‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 19 sur 40 · LETARTARE · texte numérisé non relu

LETARTARE

n fait et faux. C'est M« Junquière qui a écrit la » moi Beaumarchais en Jaurier 1772 pour con ter la pièce de son client^ ainsi qu'il est d'usage. » M® de Junquière Ta attesté à l'audience ; il Ta » certifié à M. le rapporteur, en présence duquel » il a écrit couramment trois ou quatre fois le mot » Beaumarchais f qui a été reconnu de la même » main quelenlot déchire. Que devient après cela » la fable du comte de la Blacbe ? Que deviennent » ses soupçons et ses conséquences ? le sieur de » Beaumarchais moins tranchant que lui , ne se » permet d'accuser personne ; on doit lui savoir » gré de sa modération. Mais ce qu'il y a de cer- » tain , c'est que le mot Beaumarchais , écrit » en 1772 par M« de Junquière , n'a pu étrecou- » vert et déchiré par \m cachet qui aurait été ap- » posé en 1770 par le sieur de Beaumarchais. On M laisse à la Cour à décider sur qui doit tomber » le reproche de supercherie.

Nous convenons , vous et moi , que ce reproche était à bout portant. Or , qu'avez-vons répondu sur tout cela , M. le comte ? Rien , absolument rien. L'objet était pourtant des plus graves ! Direz-vous que le jugement des requêtes de l'hôtel arriva si vite après ma réponse, qu'il n'y eut pa« moyen d'y faire alors une réplique. Volontiers pour le moment , et lorsque vous avez raison , c'est avec le plus grand plaisir que je l'avoue. U

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que M* Dufour rapportât notre affaire ^ eut U maladresse d'insérer dans ce mémoire (page 40) le même reproche sur ce cachet , mais moios violemment exprimé , cependant ^ qu'il ne l'arait iait à Taudience : c^est que je tiens ce mémoire^ et que vous ne pouvez le nier ; quoique vous ayiez fait l'impossible pour ne pas le produire*

C'est que M* Bidaut ^ prenant la plume à l'instant ^ vous releva d'importance ; quoique le ménagement qu'il croyait devoir h son confrère Gaillard Tempèchàt^ malgré mes prières , de l'inculper > comme il le méritait sur le fait de ce cachet apposé. Voici néanmoins ce qu'il vous répondit pour moi , pages 59 et 60 de son mémoire.

Car les avocats qui m'ont depuis refusé leur service , quand j'ai plaidé contre le conseiller Goëzman , dont le grand crédit les efï'rayait toui^ ne me le déniant pas alors ^ je laissais les gens de loi me défendre à leur mode et de leur plume ^ et n'avais nulle confiance en la mienne, à laqudle je n'avais pas encore été forcé de me livrer.

Voici la défense de M' Bidaut :

« Mais ce qui révolte encore davantage , c'c«t i) l'imputation qu'il a faite au sieur de Beaumarj* chais sur les dernières lettres du mot Beaumar- » chais ^ qui se trouve écrit au dos et au bas d'une » page de la lettre du 5 avril 1770 , à laquelle le ai sieur Duverney a répondu entre autres choses :

n'eu est pas ainsi de vous à mon égard ^i et c'est ce qui nous distingue. Vous n^eûtes donc pas le temps alors : cependant vous eûtes bien celui de me faire, à Versailles et à Paris, le tour abominable que j^ai indiqué dans ma Réponse ingénue (page 274), et dont le détail se trouve dan» ïîibA troisième mémoire Goëzman, depuis la page 265 > jusques et compris la page 287.

Ah ! si j'avais du temps I ou si je trouvais un imprimeur bien actif ! quel charme pour moi de réimprimer, a la suite de cette réponse, leS treize pages du troisième mémoire Goëzman sur l'attestation de probité des princesses. Alors on verrait quel front d'acier il faut à mon adversaire pour oser retoucher ( page 2 de son mémoire ) à cette horrible aventure qui Ta tant déshonoré à Paris , quand j'eus enfin le pouvoir de l'écrire ! si je ne puis la transcrire ici, je supplie au moins mes lecteurs de se procurer ce troisième mémoire Goë:5man ; et commencer à lire (page 265 ) à ces mots. Changeons de style. Depuis que f écris la main me tremble toutes les fois , etc. Ils connaîtront mon ennemi.

Au lieu donc de passer le temps alors à me faire cette abomination sur l'attestation de probité que les princesses m'avaient donnée ; que ne l'employiez-vous à raè reprocher l'infamie de mon mémoire Bidaut sur le cachet apposé dont

je T0Q8 accusais ? Si vous aviez prouvé que le méchant , que le calomniateur entre nous deux était moi , j'étais perdu et vous gagniez votre procès* Le contraire arriva , parce que votre intrigue sur Tattestation des princesses , et votre eilence sur mon reproche du cachet , vous démasquèrent absolument ; et c'est ma première preuve contre vous.

Après le jugement des Requêtes de THôtel , nous passâmes par apppel à la commission , où vous traînâtes , comme je Tai dit ^ les plaidoyers et les écritures pendant un an ; mais à la fin cependant , Gaillard replaida , Gaillard récrivit , Gaillard réinvectiva , Gaillard traduisit dans le nouveau mémoire qu'il fit pour la cause d'appel ^ exactement les phrases et les mors de son mémoire aux Requêtes de l'Hôtel sur ce même billet du 5 avril ; mais Gaillard ayant été relancé par Me Bidaut sur le cachet apposé , s'arrêta court au milieu des reproches qu'il copiait mot à mot sur ce billet dans son ancien mémoire ; et le vif, l'important reproche du mot Beaumarchais f, écrit par M. Duverney , et couvert par moi d'une cire à cacheter frauduleuse , resta net au bout de la plume de Gaillard.

Etait-ce oubli ? fut-ce confusion ? A votre mamière de me plaider , le premier n'est pas vrai-» semblable. I>onc Gaillard; touché des ménage^

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ments que son confrère avait gardés pour lui sur cette espièglerie avérée , à laquelle il avait pu donner lieu , du moins par sa confiance en vous , n'osa pas le provoquer de nouveau à la lui reprocHer plus vertement ; et c'est ma seconde preuve contre vous ; car les deux mémoires de Gaillard sont enfin au procès ^ et j'ai fait remarquer aux magistrats dans l'instruction , à la page 32 du second de ces mémoires, la réticence et le prudent silence de Gaillard , qui s'arrêta court à l'historique du cachet en copiant la page de son premier mémoire , dans lequel ce reproche était si tranchant.

Mais , en vous accordant que cette fois encore le silence de Gaillard fut un oubli ; nous convenons vous et moi , qu'un second mémoire écrit par M« Falconet mon avocat , releva de nouveau la fourberie du cachet appliqué , plus amèrement que M« Eidaut ne l'avait Êiit. Voici ce quSl vous en dit (pages 20 et 21 de son précis à la commission. )

« Il y a néanmoins eu quelque chose de plus » sérieux dans cette dernière partie de ma cause, w J'avais confié toutes ces lettres avec leur ré- » ponse à la partie adverse. Dans une de ces » lettres, le sieur Duverney me marque y voilà n notre compte signé. Je ne doute pas que cette » dernière phi'ase ne fît la plus grande pcMue au

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