‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 235 sur 279 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

El la vaste mer d'Orient.

La , cent femmes de Circassie., Pleines d'attraits et de pudeur , Attendront l'ordre de ton cœur , Pour t'enîvrer des trésors de l'Asie.

Puisse de ton bonheur l'envieux s'irriter ! Puisse l'infâme calomnie, Pour te perdre , en vain s'agiter !

Altamoht, bas.

Mais , Seigneur , ta hautesse oublie....

Je l'élève, Altamort, pour le précipiter.

( fuiut. ) Allez , visir , que Ton publie...

Tarare.

O mon roi ! ta bonté do^t s^ fis^re ador:er. i ,

Des maux du sort mon âme.^st peu saisie. ; . Mais celui de mon copux ne peut se répr^r-i Le barbare emmène Astasie. • . , .

A TA r', a^' unisPgn» d'^(Msttigenee.

Quelle est cette femme , Altamort ?

Altamort.

Seigneur, si j'en crois son transport , Quelqu'éscfeve. jeune et }olie/ —

Tarare indigne.

Une esclave \ une esclave ! ewuae;, ^ roi d'Ormus >

54o TARARE,

A ce nom odieux tous mes sens sont émus. Astasie est urne déesse.

Dans mon oœur souvent ùoihbatta y Sa voix sensible , enchanteresse , Fesait triompher la vertu.

D'une ardeur toujours renaissante , Pofïrais sans cesse k sa beauté , Sans cesse a sa beauté touchante, L'encens pur de la Yolupté, Elle tenait mon âme active Jusque dans le sein du repos :

Ah ! faut-il que ma voix plaintive En vain la demande aux échos?

Quoi ! soldat ! pleurer une fenune !

Ton roi ne te reconnaît pas.

Si tu perds l'objet de ta flamme.

Tout un sérà3 t'ouvre ses bras.

Faut-il regretter quelques charmes y

Quand on retrouve miBe attraits^

Maïs llionneui^ qulon perd «Uns Us burmes.

On ne le retrouve jamais.

Tarare, suppliant.

Seigneur !

Qu'as^tu dbi^c:fait de ton siilebqurage?

Toi qu'on voyait rueir dans les combats; Toi qui forças un torrent a la nage , En transporunt ton maître dans tes bras 1

ACTEPREMIER. 54i

Le fer , le feu , le sang et le carnage N'ont jamais pu t'arracher un soupir, Et l'abandon d'une esclave volage Abat ton âme , et la force à gémir !

T A R ▲ E E , vwement.

Seigneur y si j'ai sauvé ta vie, Si tu daignes t'en souvenir , Laisse-moi venger Astasie Du traître qui l'osa ravir.

Permets que , déployant ses ailes , Un léger vaisseau de transport Me mène, vers ces infidèles, Chercher Astasie ou la mort.

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