‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 113 sur 279 · FIGARO , LE COMTE , LA COMTESSE · texte numérisé non relu

FIGARO , LE COMTE , LA COMTESSE

Figaro s'approche.

J Evais.f.

Le Comte croyant parler au Page.

Puisque vous ne redoublez pas le baiser

( // croit lui donner un souffiet. )

Figaro qui est à portée y le reçoit.

Ah!

Le C o m t £.

Voilà toujours le premier payé.

Figaro à part, s'éloigne en se frottant la joue.

Tout n'est pas gain non plus en écoutant.

Suzanne riant tout hauty de Vautre côté.

Ahy ah, àh, ah !

Let Comte à la comtesse qiCil prend pour

Suzanne.

. Enlend-on quelque chose à ce Page ! il reçoit

le plus rude soufflet , et s'enfuit en éclatant de

rire.

Figaro à part.

S'il s'affligeait de celui-ci I.....

Comment ! je ne pourrai faire un pas.. •....

{à la Comtesse ) mais laissons cette bizarrerie ; elle empoisonnerait le plaisir que j'aide te trouver dans cette salle.

La Comtesse, imitant le parler de Suzanne. L'espériez-vous ?

Le Comte.

Après ton ingénieux billet ! ( // lui prend la main. ) Tu trembles ?

La Comtesse.

J'ai eu peur.

L B Comte.

Ce n'est pas pour te priver du baiser , que Je Tai pris. ( // la baise aufront^

La Comtesse.

Des libertés !

Figaro à part.

Coquiue !

Suzanne à part.

Charmante !

Le Comte prend la main de sa femme.

Mais quelle peau fine et douce, et qu'il s'en £aut que la comtesse ait la main aussi belle I

La Comtesse à part.

Oh ! la prévention !

Le Comte.

A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?

La Comtesse, de la voioc de Suzanne.

Ainsi l'amour ?••••.

Le Comte.

L'amour n'est que le roman du cœur :

c'est le plaisir qui en est rhistoire ; il m'amène a tes genoux.

La Comtesse*

Vous ne l'aimez plus ?

Le Comte.

Je l'aime beaucoup; mais trois ans d^union rendent l'hymen si respectable !

La Comtesse.

Que vouliez-vous en elle?

Le Comte la caressant.

Ce que je trouve en loi, ma beauté -

La Comtesse.

Mais y dites donc.

• .... Je ne sais : moins d'uniformité , peutêtre y plus de piquant dans les manières , un je ce sais quoi qui fait le charme ; quelquefois im refus , que sais-je ? Nos femmes croyent tout accomplir en nous aimant : cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! ( quand elles nous aiment. ) Et sont si complaisantes , et si

constamment obligeasses ^ et toujours , et sans relâche y qu'on est tout surpris un beau soir de trouver la satiété où Ton recherchait le bon«« heur.

La Comtesse à part.'

Ah I quelle leçon î

L B C O .JH T E.

En vérité 9 Suzon^ j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles y c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût^ de se renouveller à Tamour ^ de ranimer , pour ainsi dire ^ le charme de leur possession ^ par celui

de la variété.

La Comtesse piquée*

Donc elles doivent tout ?....

Le Comte riant.

Et l'homme rien? Changeroas*nous la. marché de la nature ? Notre tâche à nous fut de les ob*

tenir : la leur.....

La Comtesse.

La leur ?

Est de nous retenir ; on l'oubJie trop. Théâtre. II. 19—

:2go LE MARIAGE DE FIGARO,

La Cqmtbsk* Ce ne terz pas moi.

L fi C O M T fi«

Ni Qioî«

FiOAtLO à part Ni moi.

SrzANKE â part.

Ni moi.

L B Comte prend la main de sa femme.

Il y a de Técho ici ; parlons plus bas* Tu n'as nul besoin d'y songer , toi que l'amour a faite et si yi\e et si jolie ! Avec un grain de caprice, tu seras la plus agaçante maîtresse l (Ilia baise au fronU ) Ma Suzanne , un Castillan n'a ^e sa parole. Voici tout l'or promis pour le rachat du droit que je n'ai plus sur le délicieux moment ^e tu m'accordes. Mais comme la grâce que tu daignes y mettre est sans prix ^ )'y joindrai ce brillant que tu porteras pour l'amour de moi.

La Covtjsssb^ une rés^érence^ Suzanne accepte tout*

FfOAAO àpart.

On n'est pas plus coquine que cela«

A C T E V. agi

SczA»irs à patte

Voilà du bon bien qui noua arriTe*

Le Comte à part.

Elle est intéressée ; tant mieux»

La Comtesse regarde au fond.

Je vois des flambeaux.

Le Comte.

Ce sont les apprêts de ta noce. Entrons-nous un moment dans Tun de ces payiUons ^ pour les laisser passer?

La Comtesse.

Sans lumière?

Le Comte V entraine doucement.

A quoi bon ? Nous n'aTons rien à lire.

Figaro à part.

£Ue y ya ^ ma foi I Je m'en doutais.

( // s^ avance. )

Le Comte groséit sa poix en $e retournant.. Qui passe ici?

Figaro en colère.

Passer I on rient exprès.

Lb CptfTB bas à la Comtesse^

C'est Figaro ! ( // s'enfuit. ) .

La Comtesse.

Je TOUS suis«

(Elle entre dans^ le paçillon à juz droite, pendant que le Comte se perd dans le bois , -asijond. )

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