‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 115 sur 279 · À C TE V · texte numérisé non relu

À C TE V

me fait plus rien du ^ut. Je les tiens donc enfin.

Suzanne qui s'est avancée doucement dans

l*obscurite\

i^ A part. ) Tu Tas payer tes beaux soupçons. ( Du ton de voix de la Comtesse. ) Qui va là ?

F I G À A o extravagant.

Qui va là? Celui qui voudrait de bon cœur que la peste eût étouffé en naissant

Suzanne du ton de la Comtesse.

£h ! mais , c'est Figaro !

Figaro regarde^ et dit virement.

Madame la Comtesse I '

Suzanne.

Parlez bas.

Figaro vite.

Ah ! Madame \ que le ciel vous amène a propos ! où croyez-vous qu'est Monseigneur ? •

Que m'importe un ingrat ? Dis-moi

Figaro plus vite.

Et Suzanne , mon épousée , où croyez-vous qu'elle soit?

^94 LE MARIAGE DE nGARO;,

S 0 Z A If N £•

Mais parlez bas I

Figaro très^vite.

Cette Suzon qu'on croyait si vertueuse ^ qui iesait de la résenrée ! Ils sont enfermés làdedans. Je Tais appeler.

Suzanne lui fermant la bouche avec sa main^ oublie de déguiser sa voix.

N'appelez pas.

Figaro à part.

Eh c'est Suzon ! God-dam !

Suzanne du ton de la Comtesse.

Vous paraissez inquiet.

Figaro à part.

Traîtresse I qui yeut me surprendre !

Suzanne.

11 Êiutnous venger^ Figaro.

Figaro.

En ^enies-TOus le Tif désir ?

Je ne serais donc pas de mon sexe ) Mais les hommes en ont cent moyens.

F I c A n o confidemtneni,

]yia<]bme il n'y a personne ici de tf'opn Celui des femmes..*. les vaut tous.

Sv z AV^u à paru

Comme [e le soufletterais t

Figaro à part.

Il serait bien gai qu'ayant la noce !

Mais qu'est-ce qu'une telle vengeance qu'on peu d'amour n'assaisonne pas ?

Partout ou vous n'en yoyez point ^ croyez que te respect dissimule»

S 0 7A N M E piquée.

le ne sais si tous le pensez de bonne foi ^ mais TOUS ne le ^ites pas de bonne grAce.

Figaro p a^ec une chaleur comique, à genoux^

Ah ! Madame 9 je vous adore* Examinez le

temps f le lieu ^ les circonstances y et que le

dépit supplée en vous aux grâces qui manqueni

à ma: prière.

Suz.A Nif E à paru

La main me brûle t

F I G Ji R o à part.

Le cœur me bai.

Suzanne.

Mais^ Monsieur y avez-vous songé?....

Figaro.

Oui f Madame y oui , j'ai songé.

Suzanne* ••••. Que pour la colère et ramour.....

Figaro.

••• Tout ce qui se. diffère est perdu. Votre

main , Madame ?

Suzanne de sa ^oix naturelle, et lui

donnant un soufflet.

La voilà.

Figaro.

Ah demonîoï quel soufflet!

Suzanne lui en donne un seconde Quel soufflet ! Et celui-ci ?

Et queS'à-^uo ! de par le diable ! est-ce ici la purnée des tapes ?

Suzanne le bat à chaque phrase.

Ah ! ques-^à^uo ? Suzanne : et voilà pour tes soupçons ; voilà pour tes vengeances et pour tes trahisons ^ tes expédients , tes injures et tes projets. C'est-il ça de l'amour ? Dis doue comme ce matin ?

Figaro rit en se relet^ant.

Santa barbara ! oui c'est de l'amour. Oh bonheur ! oh délices ! ô cent fois heureux Figaro ! Frappe , ma bien aimée y sans te lasser. Mais quand tu m'auras diapré tout le corps de meurtrissures ^ regarde avec bonté , Suzon , l'homme le plus fortuné qui fut jamais battu par une femme.

Lie plus fortuné ! bon fripon , vous n'en séduisiez pas moins la comtesse^ avec un si trompeur babil , que m'oubliant moi - même ^ en vérité, c'éuit pqur. elle, que, je cédais.

Figaro.

Ai-je pu me méprendre, au son de ta jolie

voix?

Suzanne en riant»

Tu m'as recotinue? Ah I comme; je m'en vengerai I

Figaro.

Bien rosser et garder rancune , est aussi par trop féminin I Mais , dis-moi donc par quel bonheur je te vois Ik^ quand je te croyais avec lui; et comment cet habit qui m'abusait ^ te montre enfin innocente....*.

£h c'est toi qui es un innocent , de Tenir te prendre au piège apprêté pour un autre I Est-ce notre &ute y à nous ^ si voulant museler un renard y nous en attrapons deux ?

Figaro.

Qui donc prend Tautre ?

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