‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 98 sur 279 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

TOUS LES ACTEURS PRÉCÉDENTS , ex^ cepté la Comtesse et Suzanne i BAZILE tenant sa g^i/Ztore/ GRIPE-SOLEIL,

B A z I L B entre en chantant sur Pair du Vau^ défaille de la fin. ( Air noté. }

« Cœurs sensibles , cœurs fidèles ^ » Qui blâmez l'amour léger; » Cessez vos plaintes cruelles , » Est-ce un crime de changer?

» Si l'amour porte des ailes , » N'est-ce pas pour voltiger?

» N'est-ce pas pour voltiger?

» N'est-ce pas pour voltiger ? »

Figaro a^apance à lui.

Oui^ c'est pour cela justement qu'il a des

a56 LE MARIAGE DE nOARO ,

ailes au dos; notre ami^ qu'entendez^yous par cette musique?

B A z I L E, montrant Gripe-Soleil.

Qu'après avoir prouvé mon obéissance à Monseigneur ^ en amusant Monsieur , qui est de sa compagnie^ je pourrai à mon tour, réclamer sa justice.

Gripb-Solbil.

Bah! Monseigneu ! il lie m'a pas amusé du tout^ avec leux guenilles d'ariettes**..*

Le Comte.

Enfin que demandez-vous ^ Bazile?

Ce qui m'appartient y Monseigneur^ la main de Marceline ; et je iieus m'opposer

Figaro s^ approche,

Y a-t-il long-temps que Monsieur n'a vu la figure d'un fou ?

Monsieur , en ce moment même^

Figaro.

Puisque mes yeux vous servent si bien de miroir^ étudiez-y l'effet de ma prédiction. Si

vous faites mine seulemeot d'approximér Ma->

dame

BarthoLo en tidnt.

Êh pourquoi ? laisse le parler.

Brid'oisok a^aifance entre deuoi4 ï*au-aut-il que deux amis ?•••

Figaro^

Nous amis !

B A si I L B^

Quelle erreur I

Figaro, pité.

Parce qu'il fait de plats airs de cliapeUe?

B A z I L s ^ viteé Et lui y des Vers comme un journal ?

Figaro, vite.

Un musicien de guinguette!

B A Z I L E , ifitëé

Un postillon de gazette !

Figaro, vite* Cuistre d'oratorio !

B A z IL E, vitéé

Jockey diplomatique I

Théâtre. IL 17

uj8 le 'MARIAGE DE FIGARO,

Le Comte, assis.

Insoleats tous les deux!

Il me manque ea toute occasion.

Figaro.

C'est bien dit ; si cela se pouvait !

Disant partout que je ne suis qu'un sot.

Figaro.

Vous me prenez donc pour un écho ?

Tandis qu'il n^est pas un chanteur que mon .talent n'ait fait briller.

Figaro.

Brailler.

Il le répète !

Figaro.

Et pourquoi non ; si cela est vrai ? es-tu un prince, pour qu'on le flagorne? souffre la vérité ,, coquin! puisque tu n'as pas de quoi gratifier un menteur : ou si tu la crains de notre part, pourquoi viens-tu troubler nos noces ?

Bazile^ à Marceline^

M'avez -vous promis^ oui ou non; si dans quatre ans , vous n'étiez pas pourvue , de mfi donner la préférence ?

Marcel in e.

A quelle condition Tai-je promis ?

Que si vous retrouviez un certain fils perdu ^ je l'adopterais par complaisance.

ToU« ENSEMBLE.

vil est trouvé.

Qu'à cela ne tienne ?

Tous ensemble y montrant Figaro.

Et le voici.

B A z I L E , reculant de frayeur.

J'ai vu le diable I

Bm d'oison^ à Bazile.

Et vou-ous renoncez à sa chère mèreî

Qu'y aurait-il de plus fâcheux que d'être cru le père d'un garnement?

26o LE MARIAGE DE FIGARO,

Figaro.

D'en être cru le fils ; tu te moques de moi !

B A z I L E , montrant Figaro.

Dès que Monsieur est de quelque chose ici ; je déclare moi, que je n y suis plus de rien.

(// sort.)

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