‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 79 sur 279 · I-il faut la voir · texte numérisé non relu

I-il faut la voir

Silence donc , Messieurs.

l'Hitissier, glapissant.

Silence.

6 A R T H o L o ZrV.

Je soussigné reconnais, avoir reçu de damoi-^ selle y etc.: Marceline de Verte^allure y dans le château d^ j4 guas-Frescas , la somme de deux mille piastres fortes cordonnées; laquelle somme je lui rendrai à sa réquisition^ dans ce château; et je V épouserai, par forme de reconnaissance, etc.

ao8 LE MARIAGE DE FIGARO,

Signé Figajxa , tout court. Mes conclusions soût au paiement du biUet> et à l'exécution de la promesse^ avec dépens. (Il plaide.) Messieurs •

jamais cause plus intéressante ne fut soumise au jugement /de la cdurl et depuis Alexandre«»le- . Grand , qui promit mariage à la belle Thalçsr* tris««*« • .\

L E Co M T E , interrompant.

Avant d'aller plus loin , avocat^ convient-on de la validité du titre?

Bai D^o I s o N , à Figaro.

Qu'oppo.... qu'oppo-osez vous à cette lecture ?

Figaro.

Qu'il y a, Messieurs, malice, erreur, ou distraction dans la manièi'e dont on a lu la pièce ; car il n'est pas dit dans l'écrit ; laquelle sommé je lui rendrai ET je l^ épouserai; mais^ laquelle somme je lui rendrai, OV je l^ épouserai; ce qui est bien différent.

•'L fe Comte.

Y a-t-ilET/^àns l'acte; oit bien OU ?

B A R T H O L Or

Il y a ET. .

11 y a OU.

Figaro.

mmÊ0ÊtÊimÊM

A C T E I I I. :io9

DouH)uble-iiiain9 lisez rous^néme.

Dquble-main^ prenant le papier.

Et c'est le plus sûr ; car souyènt les parties déguisent en lisant. (Jtlit.) E.e.e*e*Dafnoiseltee.e*e. de Verte-- allure e. c. e. Haï laquelle somme je

lui rendrai à sa réquisition , dans ce château

ET..: ou.... ET.... OUp..^ Le mot est si mal écrit.... il y a un pâté.

Un pâ-âté? je sais ce que c'est.

BAaTUoi4 0, plaidant.

Je soutiens^ moi , que c'est la conjonction, copulative ET qui lie les membres con'élatifs de la phrase; je paierai la demoiselle^ ET je l'épouserai.

Figaro^ plaidant.

Je soutiens^ moi, que c'est la conjonction alternative OU , qui sépare lesdits membres ; je paierai la donzelle , OU je Tépouserai : à pédant» pédant et demi ; qu'il s'avise de parler latin ; j'y suis grec; je l'extermine.

Commeut juger pareille question,?, Théâtre. IL ' 14

:2iû L£ MARIAGE DE FIGARO;

Pour la trancher ^ Messieurs / et ne plus chicaner sur un mot^ nous passons qu'il y ait OU.

J'en demande acte. x

Ba&tholo.

Et nous y adhérons. Un si maurais refuge ne sauvera pas le coupable : examinons le titre en ce' sens. (// Ut») Laquelle somme je lui rendrai dans ce château oh je tepouserai; c'est ainsi qu'on dirait , Messieurs : a^ous vous ferez saigner dans ce lit où vous resterez chaudement, c'est dans lequel. Il prendra deux gros de rhubarbe oiivous mêlerez un peu de tamarin : dans lesquels on tnélera. Ainsi château où je Vépouserai, Messieurs, c^est château dans lequel....

F I 6 A R Os ^

Point du tout : la phrase est (^us le sens de celle-ci : ou la maladie vous tuera y ou ce sera le médecin; ou bien le médecin ; c'est incontestable. Autre exemple : ou vous n^ écrirez rien qui plaise^ ou les sots vous dénigreront; ou bien tes sots ; le' sens est clair ; car, audit cas, sots ou méchants^ sont le substantif qui - gôuTerne. iVlaitre Bartholo croit-il doncqjuei j'aye oublié, ma syntaxe ? Aiusij,

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