AUX ABONNÉS
ajaiH le style du grand-t-mahre^ strait reçu de la natvre uoi sens exquis ,. im espric juste y le talent le plus darattiatiqne » avec «ne feeoûdîté presque unnpie» 11 a eu la Tettu 'et renoncer ^ pour me cemplasre , auiïe foule de beautés musicales do&t seEt opéra seioaiUIait ^ uoiqueaieQt ^ parce qu'eUe» aUongeaienc k scàue^ ^ifelles cUUtngtdssaient l'action; mais la^ couleur mâle, énergique^ le t<m rapide et fier de l'ouTrage^ le dédommageront bien de tant de ssccFifices.
C^l homme de péaie si méconaitf, si dédaigné pour son bel opéra des Horaces ^ a. répondu d'aTânl;^^ dans Tnitfr^ , à cette objection quf^én fera : (^ mon p<î>èmeeâi peu lyrique* Aussi n^est- CB pas la Tc^îet que uo^u^ dbQerchioas ; mais seu- > lepi^t à jEaire uae elufsîque draiBatiqde« Mon àuàf luidisais-je/ anmUirdes pensées , efiEémiùer des [^brases , pour leâ rendre plus miasicalcs 9 est la Y;pm(^.sbwcedes abus qui nous ont gââé Topera* O^ofpts élever la. tiliisigiie h lahauieur d'un poème' lieirveiiiK et très-fortiement intrigué ; netts lui rendrons toute sa noblesse : bous attsrâdcons y peutéire> k ces grands effets tant vantés, des anciens spectacles des GreêS4 Voilà les travant ambitieux qui wms ont pris plus d'année* £t je le dis sincè* rcfment; j^ ne me serais soumis pour sfueun» con- ^dératioa^ à sortit* de mon cabinet:,, pour faire avec. Un bonutae ordihaire , un travail qui est
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devemi par M. Salieri , le déhssemeat de me» soirées , souvent un plaisir délectable.
Nos discussions^ je crois , auraient formé une très-bonne poétique à l'usage de Topera ; car M. Salieri estné poète^ et je suis un pea musicien^ Jamais, peut^étre^ on ne réussira sans le concours de toutes ces choses.
Si la partie qu'on nomme récitante^ si la scène, en un mot , n^est pas aussi simple y ^ Tarare ^ que mon système l'exigeait ; la raison, qu'il rofen donne est si juste , que je veux la transmeitre ici* *
Sans doute ^ on ne peut trop! simplifier la scène^ a^^il dit ; mais la voix hwnuiine y^ en parlant , ptoeède par des gradations de tons presque imr possiUes à niisir ; par qn^rty sixième ou huitième de tons : et daos le sjuèatx^ hanoMuique , on n'écrit pooir là voifx que sur ^intervalle en ri-*guenr des ions entiers et des demi«<teiis : le reste dépend des aeieurb : ol>teBeB d'eux qu'ils vous secondent* Ma phrase nmaicskle est posée dans la règle austère de l'art : mais* vous me dites sans cesse que 9 dans la comédie , le plus grand talent d'im acteur est de faire oublier les vers, en. en conservant la mesure. Eh bien ! nos bons chanteurs secoflt des comédiens^ quand ils auront vaincu cette difficulté.
Simplifier le ctani du récit • sans contrarier
Vkarmônie , le rapprocher de . la parole , est donc le vrai trarail de ôos répétitiops ; ,et je me loue publiquement des efforts de tous nos chanteurs. A moius de parler tout-k-&it y le musicien n'a pu mieux faire : et parler tout*-à-iaU , eût privé la scène des renforcements énergiques que ce corn* positeur habile a soin de jeter dans Torchestre à tous les intervalles possibles.
Orchestre de notre opéra ! noble acteur dans le système de Gluck > de Salieri dans le mien I TOUS n'exprimeriez que du bruits si vous étouffiez la parole : et c'est du sentiment que votre gloire (est d'exprimer.
. • Vous l'avez senti comme moi. Mais si j^ai obtenu de mon compositeur que , par une variété constante y il partageât notre oeuvre en deux , que la musique reposât du poème , et le poème <ie la musique ; l'orchestre et le chanteur ^ sous peine d'ennuyer , doivent signer entr'ei^x la même capitulation. Si l'âme du musicien est entrée dans Tâme du poète ^ }'a en quelque sorte sépousée y toutes les parties exécutantes doivent s'entendre et s'attendre de même , sans se croitser^ sans s'étoufier. De leur union sortira le plaisir : l'ennui vient de leur prétention.
Le meilleur orchestre possible eût^il à rendre les plus grands effets , dès qu'il couvre la voix , détruit tout le plaisir. Il en est alors du specucle
comme d'un beau visage éteint par des mcmceaux de diamants ; c'est éblouir et non intéresser. D'çà Fon Yoit que le projet qui nous a constamment occupes j a été d'essayer de rendre au plus grand spectacle du monde les seules beautés qui lui manquent y une marche rapide , un intérêt vif et pressant ; surtout Thonneur d'être entendu.
Deux maximes fort courtes ont composé, dan^ nos répétitions y ma doctrine pour ce ihéàtre* A nos acteurs pleins de bonne volonté , je n'ai pro"« posé qu'un précepte : PftOTiONCEE^ bien. Au prefcnieB orchestre âa monde j j'ai dit seulement ces deux mots : AppÀiSEZ^vovs..Ceci bien compris ^ bien saisi ^ nous rendra dignes , ai-je a jouié > de toute l'attention publique*. Mais , me dira queir qu'un y si nous n'eatendons rien , que voulez^ vous donc qu'on écoute ? Messieurs ^ on entend tout au spectacle où l'on parle; et l'on n'entendrait rien au spectacle où l'on chante ! Oubliez-vous qu'ici y chanter n'est que parler, plus fort, plus harmonieusement? Qui donc vous assourdit l'o* reille? esthce l'empâtement des voix » ou le trop grand bruit de l'orchestre ? prononcez bien j apr paisexri^ous , sont pour l'orchestre, et les acteurs le premier remède à ce mal.
Mais j'ai découvert un secret que je dois vous
communiquer. J'ai trouvé la grande raison qui
^t qu'on n'enteod rien .à l'opéra. Lia dirai-je ^
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Messieurs ? C^cst gu^àn rlécou^ peis. Le peu d'intéFét , je le veux , a causé jcette. mattmUop, Mais y dans plusieurs ouvrages moderues > totus remplis d'excellentes choses y jfai u*ès-biea re-* marqué que des moments heureux subjuguaient Tattention publique. Et moi, que j'en sois, digne ou non y je la demande toute entière pour le pre-^ mier jour de Tarare ; et qu'un bruit infernal venge après le public, si je m'en suis rendu indigne*
~ Me jugerex-Tous sans m'entendre? Ah I laisses ce triste avantage aux affiches du lendemaija > qui souvent sont faites la veille^
Est-ce trop exiger de vous, pour ua travail de trois années , que trois heures /d'une franche. iHr tention? Accordez-les moi, je vous prie. Je.prie surtout mes ennemis de prendre cet avantagiez wx tnoi ; et c'est pour eux seuls que j'en parle.. S'ils me laissent la moincbre excuse à la prenùère séance , ils peuvent bieix compter que j'en abuserai pour me relever daM les ancres. Leur intérêt est que je tombe ^ et non de me Ëûre lomber.
' On die que les joumaofx * ont l'injonction de ménager l'opéra dans leurs feuilles : j'aurais une t>ien triste opinion de leur crédit ^ s'ils n'obtenaient pas tous des dispenses contre Tarare}
En tout ca9^ reste la ressource intarissable. dés
lettres anonymes , des épigrammes ^ des libelles ; celle des invectives imprimées , jetées par milliers dans nos salles. Qui sait même si, dans le temple des muses , des lettres et du goût , au centre delà politesse , un orateur bien éloquent , regardant de travers. Tara/ie, ,ne trouvera pas un moyen ingénieur d'écraser Tauteur et Touvrage , à ne s'eii jamais relever ; comme il est advenu du centenaire Figaro , qni , depuis un tel anathème , n'a eu que des jours malheureux y une vieillesse languissante I
Tous ces moyens de nuire sont bons, efficaces, usités. La haine affamée s'en nourrit; la malignité les réclame ; notre urbanité les tolère ; Tauteur en rit ou s'en afflige; la pièce chemine ou s'arrête ; et tout rentre à la fin dans l'ordre' accoutumé de l'oubli : c'est*là le dernier des malheurs.
Puisse le goût public et l'acharnement de la haine nous en préserver quelque temps ! Puissent \es bons esprits de la littérature adopter mes priucipes , et faire mieux que moi ! Mes amis savent bien si j'en serai jaloux , ou si j'irai les embrasser. Oui , je le ferai de grand cœur : heureux , ô mes comtemporains I d'avoir , au champ de vos plaisirs, pu tracer un léger sillon que d'autres vont fertiliser I
A travers les injures que cet ouvrage m'a valu, faî reçu quelques vers qui me consoleraient si f étais ql/ligé. Entre autres, F Apologue qui suit est si vrai y si philoso^ phique et si juste , que je n'ai pu m' empêcher de lui donner place en ce lieu»