imprimée a cet égard dans les mémoires Bîdautet Falconet ? Car nous convenons encore vous et moi; que dans.6iix mille exemplaires de votie

consultation^ répandus en Provence , il n^y a pas un seul mot de ce cachet apposé ? Etait-ce en- ^ core oubli ou ménagement de votre part ? Ni Vun ni Tautre , M. le comte ; mais la crainte de réveiller un terrible chat , qui pouvait égratigner jusqu'au sang au premier allongement de sa patte ^ !" en sortant du sommeil où vous le berciez si doucement par votre silence; et c'est ma cinquième :^ preuve.

^ Mais pourquoi donc vous êtes-vous assez ras-

k sure aujourd'hui , pour oser en parler , quoiqu'en

f tortillant , en tergiversant , en avouant enfin ,

* puisqu'il faut tout dire , que le mot Beaiimar-'

. chais n'est plus de la main de M, Duverney ?

Bien est-il vrai que le Gaillard d'au jourd'hui s'en-

Teloppe et glisse autant qu'il peut sur cet aveu.

Si ce billet (dit-il page 4 x de la consultation des

Six ) , si ce billet qui n^a point d^ adresse^ porte

uu bas le nom du sieur de Beaumarchais écrit

PAR U^E AUTKE MAIN QUE CELtE DU SIEUK DoVER-

jîEV ; Si le procureur , cotant une pièce du nom de sa paitie , n^ aurait pu décrire en partie sous le cachet qui aurait antérieurement fermé le billet, etc. En honneur^ je n'ai pas le courage d'en transcrire davantage. 11 faut rapprocher cette réponse et cet aveu de mon attaque vigoureuse , p. 275 et suiv. de ma Réponse ingénue, pour bien juger de votre plaisant embanas , M, le comte î

•i'^rJ! T. K T A n T A R E

J(î to.])riiiuÏH ma qiiCHiion. J'oiirqiioi avCK-TOni ciiiin os/; cti parler aujourd'hui ? C'cAt première* nicntp;(rcc qui; n'en rien dire dam votre réponMi aprèi une attaque au^ni vive que ma dernière, fierait \mHner trop lourdement eondamnation for la eliOHe ; et qu'en pareil cas ^ votre avocat Mt iiieu qu'il vaut mieux dire une nottiac que del reMtCîr court.

Secondement, parre que M^ïiidjHitet M'Caillard /!t;uit morts touA deux ( car depuifi qucnoui plaidons i nouH avon.s déjà \\hI\ \xo\h f;énératJOflf d*avor:al«), vous avez e«p/»r/îque ma preuve rctterait assez inromplette, pour (|ue votre nép^tiofl prh encore une ombre de faveur pantii V08 bienveuillanls.

Mais je laisse k juger si le comte de la Blache^ qui lait ressrnirce de lotu^ qui qu^relb; h tort il travers , sans boute ni pudeur ^ qui s'accrocha I aux vir|;ul(*s , aux jambages , aux cachets f aux plis du papier, erit(;ardé ce honteux silence attftli lonf;-(emps, et sur un point de celte importance^ é'ipreM (!n avoir iait un si faraud bruit aux requétei (le riloiel , si la petite le(;on amicale cpie je lui donnai lii-<lessus dans le tenqis , ne lui était restai aHS(!/ avant dans le coiîur, pour redouter iVf^ rrc!evc>ir une sec<inde, s'il osait remcltre encore la (|u(vstiou sur le tapis ; et c'est ma sixième ju'cuve.

Mais il ne faut laisser aucun faux-fuyant à ce Uiéchant adversaire ; il faut le poursuivre sur ce mot Beaumarchais et ce cachet , jusqu^à suffocation parfaite*

Voyez , Lecteur , avec quelle assurance il fiait dire à son avocat , (page ^2 ) le silejvcb du sieur de Beaumarchais , celui de son défenseur de^ 7Uis 1772, époque de la communication ^ juS" jit^à ce jour y enlèi^ent donc au premier Vavan-^ Uige qu^il s^ était promis d^une allégation plus rÉMÉRAiRE encore que tardive.

Vous venez de voir , Lecteur , comme elle est téméraire mon allégation ! et les mémoires de Falconetetde B idaut riennent de, vous montrer comme elle est tardive !

Eh bien ! faîtes-moi Tamitié de joindre à ce reproche de silence jusqu^à ce jour , que me fait l'avocat du comte de la Blache ; faites-moi Ta* mitié , dis-je , de retourner en arrière ( page 4^ ) du mémoire fait par ou pour le comte de la Blache,

an bas de la note , et d'y lire ces mots Croi^

ra-t-on ( ce verbe gouverne toute la note )

Croira- t-on qu'à ce tribunal ( Les requêtes de motel) aitisi qu'à la Commission et au Conseil ^

il n'a jamais osé en rien dire nulle part , ni

s'en plaundre.

A mon tour, je dis à mon lecteur : croira-t-on,

quand on a lu mes citations des mémoires Bidaut^

aux requêtes de THôtel ^ et Falconet à la com^ mission y que j'ai rappelés exprès dans ma ré^ poase ingénue , qu'il y ait une effronterie seoH blable à celle de ce plaideur , qui se joue même des avocats qui le défendent , en leur fesant croire que je n'ai jamais parlé de ce cachet ap 'posé , ni reproché rien à cet égard ; quoique soit prouvé que je n'ai cessé de le faire ^ sans p mais obtenir un seul mot de réponse? Croira-t-Oft qu'il expose ses conseils à écrire de pareilles bêtises ? Le croira-t-on? telle est ma septième preuve.

Apprenez encore. Lecteur^ qu'il n'est pas vrai qu'il y ait une surcharge d'écriture sur ce billet qui puisse empêcher aujourd'hui l'inscription en faux , si on osait la prendre , comme le dît h légion ( page 45 ) , et que ce billet n'a été déshonoré , comme je vous Tai appris , que par une roussissure générale à l'endroit de l'écriture, qui prouve qu'on l'a mis au feu pour lui faire subir je ne sais quelle épreuve ; et parce qu'on a posé quelques petits pâtés d^encre sur les premiers mots du billet , pour lui donner au moins un air louche à la première inspection ; ce qui ne fait rien du tout au corps de l'écriture i ainsi que je l'ai fait expressément remarquer aux magistrats dans le courp de l'instruction ; et c'est ma huitième preuve.

Mais comme je me plais à cette question^ parce qu'une fois bien nettoyée , elle vous peint à miracle^ M. le comte, vous, vos moyens , vos défenses et vos défenseurs ; que d'ailleurs ce fait du mot et du cachet est de la plus grande importance ; et ne fût-ce que parce que je viens d'avoir le plaisir de vous empiéger dans le plus terrible traquenard ; je ne puis quitter ce cachet apposé «ur un mot , qui d^abord était de récriture de M# Duvemey , et qui n'en est plus aujourd'hui : je ne puis , dîs-je , le quitter tant qu'il vous restera le plus léger espoir d'entretenir un doute à ton égard dans l'esprit de vos auditeurs bénévoles. Donc , pour le couler à fond , en vous ménageant une dernière ressource , je vais vous proposer un petit argument à l'Anglaise , qui n'en aura pas moins de force , quoiqu'il n'ait pas tout le clinquant de votre logique française: écoutez-moi bien:

J'ai déposé chez Me Pierre Boyer , notaire de cette ville, l'obligation suivante , à laquelle je vous invite de joindre la vôtre , en changeant seulement les noms et les circonstances nécessaires.

Je soussigné , m'oblige et m'engage à payer k M. le comte de la Blache la somme de cinquante mille francs , si , dans l'espace de deux mois , je ne prouve pas par le témoignage écrit

ZZ6 LETARTAÎIË

de M^ de Junqiiière , procureur au Parlement de Paris , et par l'allés talion que je supplierai M. Dufour , maître de requêtes , notre commim rai)porieur aux requêtes de rilôtel ^ de donner] qu^après le plaidoyer et le mémoire de M« Caîl^. ' lard sur ma prétendue friponnerie du cachet i^ pliqué sur le mot Beaumarchais , et la déclar»* tîon de M« Junquière k raudiencc , M« Dutbitf se convainquit de nouveau, en fesant écrire à M® de Junquière mon nom plusieurs fois coo* ramment , que le mot Beaumarchais qu'on lit sur la lettre du 5 avril , qui avait été écrit par ledit M® de Junquière en 1772, ainsi qu^il eit dit dans mon mémoire , et non par M. Duverney , bien long-temps avant ^ comme le prétendait M« Gaillard. Attestation du procureur et témoignage du magistrat^ qui prouveront que le mot a été couvert d'un cachet par la supercherie de mes ennemis : et je me soumets ^ dans le cas de la non- preuve offerte , audit paiement cidessus énoncé, dont la somme est déposée ^ à cet effet , chez MM. Péchier et Bouillon à Mar* seille, au profit du comte de la Blache , u la seule condition que le comte de la Blache , s'engagera par une semblable obligation et un semblable dé' pôt, au paiement de pareille somme.au profit des pauvres de cette ville ^ aussitôt que j'aurai fourni ladite attestation et ledit témoignage^ les

senls qui restent à dciiacr aujourd'hui de cette cation de mou titre. Fait à Aix , le 19 juillet 8. Signé Caroti de Beaumarchais, oilà , M. le comte , ce que j^avais à vous Hre sur votre dénégation actuelle. C^est à vous I montrer si j'ai bien ou mal raisonné sur ce fait ^ \\ ma preuve est louche ou complette , et si ma proposition est bonne à prendre ou à laisser. Je rous attends.

Donc il ne faut pas tant se récrier sur la mé- :hanceté de ce pauvre mémoire , que vous vouirîez qu'on réduisît en cendre. Mais ce n'est pas 3ela que vous vouliez dire : car si vous faîtes ici la montre d'un grand ressentiment, pour la sa- :isfaction duquel vous demandez ini holocauste ; ivouez que de cet ouvrage, dont vous désires :}u'on détruise au moins un exemplaire aujourî'hui , vous eussiez donné bien des choses pour :|u'on empêchât tous les autres de paraître , s'il ^ eut eu la moindre apparence d'y réussir. Voilà ce que vous vouliez dire. Mais ils existent ces exemplaires, et ils existeront comme un monument de honte à Jamais imprimé sur vous ; et c'est encore ce que je vous prédis.

Ce mémoire est insolent', répètent en chorus les six avocats du légataire universel. L'auteur, au lieu de se défendre, y dit des sottises au comte de la Blache. Eh ! non , Mcsweurs , ce n'est pas

Mémoires^ II* 33

558 LETARTARE

12i le mol. L'ameur, pour se défendre , y dil LES SOTTISES du comte de la Blache; et c'csl bien différent.

Le comte de la Blache a (ait le mal y et je dis le mal que le comte de la Blacbe a fait. Au lieu de me calomnier vous-mêmes, prouvez qnej'ai calomnie le comte de la Blache , et c'est alors que vous aurez rempli noblement votre tàcbcy et que mon mémoire sera digne du supplice auquel vous voulez qu'on le destine.

J'ai pris, comme un rat, votre homme en un filet dont il cherche à ronger les mailles. Devezvous aider. Messieurs , de toutes les facultés de la langue et des dents à ses efforts , ii ce misé- ' rable rongement de maillons ? Et le métier d'un noble avocat est-il de descendre de son cabinet au coiu\s , et d'y faire d'un défenseur jniblic , un insolent privilégié ? Ifeureusement je suis là, je vous vois ronger , et je tiens l'aiguille et le fil pour recoudre h mesure tout ce qu^on s'efforce d'altérer à mou lilci.

Si c'est à titre de calomnie que vous demandez la conflagration et lacération de mon mémoire ; il vous faudrait au moins la prouver cette calomnie ! Que si vous n'y parvenez pas ; i! s'ensuivra qu'en m'appelant calomniateur , ce sera vonsluémes encore qui m'aurez calomnié. Alors , Mesflieurs ; s'il fallait brûler le corps matériel du de-

A t A L É G I 0 Tî. 55r)

lît , que deviendraient la langue et les écfitô dei adversaires ? etc. 11 y a comme cela mille choséà dont il ne faut pas trop presser les conséquences^ et vous devez me savoir gré dé' ne pas pousset celle-ci plus loin.

Il est certain qu^entre moti aidVersâîrè et moi ^ il y a un calomniateur à punir ; et de ma part , je . consens à TopprobYe , à la peine encourue ^ si je me suis écarté dé la vérité dans un seul point de mes défenses , et si j^ai même cherché ces défenses dans des points de la conduite de moii adversaire, étrangers à la question que j'ai traitée* Mais la preuve de la calomnie une fois bien faite^ ou par Tun , ou par l'autre , je demande avec instance que celui qui restera sous cette preuve > y laisse aussi sa vie ; non pas , s'il faut me pendre , qu'on en doive faire autant , dans le^même cas , au comte de la Blache : il est noble, dît-il j et ce n'est pas là son genre de mort. Mais, comme dit fort bien le pauvre Bernadille , lorsqu'il faut payer de sa personne , il importe si peu d'être allongé ou raccourci, que cela ne vaut pas la peine d'en parler.

Venons maintenant à la dénégation que vous faites d'avoir jamais connu les lettres familières avant le procès entamé. Je n'ai pas le temps de faire des phrases. On nous juge après demain. Pressous^-nous donc de prendre les armes : Anoi-

54o LETARTARB

. bal est aux portes de Rome : avançoDS. Et suivaDt toujours ma méthode usitée ; voyons de quoi nou« convenons vous et moi sur cet autie fait imporr tant ; le reste après est peu de cjiose.

Nous convenons , vous et moi y que les lettres existaient avant le procès et lors de la mort de M* Duverney ; puisque la seule proposition que vous puissiez accepter , selon votre lettre du 5i octobre 1770, était celle que je vous avais faîte quelque temps avant^ de remettre chez mon notaire mon titre et lettres à F appui en originauac , pour que vous puissiez les examiner et en prendre connaissance.

Nous convenons encore vous et moi , que dans ma lettre du 3o octobre 1770, à laquelle vous répondiez par celle du 3i ^ je vous avais mandé: je me suis pressé de rem^oyer à mon notaire mes

PAPIERS Qo'iL m'avait RENDUS. Oc CC mOt , UieS

papiers , ne pouvant se rapporter à Tacte seul du i*"^ avril , qui est une pièce unique y mes papiers voulaient donc dire mon titre et les lettres à Vap* pui , en originaux.

Dans ma lettre du 6 novembre , après vou^ avoir parlé de mon titre de créance remis chez M« Mommet , notaire ; je vous dis , dans une phrase que je n'ai pas imprimée, quoique je vous ^ Taye communiquée, et que la minute entière soit au procès ; je vous dis ces mots : soit que vous

y ayiez été ou non , je les retirerai ( ce que Je ne fis pourtant pas. ) Or y les retirer , n'est pas retirer la pièce^ unique qui est mon titre , mais retirer /e titre et les lettres à Pappui.hBs retirer! Voilà ce dont nous convenons encore vous et

moi ; car nous ne pouvons pas faire autrement ; les pièces étant sur le bureau pour nous démentir 9 si nous tergiversons.

Nous sommes d'accord aussi , vous et moi , que le 26 septembre 1771 , vous n'étiez nullement inquiet, comme le dit votre soussigné d'écrivain , dans la consultation de Paris , qi^e j'ai réfutée ; et que vous ne commençâtes pas à cette époque k vouloir tirer des lumières de moi , que vous aviez déjà ; puisque vos lettres et vos visites à M*-* Mommet en 1770 prouvent que vous saviez dès ce temps-là tout ce qu'on prétend que vous vouliez appreiidre à la fin de 177 1.

Maintenant que déniez -vous donc , M. le comte? Car il faut s'entendre ; et puisque je dois toujours être le correcteur des idées de vos avocats f il nous faut donc , à mesure , poser des bases certaines pour nettoyer tout ce qu'ils disent; sans cela nous ne finirons point. Entendez- vous dénier d'être allé , dans le mois de novembre 1770 , chez M« Mommet, examiner Pacte et les lettres ? Entendez-vous dénier d'y avoir mené M. Dupont , M. Ducoin et plusieurs autres per-

•onncs ? rntcrjde7/*yoti5 denier que les lettrci i\i»»aui ilc[)OHÙCB avec Tacte? que ces lettres que j^avais offert , depuis long-temps , de soumettre h votre examen en orif^inaiix ^ soient restées en arrière ^ lorsque j'ai remis Tacte et les pièces à Fappui chez le notaire ?

Mais, premièrement , si javais fait cette grosse et malhonnête lourdcrie , quels cris n'eussîez-r vous pas;dors jettes sur ma mauvaise foi d^annon^ cer des éclairrisscments , des titres, et de Ici soustraire ensuite?

y/' (W. n'cîst pas lama marche, on le sait , et vous n'en avez formé aucune plainte ; au contraire^ c'est diaprés ces premières communications à l'amiable, que vous avez exigé qu^»lles fnsscnc jointes au procès, ce que j'ai fait, et celte preuve* la n^est déjà pas mauvaise.

^*' Dans le mémoire du sage liidaut pour le y ii\ii Beaumarchais aux rer|ijctesde PIIi^>tcl , c«t avocat a imprimé nettement T page 1 1 )cerpii suit:

w Le sieur Duverney est dér:édé sur la fin du w mois de juillet 1770. Au mois d'août suivant , i^ le sieur de Heaumarchjiis écrivit au comte de » la Blachc, et lui fit part des droits qu'il avait à >> répéter sur la succession.

» Le comte de la blache lui répondît qu'il » n'était nullement instruit des affaires qui étaient ïi entre lui et le sieur Duvemcy.

A ti A L É G I O N. 545

» Pour lui donner les instructions néces- M saires , le sieur de Beaumarchais remit k » Me Mommet son notaire , Toriginal de Far- » rêté de compte et plusieurs lettres qui y sont » relatives , et il invita le comte de la Blache » à .voir ces pièces.

» Le comte de la Blache et ses gens-d'afïaires )) se sont transportés chez M« Mommet ; 'ils y ont M vu plusieurs fois le traité du i^ avril 1770 et » les lettres.

n Le sieur de Beaumarchais a fait plus ; il a » engagé M* Mommet de porter ces mêmes » pièces au conseil du comte de la Blache as- » semblé chez M*^ Doutremont , et de proposer » de s'en rapporter à la décision de son conseil » sur les difficultés , si Ton pouvait en élever de » raisonnables.

)) Le comte de la Blache ne lui a fait faire que » des réponses vagues. »

Qu'avez-vous répondu à cette déclaration de mon avocat , qui vous inculpait d'avance , en disant, sans biaiser, que vous aviez vu l'acte et les lettres avant le procès ? Rien , absolument rien , ' véridique plaideur ! Rien dans aucun endroit ; encore un coup , rien ! Et cette autre preuve ue marche pas mal encore.

4°. Lorsque , dans mon mémoire au Conseil , Vai imprimé (page 5j ) , ces mots si énergiques.

Une autre astuce du sieur de Beaumarchais ^ ?stde prétendre que le comte de la Blache aidait vu f avant le procès , des lettres produites à l^ap" 'jui de V écrit ; quand cela serait, il en résulte-- ^ait uniquement qu^il as^ait préparé le commentaire et ^explication de son écrit , aidant même yu^ilfût attaqué.

Soit, monsieur le comte ; et j'aime beaucoup, '^uand cela serait : maiô si je l'avais préparé , lu moins vous l'aviez vu ce commentaire, qui , 3ans son vrai nom , n'est autre chose que ces lettres à V appui. A peine osez-vous les nommer ces lettres , en ayant l'air d'y répondre ! Et quoique le mot Quand cela serait ne -soit pas un aveu parfait ; tout ce qui n'est pas une dénégation absolue de voire part, remplit si parfaitement cet objet, qu'on ne peut s'y méprendre; et quand vous nieriez tout , dans la plus forte acception de ce m-ot ; on sait , et nous savons ^ous et moi que c'est votre seule façon d'acquiescer. C'est le Non des belles , qui veut souvent dire Oui : il n'y a que manière de l'entendre.

Mais comme il ne s'agit pas ici de savoir si ce commentaire était fait alors pour expliquée un ^cle qu'on devait attaquer, ni si les lettres avaient Clé écrites à leur vraie date ; mais seulement de ^ous prouver que vous avez voulu ra^àccuser daus ^otre consultation de Paris , répandue en Pro-

S/jfi LK TARTARE

vciico , fie l'horreur d'avoir fabrique en 1772 ces lettres qtic vous aviez lues en 1770 : je répomb k, Quand cela serait ^ que si cela était/ celui qui aurait fait une telle accusation, aurait accompli la plus déshouoraute infamie ; et qu'il ne l'aurait accomplie que parce qu'il n'aurait pas alors prévu que j'eusse conservé ses lettres et Ici miennes. Or, cet homme affreux, ce calomniateur, encore plus avéré , même après votre réponse , qu'il ne l'était avant, c'est vous M. Falcoz! Ta PS il le vir.

Voyez, Lecteur, le Cfl:///<7r^/ du barreau (}'AiX| s'enloriiller dans son déni ( \Y.\^(i 'jm de la consult* des Six. ) f.e sirar de lleainnarchais ne voulais plus les donner ces éclaircissements ! dit-il.

Non , avocat rusé ! ce n'est pas moi qui les refusais , mais qui me plti^^nais qu'on les refusât de moi ; et ces éclaircissements qu'on refusait de moi, sont ](?s éclaircissements verbaux, et nott ceux par écrit ; on ne voulait pas me rencoiitrer chez le notaire en personne, afin de se donner carrière à l'aise en mon absence , sur Tacie cl sur les lettres qu'on ui'invitait d'y déposer.

Voyez encore , Lecteur , connnent cet écrivain jésuitique s'arranjçe avec sa conscienc(; , enescobardantà i)laisir. Delà il ti est point vrai ^ dit-il ( page *j.:\ à la suite) (jtiavafit le procès \i. Air woM'ui': au comte de lu* IJ lâche les lettres à

Tappui dont il aidait d^ abord parlé. Certainement je ne les lui ai point montrées , car je n'y étais pas. Mais cela n^a pas empêché qu'il ne les y ait vues lui et ses amis en mon absence. C'est par de semblables échappatoires , que cet avocat entend trahir la vérité, sans être taxé de mensonge ! c'est ainsi qu'il aide à ronger les maillons fïu filet dans lequel j'enferme son client, et c^est ainsi qu'il voudrait nous prouver dans toute cette -consultation des Six , çj^une chose peut n^étre pas a)raie , sans pourtant être fausse , et tout le -galimatias que cela entraîne ! Quel triste mértier que celui d'avocat , quand on en abuse k -son escient ! C'est à faire grand'pitié^

Mais pour qu'il ne vous reste pas plus d'es-

-poir sur le fait de ces lettres , M. le comte, que

sur celui du cachet apposé , lesquels faits sont

aussi graves l'un que l'autre ; parce qu'ils sont

:l-un et l'autre les actes les plus lâches dont un

plaideur de mauvaise foi puisse étayer de mau-

-vaises défenses : je vous condamne à déposer

-fincore contre ma soumission et mon dépôt de

cinquante autres millelivres, une pareille somme,

•que vous retirerez avec la mienne , si je ne vous

couvre pas de la confusion que vous méditez, sur

le lergiversement de cet aveu, sous deux mois

-révolus, par l'atlcsiation du notaire, qui vous

' 'montra le 6 novembre 1770 l'acte et les lettres

us

LE TARTARE

à r.ippui EN oniGii^Aux f (lesquels mots , en ortP ginauXf vous avez tremblé de transcrire , etn'a^i ▼ez pas transcrits clans lY*noncé qiie vous faiuf i âu mémoire ^ de votre propre lettre déposée ai procès ; ) et si je n'appuie pas l'attestation duM^ taire ^ par celle des personnes même qui lesycMli vues avec vous. Osez déposer , insidieux adfc^; «aire , osez déposer ! Osez seulement en fiiire votre scminission iri : car c'est votre honte que jl veux consc'nimer, beaucoup plus que je ne vem éptiiser votre bourse : osez donc mettre votre r soumission chez le notaire auprès de la mienne; |3 et toujours avec la condition que mes cinquantBl mille livres vous appartiendront , si je manque! ma preuve oflcrte , et que les vôtres seront pour les [)auvres de cette ville , si je vous force, par ma ])reuve , k les abandonner!

Voilà ce que j'avais à dire aussi sur ces lettreif quf^ vous n^avhz pas vues ; mais sur lesqueUéf^ pourtant voiis aviez toujours pardé le silencei malgré les provocations redoublées de mon avocat et les miennes , Jusqu^h ce qii'enfin pris, culé , bien enlacé par ma réponse ingénue^ 90t\ cet article si déshonorant, voiis nous offrez toute réponse : Et quand cela serait !

En vain soutenez-vous encore par la plume votre avocat ( page 22 de la constdiatiou ) (piéA fui dit avoir aussi coMMtîNiQté les lettres donn

ait donner copie le a6 juin dernier ; s'il 't fait y aJQu^e^-vous , on lesaurait discutées f

r £N AURAIT PRIS^ COMME DES AUTRES , DE9

S FicujaÉES. Communiquer , ô avocat ! c'est c au sac. J'ai soutenu seqlement que le comte Blache les avait toutes vues chez mon \\(y* eu 1770 : car mon argument n'est fort et Tant que parce qu'il prouve qu^il les avait avalât Ije procès ^ et non qu'elles avaient été luniquees pendant le procès* .

lis pendant que je réponds ; en feuilletant inoLoire pour ou par le comte de la Blache ^ uve ( page 5 au bas ) sou désaveu formel , ir J£^piai^ vu chez le sieur Mommet^ notaire^ chose que le prétendu titre* Tant mieux ait plus osé par sa plume que par celle de vain des Six ; cela ne change rien à tout ce 'ai dit , et ne m'en donne que plus de joie ^ soumission d'argent à laquelle je le con-

le.

lis pendant que je réponds encore , arrive [u'un chez moi, qui prétend que ces lettres^ on confient ai^oir pris des copies figurées , l'on montre à tout le nopnde , sont revêtues attestation de M» Gaillard , avocat , disant les sont parfaitement conformes aux origi" c , pcfur les avoir fait copier lui-^méme , lors-^ I hs q eue^ eri sa p\iissçinçe*

» un autre et le considère , parce qu'il lui prête I) ea plusieurs fois près d'un million sans sû- » relés. >i

Eh bien ! on ne peut rien avancer de si absurde 9 que le comte de la Blache ne s'en empare à Tinstant. Voyez comme il a saisi notre idée (page 34) : sans être V ami intime de quel-qu^un, on lui prête tous les jours a\^ec hypothèque et'prii^ilége sur un office ou sur d'autres effets...* près i'un million sans sûreté , devait-il ajouter, pour rendre la réponse complettement ridicule !

(Page 48 ). Le consultant nous dît : Sur V achat

d^une maison à Rii^arennes Lé sieur Duver--

ney y qui n^ aurait pas manqué de répondre sur

un objet de cette importance , n^en dit absolu-^

ment rien. Souvenez-vous toujours , Lecteur ,

que cela veut dire: M. Duverney en parle J)eau-

côùp : voyez sa réponse à ma lettre précédente

du 22 septembre 1769 , où cet objet est traité en

détail. Ici je lui annonçais seulement que tout

était rompu , qu'il ne fallait plus y penser ; ma

lettre était une réplique à sa réponse. On ne peut

Se lasser d'admirer le bon sens ou la bonne foi

de tous ces écrivains !

( Page 49 )• Cet article des bois est déjà nettoyé , vous saurez de combien vous m^êtes redevable sur cette partie. Phrase de ma lettre du 8 octobre , dont l'avocat abuse à son escient.

LE TARTARE

Voyez- le s'échauffer la tête et sijer de Fencrc, à trouver une contradiction entre cette phraie et celle-ci de ma lettre du 9 janvier suivant: A cet article des bois près , nous sommes âHaCr cord sur tout le reste. Mais le sage magistrat qui y sur votre citation , lit mes deux lettres ^ voit que dans la première il s'agit de calcub de fouds avancés , et que dans la seconde il ett question de savoir à qui de nous deux restera Tentreprise des bois , ce qui n'est point cyotrar dictoire. Or^ si le lecteur veut s'amuser lui-ménw à la vérification de ce fait : après avoir relu la citation qui appartient à ma lettre du 8 obtobrej jjôg : ci-foint la copie eaoacte de l' im^entaift général de nos mises de fonds pour les bois* Cet article est déjà nettoyé , et "vous saurez ile combien "vous m^étes redei^able sur cette partie: 11 peut remonter à la page 62 du mémoire par ou pour le comte de la Blache , où ma lettre du 9 janvier 1770 est rapportée en entier; il y verra ces mots : f^ous m'aidez prié de réjtéchit sur votre proposition , je Vaifait;faime mieux que vous oyiez tout r intérêt ( des bpis ) à "vous | seul , {jfue de le prendre moi. Je ne puis mettre le bien de ma femme dans mes affaires ^ et je n'ai plus d^ argent y s' il faut des fonds. A cetoF' ticle des bois près , nous sommes d'accord Slff hout le reste.

El lorsqu'après une aussi yicieuse objection , :et avocat finit sa tirade en fesant le bon^homme^ 3n jonant de l'indigné , par cette conclusion : la ^raude ne se décèle^t-elle pas par de pareilles 'contradictions ? N'ai-je pas bien droit de lui rétorquer son argument y en lui disant à mon tour : ^nsi la mauvaise foi se décèle toujours par de temblables citations !

Si je n'emploie pas exactement sa phrase en lui répondant ; c'est que Je n'aime pas ce choc raboteux do syllabes ^ décèle-t-elle pas par de fan.... Mais , comme je l'ai déjà dit dans je ne tais quelle de mes réponses ; s^il est toléré de 1nal écrire y 6 ai^ocat ! il est ordonné de citer juste , 6 honnête homme I Et j'ose bien assurer que si vous aviez un père qui eût lu votre consultation, il se serait bien gardé de s'écrier dans «a joie, comme le juste Siméon : nunc dimittis seri^um tuum Domine , ou bien ce père-là ne Serait pas difficile en consultations. Mais je perds du temps , et je n'en ai pas assez pour finir moa ouvrage. Avançons. ' ^

Le seigneur ON avait imprimé que jamais M. Duverney ne m'avait écrit un seul mot d'à-* initié. Je cite en réponse un billet de lui , portant ces mois : Votre santé m'inquiète , Monsieur ^ faites m'en donner des nouf^elles tous les fours , jusqu'à ce que je puisse "vous voir ; ce

mi LETARTARE

çue je désire ardemment. Que réplique k cda le candide avocat ? Point de date ( dit-il ) en sorte que le sieur de Beaumarchais a pu appU^ quer au i5 juin , ce qui AVh ait pu lui être écrit dans un autre temps , etc.

aurait pu fa pu ap Quand on est forcé de

déraisonner ^ ô comme on écrit mal I L'attentîoa qu'on donnerait à son style ^ il faut la porter toute entière k son plan ; et Ton devient si gauche! EL ! qu'importe , avocat ^ qu'il ait écrit le lo ou le i5y eu janvier ou septembre un pareil billet? en est-il moins un billet amical ? Et pouvais-je mieux relever^ que par ce billet , le reproche de n'avoir jamais reçu de mon ami, un seul mot d'amitié ? M. le comte de la Blaclie^ vous êtes bien contagieux ! En honneur vous empestez et bêtifiez tout ce qui totirne en votre sphère !

En voyant les efforts que fait l'avocat Légion ( pages 54 et 55 )^ pour elfleurer le billet que j'ai || décrit ( page 225 et suivantes dans ma réponse ingénue ); les magistrats , qui ont la pièce originale 80118 les yeux , doivent un peu. sourire , et prendre un tel orateur en grand'pitié , tant sur la forme qu'il attribue au billet, que sur l'impossibilité des cachets et des plis du papier !

Réellemeut ce n'est pas pour nos juges que ce» messieurs écrivent: ils ne peuvent plus se flatter de leur en imposer. Les pièces qu'ils attaquent

sont sous leurs yeux ; et je suis là pour balayer les faux indices. Mais ces avocats écrivent pour la bonne compagnie du cours et de la ville , que l'auguste circonspection des magistrats tient dans l'incertitude. En attendant Tarrêt, ces avocats endorment leur client, par^Fespoir qu'on croira sur le cours qu'ils ont biea répondu, iîoj^ez rm/zquiUe , M. le comte , lui disent-^ils respectueusement, c^est un chien qui aboie à la lune. Et le client furieux , que ces propos ne réjouissent pas , leur répond : Oui y mais en attendant ^ c^est un chien enragé qui me mord les deux jambes. S'il avait dit , qui me coi^e hardiment , l'image eût ^ été plus correcte. Mais ils se trompent tous à mon ■ égard : je ne suis ni chien , ni enragé ; je ne mords les jambes , ni ne saute à la face : je suis un malheureux plaideur , bien tourmenté , bien vexé , qui n'a provoqué personne , et qui n'écrit .jamais qu'en répondant. Eh ! laissez-moi tranquille , et je ne dirai mot. Mon emblème est un tambour , qui ne fait du bruit que quand on bat

dessus.

( Page 56. ) Cette lettre poYte ( dit l'écrivain) on ne sait pourquoi trois cachets. Ne serait-ce qijCau troisième y que le sieur de Beaumarchais serait "venu à bout de la faire quadrer a son dessein ?

Et vous aussi , Martin ! vous voulez badiner !

3G8 LETARTARÊ

Mais y Martin ! tous avez les pieds trop lourds | et vous dansez de mauvaise grâce ! En attendanti sachez » M« Martin ^ que la lettre dont vous par^ lez 9 bien examinée par les magistrats ^ est reconnue ne porter que deux cachets , comme je croii Favoir déjà dit plus haut. J^écris si vite^ et rimprimeur m^enlève si promptcment les moreeaox pour les enfourner tout chauds , qu'il ne m^est pas possible de savoir si j^ai parlé de cette lettre ou non : mais en pareil c;is , la redite est un petit mal. Eh ! pussè-je nY>n avoir pas de plus grave à reprocher à mes adversaires !

( Page 58. ) Voyez- vous, lecteur ^ ces grosses lettres capitales qu'il emploie en style d'écritesu^ pour rappeler que j'ai dit que M. Duvcmey déguisait son style et sa main ^ quand il écriyaic mystérieusement ; comme si cela m^était échappé bien imprudemment, ou que j'eusse voulu m^ ménager un grand échappatoire, en disant qu'il déguisait i'a main. A cela, voici ma réponse*

Tel billet de M. Duvcmey est supposé par eux n%* tre pas de sa main. U'el autre n'est que* relié par eux que sur la supposition d'un anacliro^ nisme. On rapproche les deux billets , on lei trouve écrits de la mr^me main. On fait cette épreuve sur tous les billets, Tun après l'autre ^ on voit la fourberie , et Ton sait par cœur le comte de la Blache. Entendez- vous , Messieurs;

m^ ré(>t)ft§€i? Il Qi'ïétftit pas bjîsfthj 4? Tov^wRtii??, ea légion pQurfeiw d« p^teUl^.t^sogivç; et.vp|rç

homme SLhmi}.vm^'^tle>M^t[^^^W^^^ tout le conseil des rats ; je.<^ Roi^. pas qu'attctjiiil! d'eux m'ait ^ncoi*e. â^t|açhéJi?;:gp§k)U 3ieû e^vil Tïaî qu'à MOUS ôept, yqus iîsQ^r««uiï\e frappcfr . fi^u, gliâve^d/e 1* patiGife» M^îriout^^peppié^^ij^c^^^

1a Jftugué , il ^e tPOMvp-quHl *V a ^e klp^,^^ XtareiHe tie vos a\idUeuta« j :. : i^i. ;..;

PiOKirquc ue pae laisser au <l9m|eiiPal^€« W, Soin importanjtde m'iujui^eo^^^tid^p^e cç^lgfHûjlQrïj Il s'en acquitte si bien l Pi^if;jsitôtgu'îopa|Saif, qwfîl S . est ^ cbacuh se .retiirè ,,: e^ (disgi^ ^ tant qfi.^A^ i^Ous plaira , M. Jct^se ! £n eDSot^ il ^&i bieq Jç^ Ibaitpe ! Mais ^ous ! vous y. M^s6J:eiar8 \

Laissons cela.. J'ai trop à m^ l^uef du barreau 4e cette ville ^ et j'y ai reçu .deS: .témpign^ge^^^o^ feèle trop obligeant de tous iea juriscoQSuli/QS;^ ^our que je garde un peu de resseatitoent cofitçe quelques-uns d'entre eux. Eu écrivant ainsi , yqv^ be m'avez fait aucun mal $ vqu6, n'aviez troonpé f)ersonne , et vous avez bercé votre cUefibt. Vou§ avez senti que toutes vos petites ruses de paiais seraient vêtement relevée», isi j!^yais le temps de prendre la plume , et vou6 vous y êtes liv^é^ lans scrupule : aussi votre ouvrage^ Êiità la bàt€.j un peu verbeux et :Sianfi£spvit CQiqimeJeâ mî^^ii

Mémoires. IL ^4

Syo L E T A R T A H E

e^t-il par fois jésuitique ^ obscur, louche i et frîsaiu la rtise Blachoise eu quelques endroits: Aiais tnali^ré cela , chacun ilira toujours que c'est litt' ôJivragc excellent.

'* Quand je dis excellent! c'est-lKlire, une œuvre peu honnête > encore moins rcilochie ^ d'un style ^èc et lourd , et qui , s'il ne satisfait pas les gens de' Ibiy ne plaira^ pas daTûntagê aux çfitts de goût* Mais qu'est-ce que le goût, Messieurs, àlcbica prendre ? Un examen difficile, un jugement pur, exact et délicat des nicnies objets dont le commun des lecteurs jouit bonnement et sans réilcxion* ilMfaiA quand la critirpjc austère est partqut substi- Mée au plaisir innocent ; riionneur de ne se pkire à rien, finit souvent par tenir lieu ;uix gens de goût du bonheur qu'ils avaient de se plaire à tout , quand ils étaient moins difficiles. Faible, dédommagement des jouissanc^es qu'un trop rigou' reux examen nous fait perdre ! Faisons donc quelque effort pour trouver cet onvragc excellent I ils ont eu tant de mal h le faire ! etceb est bien naturel , ils n'élaient que sept k le composer !

A rinsiant où \b finis ce mémoire, ce samedi au soir i8 juillet 1778 , je reçois , par huissier, la signiQcation in extremis dii Y txs^w du comte de la lUachc ; que M«-' Bîdaut avait confié mes lettres familières à M« Gaillard ; aveu qui corn*

plette enfin ma preuve , que Tapposition du cachet sur le mot Beaumarchais , et tout ce que j^ai reproché ( page 276 et suivantes de la Réponse ingénue ) à l'adversaire , est arrivé , comme je l'ai dit 9 pendant cette communication à l'anfiiable.

Voici ce que porte le certificat de feu iVt'Caillard.

• « Je soussigné avocat au Parlement, certifie » que )'ai fait figurer sous mes yeux les copies » du biUet ci-dessujs ( c^est celui du 5 avril) et » de la lettre écrite sur le recto de Taui^ part, » sur l'original qui m^a été communiqué par feu )) Me Bidaut mon confrèrç y lors des plaidoiries M de la cause, entre le comte de la Blaçhe et » M. de Beaumarchais aux requêtes de Vïïôtel , )) après que M^ Bidaut , assisté de M. de Beau-

» marchais , eut fait valoir lesdits billets et lettres

» à l'appui de Tacte , dont il demandaitj'exécu- » tion. A Paris, le 16 mai 1776. Signé CiihLA:r\.D^

Mais, quel peut cire le motif d'un pareil aveu du comte de la Blache , sâgnifié par huissier , au dernier moment du procès , après avQ.ir enîjpjlçyé, dans la consultation des Çix, les pages /\i ,42 et 43 •, à tourner péniblement autour de la difficulté , sans rien dire ; au lieu de la résoudre brusquement par le certificat de Gaillard ?

Quand J'ai levé la grande question du cachet apposé,. dans ma réponse ingénue ; quand j'ai

dit que M^ Bidant avait communiqué les lettres à Tamiable li M« Gaillard pendant les plaidoiries des requêtes de THôtcl , quoique je m'y fasse opposé dans le temps ; quand j'ai dit que ce fat moi-même qui les remis à M« Gaillard ; alors j'ignorais ce que je viens d'apprendre ; c^ést^à-dirc que M« Gaillard est convenu de ce fait, enccrtiGant par écrit les copies figurées des lettres I Donc je disais vrai, toujours vrai, dans mon mémoire : donc ce point est fort clair aujourdliui.

Mais pourquoi cette signification ? J'en suis encore a chercher , k deviner»... Pour de la bonne

foi Oh , non, ce n'en est point ! Après avoir

tint répondu sans dire un seul mot de ce fait I Et puis nous connaissons la bonne foi du pèlerin. G'est donc autre chose.

Aurait-il appris , par quelque ruse, autour de mon imprimeur , ^e que j'ai dit plus haut de l'avis qui m'a été donné hier au soir; qu'on atait vu sur les copies figurées de mes lettres qu^il montre, un certificat de Gaillard, lequel pourrait bien prouver le fait avancé par moi dan« ma réponse ingénue; ( que Gaillard avait eu les lettres cl le titre en sa puissance pendant cîdq jours ? )

A-t-il voulu prévenir la publicité de cetterépliquc , et prélend-il énerver, par sort aveu si tardif de ce soir , tous les reproches qtie je ne

A L A L É G I O N. Syî

cesse encore de lui faire > ea y traiumt de nouveau la matière à fond ?

AHrait-il voulu &ire entendre aux magistrats » ' d£»is Tins truc tion du procès, que ces lettres n'ont é(é communiquées à Me Gaillard qu'après la scène de l'audience ^ où j'ai dit que Junquière les avait confondus ?

Cela pourrait bien être ; et comme c'est ce qu'il y a de plus faux ^ de plus insidieux à dire ; , je me tiens à cette idée , comme la pli^ proba^ bleraent adoptée par lui. Ilfaut donc la combattre^ et balayer cette poussière , exorciser ce nouveau fantôme 9 qui voudrait obscurcir la plus claire de mes preuves. \

Ce moment est suprême ; renonçons à l'élé- . gance , et que la clarté nous tienne lieu de tout*

Pourquoi M< Caillard désira-t-il une communication amicale de nos lettres pendant les plaidoiries ? C'est que le comte de la Blache , ayant vu ces lettres avant le procès ; ( circonstance qui me détermina , malgré l'avis de mes conseils, à les montrer à l'audience, dans les plaidoyers de M" Bidaut , pour qu'on ne me reprochât pas de refuser en public ce que je montrais en particulier. ) M« Caillard qui ne devait parler que le second, puisque j'étais demandeur, voulut , avant de répondre a M* Bidaut , connaître à fond ces lettres , pour les discuter à l'audience^

Il nous pria donc de les lui confier ; ce cfne nous fîmes. Après laquelle confiance Tint enfin le plaidoyer de Gaillard ei son imputation d'un cachet appose par moi , sur ce mot prétendu écrit par M. Dnverney : plaidoyer qui fut coupé par ma protestation , par la déclaration de M« de Junquicre , et par sa preuve qui couvrit de confusion et ^avocat et Je client. /

Donc c'est avant la scène de raudicnce , que la communication amicale du titre et des lettres fut faite à M^ Gaillard , et non pas depuis. A quelle fin en elïct Taurait-iJ désirée après ses plaidoyers, s'il l'eût négligée avant de porterla parole ? Donc, en ajoutant celte conviction à j toutes mes précédentes preuves, on s'assure de plus en plus que c'est pendant cette communication, que la friponnerie avérée du cachet apposé , du mot déchiré, de la roussissure et des taches d'cnrre, fut consommée : donc l'impulation qui m'en fut faite à l'audience , et dans le premier mémoire de Gaillard , est-ce qu'il y a jamais cù de plus lâche ci de ph>s odietfx.

VJn autre fait aussi étrange, c'est de voir le comte de la Blachc souirnir aujourd'hui que je suis loïijours resté sans réponse aux reproches que me fit ce même Gaillard dans ses plaidoyers et mémoires aux requêtes de l'Hôtel, sur une jprétêndue surcharge qui, dit-il; existait dès-lors

A L A L É G I O M. Sj5

•tir toute l'écriture du billet portant : 'voilà notiv

compte Signe.- -• .. •

A cela ^ J voici ma réponse , et je prie les Jïia-* gistrats devouloir bien Ja peser jusqu'au scnipulew

Si je n'avais pas alors réppndju à ce reproclie d'une surcharge entière 'd'écritiire>-. fait, dit-on*! par Gaillard, il en faudraitconclure qu'après avoir bien avéré dans le temps que 1^ friponnerie dii cachet apposé ^ du mot Beaumarcha/s déchiré ^ de Ja roussissure du papier et des pâtés d'encre^ était à mes ennemis ; je me serais cru en droit tdc m'élcver au dessus de la- défense d'une inipiutation de surcharge , dont, tout l'artifice eut jété prouvé leur prjopre ouvrage. . •/;

Mais il n'est pas vrai que Gaillard ait jamw| reproché de surcharge entière, ar.ee billet ^.^^âbip aucun endroit de ses plaidoyers , ni de ses iné^

moires* ;"r. .?::î .• \ï-'-\rr»

Gaillard a dit : les mots nH>ilà notre .c0mpi^ signé sont à la fin du billet , on aura bieh p.u les y ajouter. La réponse a.cela*érait : si on a bien pu les y ajouter., on a bien pù.aussi ne les;f)ioiat ajouter ; c'était se battre ;alcxi s pour la cjiappeii l'évêque ; je n'ai donc pas cru:. devoir y iperdl'fi mon temps. ' . j .; ..••I

Gaillard disait : les vaii\s\f Moilë notre ofmfpte signé sont d'une écriture diiférehte ; o^lq v<»t à travers le papier. Ici la réppnse:ctiiit li^iuacrî^f

?l7rt tu ï 1 It T A II K

ves^^ôuf c^n tuux : cm fut uîUc amii <(iie je m ceHi»ai li'y l'aire eu loun meii écriut*

CJÂiUaitl i\i$iA% : Qu a votikt£iiirti cbi mot jiîMliy celui do vttuctredi ; il y a un traift iur k preuûtm Icaro du mot , qui pifouve qu'on la e«iaryc# Cail' lafrd «JMuit uuo Uùtino ; car pautt|uoft surciiargcr la clans <le M. Duvera^y ^ {luur la iairo qualifier b la mienne ; quaiul il m'était ni t'arûlc ila faire €[ua<irer fiu date; k k «ienu<5 ^ si i'aiipliqumd aprèi iroiip uu biltet huv le «ieri V On nu paa cru ilevair yé{>oudru k cette b&tium de Caiilattl«

C>aillard diti»it : voua avex lait un 5 du C cl« TOire date , \)ouv la faire quadrer au moi jeudi de M. Duveruey. *^ Donc , M* Caillard , mjVî pu «urcharger ù mou ^vé ma date au bilict af^ {>Uqu4$ ; Hi eu eilîil je l'ai surcbarf^ée , je n'ai (^ai eu ))<»^>in <le i<MM:l4et à celle de M, UuYeniey i aussi i^roHsièrefneiit Hurtoui r|iie voim ditest que ia ];H*ciuiôre leltn: «Ht ffiircliarf^ée. IVliii vutii» impose/, M* Caiilard > . sur ToUe expteàstoti* Le petit irait qui se trouve «ur la première lettre du f%ot jfiUéli f ii-e$t |xis une MUTliargi* ; c*e<l tout plaienH'Kil une lettre ^ et eeitc kHtre est uae M^ ot.nori fKxa uu V ; ce qui , hi(*ti vérifié, l'é* loi(;ne telieuieni du la<:lie hyMèuu; que tous me suyjposi'z , qti Vu* lic:u d'avoir i^Aayé de laire du mot jetait rebii de verulrerli , pour qu'il ni*. ra|>« poi'Càt a uuo iauMe «kil» du il avril ; il s crisui«

ivniit que je n^aurais surchargé lé màtjduéîy que poitr m^éloîgner encore pki$ de ce 6 aTril ; car âme M en siorchargie ne pourrait présenter qae l^inteotiou de mettre Mardi ou Mercredi , dont Fun étadt:le;S^ et Fautre le 4 avril. Donc -atXkeM y et-Bon pas ce Vy ne pouvait être de mot : donc cette lettre fut tout naturellement de M. Duverney , ou bien elle est germaine de iontes les infcinttes qui furent faites sur ce billet k«s de la comnbimiK^atioa à Famîable^ à caBse de ces mois, ^voilà notre compte signé ^ qui fesaît tant, mal au cœur de Tadversaire.

Voilà pourquoi je crus alors, qu'au lieu de rer Jever cliâque insigne hêtise de CaiUard sur ce billet y il valait mieux comper d'un sev^ codip toutes les têtes de Fhydre , en prouvant bien la friponnerie du cachet apposé , du mot déchiré , •de la roussissure imprimée au papier , et des taches d'encre par-ci ^par-là , sur les premiers mots ; et c'est ce que j'ai fait.

Mai» comme on n'avait jamais parlé jusqu'à {»tésent d'une surcharge entière , ou d'un trait passé sur toute l'écriture du billet ; je n'ai pas pu hi prévoir , et n'ai pas du répondre d'avauce à l'imputation d'une odieuse lâcheté qui ne rai'était pas encore administrée.

Cependant le comte de la Blache assure aujiouDd'hmi ^ue l'ancien CaHlard m'en fit le ret-

578 LETARTARE

'proche : mais si le Gaillard des requêtes en eût écrit un seul mot , je lui aurais répondu qu'il -mentait, et je le lui aurais prouvé ; ou bienjd lui aurais appris que c'était un motif de plus pour s'inscrire en faux contre le billet ^ s'il osait ; parce qu'il n!y a pas de faux plus visible qu'une surcharge eniicre sur le trait d^ecriture d'une lettre attaquée.

Mais comme je ne puis aller repêcher dans Is temps et dans l'espace, le vain bruit é^avé des prétendues paroles de Gaillard ; il faut donc que je m'en tienne a ce qu'il a fixé par écrit. Or, il a si peu parlé de ce irait passé sur récriture p que pendant que le comte de la Blachc assure que je suis resté, aux requêtes de l'Hôtel, sans réponse a son reproche de surcliarge ; son Gaillard .cVAix lui donne aujourd'hui le j)]us furieux démenti sur le prétendu reproche de l'autre Gaillard , en imprimant ( page 4^ de la consultation des Six) ce paragraphe remarquable : i^.UinS" cription en faux ne serait plus possible » attendu la surchai^e visible d^ encre faite surtout le corp$ du billet; surcharge qui n'kxistait pas aux re- QuitTES DE i/HÔTEL , et qui empêcherait aujour* d^hui toute vérification.

Surcharge qui n^ existait pas aux requêtes de t Hôtel! Voila le mot de la question. Maintenant lequel a menti de l'avocat ou du client ?;Y avaitril

une surcharge , ou n'y en avait-il pas ? Ai-je dû répondre au Gaillard de Paris , qui ne me Fa jamais reprochée? Dois-je opposer le Gaillard d'Aix , qtii soutient qu^elle n'existait pas alors ^ au seigneur ON , qui dit qu'elle existait et qu'on me l'a reprochée dans ce temps-là, quoique cela soit faux ?

Que dois-je faire , surtout , lorsque dans l'instant même où j'écris , excepté quelques pâtés d'encre informes , le trait de tout le billet est dans sa pureté ? quand il est prouvé qu'une surcharge entière serait un motif de plus , et non un motif de moins, pour s'inscrire en faux, si l'on osait le faire ; quand j'ai bien prouvé que tout le déshonneur qu'on a voulu verser sur ce billet , appartient à mes ennemis ; enfin, quand il est évident que je n'ai pas cessé de dire , que je n'entendais ajouter aucune valeur a l'acte du i«' avril, par la représentation dé toutes ces lettres qui lui sont inutiles?

O perfide et méchant adversaire ! quelle peine TOUS me donnez pour démasquer toutes vos fourberies , à mesure que je les apprends ! Mais vous ne me lasserez pas. Je vous confondrai sur tous les points. Vous avez beau ruser, tout embrouiller pour induire en erreur , vous refidre contradictoire avec votre ancien avocat , avec vos nouveaux défenseurs , avec vous-même ; v^s avez;

580 L£TARTAR£

beau touîoiirsfâiiguer Tattentioades magistratspir des circoostantes Taines y insidieuses eu Êiusaei: ou je l'ignorerai y ou je ne cesserai de balayer T08 calonuieSy coonrno le vent du nord balaye h poussière et les feuilles desséchées.

Je ne puis trop répéter , Lecteur , ce que j'ai dit plus haut^ sur le silence que j'oppose à une foule d'împirtalions aussi malhonnêtes que sans preuves. Elles ont toutes été répondues dans mes autres écrits , et surtout dans mon mémoire au conseil , où je n'ai rien laissé à désirer sur la teneur , la formation , les motifs et le véritable esprit de Tacte du i*'" avril 1770.

Eu ramenant toujours les mêmes objections vingt fois réfutées, ceci devient une guerre interminable , où Ton peut écrire et disputer cent aixs , comme en théologie , sans avancer d^un pas et sans s'arrêter sur rien.

Quant aux voix qui devaient s'élever de toutes parts en ma faveur ; que le comte de la Blacbe ne s'en inquiète pas pour moi ! IN 'ayant à Ssm > juger en Provence qu'une question de droit ; j'ai rei'usé toute offre, tout appui qui s'écartait de mon afiaire ; et vous savez bien que je ne pouvais pas cumuler des moyens d'action criminelle dans une simple instance au civil. Mais je promets à mon ennemi ^ qu'il ne perdra rien pour

A LA L É G I ÔîT; SSf»

attenclre^ et qu'il les entendra ces TÔix^ quand il en sera tetupi^ ^ si le cas y échéâil^ ■■ Je n'aurais "pus toême ajouté \m seul mot li la coiisultatioQ soMe et froide que j'avais fait fafîre à Paris , et je me serais bien gardé de joindre des lettres inutiteé à des lettres inutiles ^ an moins daHS Ife procès àcttiëî> m je n'avàié été tiolemmeftt provoqué par les injurieux prôptoS :d€ mon ad'V^i^saire à Aix /et par la nouvdie iBOndâti<îyn de ^Soussignée de Paris , intitulée ridiculement^ ^ Consultation pour M. tel y contre le sieur télé' • Maintenant, qui pense»- vous qu-6ti bayera , Alessieurs , ou fôoi qui n'avance que des fkita :.dont j*ai la preuve et la conviction parfaire , ouvrons qui diffamez y en parlant de ce que vous ignorez ; en alléguant dès faits dont vous savez la fausseté ? Quel est le plus digne , à votre avis , du feu , de celui qui se ment \\ soi-même > pour dépouiller, pour opprimer , pour perdre un ad- Tersaire ; ou de celui qui repousse avec force «t sans ménagement-, l'ennemi qui Fattaque sans pudeur ?

Et quand un homme eist assez insensé pour s'exposer , par des horreurs bien prouvées , aux reproches les plus graves dont on puisse le couvrir ; comment ose-t*il se plaindre ^près-cpup 4'un mal, dont il lui fat si aisiéd^ise gattntir?

J'ai trouvé partout 1q mol fripon dans vos

582 li E. T A R T A R E

écrits ; je T^i loU daivs la balance ^ et j'ai re-* connu qu'iJ pelait cent livres. Opposant pour contre-poids ^ celui de calomniataur dans les iniens ; j'ai trouvé qu'il uYhi p^s^it que dix* U n'y a point de parité ^ me 6uis-je dit. Aussitôt |. changeant d'instrument 9 j'ai fait glisser le poids léger de calomnie hlm bout d'un levier, composé^ comme je l'ai dit^ des circonstances trèa-aggiravantes y et j'ai gagné Téquilibre des cent Uvress <;'est le secret dé la romaine, et voilà toute notre histoire^

Maintenant donc y Messieurs , pourquoi &udrait-il nous brûler? On voithieu dans vosécritfi de la cruauté , des platitudes et de la mauvaise foi. Dans les miens, on y voit de la bonne loi, de la colère et quelques platitudes.

Mai.s après tout ; il faut pouituiit conclure QuVntre Messieurs Siméori , père et fils , Gassier, Darlct, Desorgues, Portalis, Fûlcoz et luoi , tous/es e tirs d'écriture, Aucun de iipua neift sorcier, je vous jure»

MATHIEU, Procureur.

Monsieur le Conseiller DE SAINT-MARC, Rapporteur,

ALALÉGION. 385

Ci-joiNT LÀ DÉctARATioif DV DÉPÔT quc î^ai fait chez le notaire , de ma sbumissioa de cia-

quante mille livres.

Je soussigné Pierre Boy er^ conseiller du roi, notaire à Aix en Provence , déclare que M* dé Beaumarchais rn^a remis cejourd^hui sa soumisèion y telle qu^elle est insérée mot à mot dans son Mémoire imprmé, intitulé : Le Tartare a LA Légion , p. i5 dudit Mémoire ; duquel Mémoire il m^a remis un exemplaire signé de lui. Paît à Aix le dix-neuf juillet. mil sept cent; soixante-dix^huit.

P OS T-SCRI PTU M.

Ce mémoire était tout imprimé , lorsque \e comte de la Blache vient de me faire signifier une lettre de son ami Dupont , arrivée, dit-il^ de Béam , où le comte de la Blache ignorait qù^ît fût ( dit-il encore. ) Je cherche en vain ce que Teut dire cette nouvelle communication qu'il me fiait faire ; h quoi cela répond-il ? Cui bono ? Cela lui vient à point , comme sa lettre de Grenoble a son ami Goëzman.

Vous jugeîibien d'abord. Lecteur , que puisque

584 LETARTAKË

le comte la Blache assure dans sou commentaire sur celte lettre produite, que je* n^ aidais encore jccmais parlé du sieur IJupont dans mes défenses; Dû peut en conclure hardimeht , que j'avais déjà[ parle du sieur Dupont dans mes défenses ; car le comte de la Blache est toujours Cdcle à son principe*

ï!n effet , dans mon mémoire au conseil , jV vais dit (page Sa) : 7e prouverai comment et par qui le sieur Dupont , qui ^ d^ emplois en emplois y était devenu son premier secréùairei^A M. Duvemey) qui avait mérité d^ être son ami, et qui est aujourd'hui son successeur dans l^ifi' tendance de V écoles-militaire , a été lui-même éloigné de ce ^vieillard sur la fin de sa vie ; parce que le sacJuint nomme son exécuteur testamentaire , on avait le projet de faire faire ^ au vieillard un autre testament et d'obtenir un autre exécuteur.

Si j'ai parlé alors en bons termes du -sieur Du* * pont : si y en 1778, j'en ai dit du bien j quoi^e je sache qu'il est du nombre de mes ennemis : A^ même aujourd'hui qu^il se prête à un petit dénii grement , je persiste à penser de kdce bien que )'en ai dit; c'est qu'il est uu de ces hommes dook j'ai toujours aimié les travaux et le caractère, et qu'il est impossible qu'il n'ait pas un vrai mériie^ quaod de simple commis qu'il était, il a pu s'éle^

rer à la diguité die conseiller d'état. Et Ton ^eut bien que je dis ici tout ce qiie je pense.

C'était en 1774? Lecteur, que j^écrivais ce trait sur Le sieur Dupont , dont je n^ai jamais oarlé ( dit-ou ) dcuis mes défenses ; et c'est en 1778 que j'en ai fait la preuve : et ma preuve a été de mgntrcr , par cette phrase du sieur Dupoot, écrite en 1770 : je connais tout le mal qu^on a voulu me faire ; et cette autre de la même date : jfe connais assez les affaires qu'il vous laisse à démêler as^ec son héritier , pour que je nW veuille pas jouer un rôle : i* que le comte de la Blaclie avait écarté Dupont, son ami y de M.Du- «Eerney dans les derniers temps de sa vie , pour Itre seul maître du champ de hutaille : 2° pour oiontrer dans quelles dispositions atroces était iéjà cet héritier {q{\\ ne veut |)as qu'on le nomme héritier) avant qu'il eût Tair de connaître mes prétentions sur une portioacule de son héritage : sans que j'aye entendu, pour cela m'étayer de l'opinion actuelle du sieur Dupont, qui m'est ^ussi indifférente qu'elle m'est connue , et qu'elle est étrangère à ma cause.

En lisant cette phrase de ma réponse ingénue : (page 72) on voit par ces ai^eux d^un homme honnête , et qui juf^eait froidement alors , dans quelles dispositions était ce vindicatif héritier , etc. Ton peut juger, dis-je, que je sais

Mémoires. II* ^5

Sm L E T A R T A n E

ibrt bien que le sieur Dupont est dereiiu Taiai du comte de la Bfache ; parce que Tinterét qai divine les hommes , est aussi ce qui les réunit.

D après tout ce nouveau train de mon adrer^ saire , je prie le lecteur d'avoir la patience de relire les pages 26y ^ 26S , 2G9 et ajo dans nu Réponse ingénue ; il se eonvaincra que je n'ai dit, ni voulu prouver autre chose en cet endroit , sinon le bon caractère , les précautions ^ les iatentions et les ruses du comte de la Blache.

Ne voulant pas semer trop d'enmn sur mesdé^ fenses , je n'ai imprimé toutes les lettres citées, quand elles étaient longues , que par extrait; mais j*atteste ici devant les magistrats du Par* lementqni me lisent ^ que les originaux cntieri leur ont tous été déposés dans les mains, loin que je voulusse dissimuler la moindre chose au procès* Maintenant, en quel dédain ne doit-on pas prendre un plaideur qui ne néglige pas même en sa cause de se faire écrire de Béarn , pour la imprimer , des lettres apologétiques , par un ami dont il ignorait l^ absence de Paris ; quoique cet ami nous apprenne en (tire parti le 10 mai; tempf auqnol le comte de la Blache était encore à Paris ; n'en étant parti pour Aix que long-temps après cette époque. Quelle pitié 1 Bon Dieu, quelle pitié I Qi^e si j'avais pu m'abaissera de pareils moyeofi

le comte de la Blache croit-il que je n'eusse |>as pu le couvrir de lettres bien plus imposantes , et qui eussent ^ au delà , balancé la fade apolo-*gie intitulée^ Dupont, mon ami! J'aurais cru me déshonorer de le faire, et je. n'ai pas eu besoin d'un instant de réflexion poui* m'en abstenir. Car je maintiens toujours que pour avoit une bonne conduite en cette affaire , je dois prendre en tous points le contre-pied de la sienne.

MATHIEU, Procureur.

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