ACTE IV. aSg
Là Comtesse, montmntla table.
Prends cette plume ^ et fixons un endroit.
S u z a'n I( £• Lui écrire !
La Comtesse.
Il le faut. .
S u Z A II N E.
Madame ! au moins c'est vous
La Comtesse.
Je mets tout sur mon compte. ( Suzanne s^as* sied, la Comtesse dicte.)
Chanson noui^elle f sur Pair: Qu'il fera
beau y ce soir, sous les grands- maronniers :.... Qu'il fera beau ce soir
Suzanne écrit.
Sous les grands maronniers....» après?
Crains-tu qu'il ne t'entefide pas ?
Suzanne reh't.
C'est juste. (Elle plie le billet.) Avec quoi
cacheter ?
La Comtesse).
Une épingle ; dépêche : elle servira de ré*
a4Q LE 3VIARIAGE DE FIGARO,
ponse. Ecris sur le revers : rem^oyez^moi le cachet,
Suzanne écrit en riant.
Ah! le cachetL.... celui-ci^ Madame^ est plus gai que celui du brevet.
La Comtesse^ apec un sout^enir douloureux.
Ah!
Suzanne cherche sur elle.
Je n'ai pas d'épingle à présent!
La Comtesse détache sa lévite.
Prends celle- ci. ( Le ruban du page tombe de son sein à terre. ) Ah mon ruban !
Suzanne le ramasse.
C'est celui du petit voleur ! vous avez eu la , cruauté ?
Fallait-il le laisser & son bras ? c'eût été joli , donnez donc ?
Suzanne*
Madame ne le portera plus, taché du sang de ce jeune homme.
La Comtesse le reprend.
Excellent pour Fanchette le premier bou*
quet qu'elle m'apportera.
UNE JEUNE BERGÈRE, CHÉRUBIN en pie. FANCHETTE et beaucoup de jeunes filles habillées comme elles ^ et tenant des bouquets-
LA COMTESSE, SUZANNE
Fanchette.
IVIadàme^ ce sont les filles du bourg qui yieimetit tous présenter des fleurs.
La Comtesse ^ serrant wte son ruban.
Elles sont charmantes : je me reproche y mes belles petites, de ne pas tous connaître toutes. {Montrant Chérubin.) Quelle est cet aimable enfant qui a Fair si modeste ?
Une Bergère.
C'est une cousine à moi^ Madame, qui n'est ici que pour la noce.
Elle est jolie. Ne pouTant porter Tingt bouquets, fesons honneur à Fétrangère. {EUe prend Théâtre. IL 16
le bouquet de Chérubin et le baise au front. ) Elle en rougit ! ( à Suzanne,) ne trouves-tu pas , Suzon qu'elle ressemble à quelqu'un?
Suzanne»
A s'y méprendre , en vérité.
Chérubin à part, les mains sur son cceur.
Ah ! Ce baiser-là m'a été bien loin !