‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 107 sur 267 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

La Comtesse.

J'ai eu peur.

Le Comte.

Ce n'est pas pour te priver du baiser, que je l'ai pris. {Il la baise au front.)

La Comtesse.

. Des libertés I

Figaro à pari* Coquine!

Suzanne à part.

Channante!

Le Comte prend la main de sa femme.

Mais quelle peau fine et douce, et qu*il s'en &ut que la comtesse ait la main aussi belle !

La Comtesse à ^a/f.

Oh ! la préyention !

Le Comte.

A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?

La Comtesse, de la nx>ix de Suzanne.

Ainsi Tamour ?

a88 LE MARIAGE DE nCARO.

•Le Comte.

LVmoun.*.... n'est qne le roman du c'est le plaisir qui en esi rhistotre ; il m'; à les genoux.

La Comtesse*

Vous ne Taimes plus ?

Le Comte,

Je l'aime beaucoup; mais trois ans d^mauc rendent l'hymen si respectable !

La Comtesse.

Que Touliez-Tous en rllc?

Le Comte la caressant.

Ce que je trouve en toi^ ma beauté.*.««

Ija Comtesse.

Mais f dites donc.

Le Comte.

Je ne sais : moins d'uniformité ^ prat-

étre y plus de piquant dans les mai:ières » uo |C ne sais quoi qui fait le ch;<rnie ; quelcpx'fois tu refus, que sais-je ? ^os femmes croient ttH!t accomplir en nous aimant : cela dit une i «. elles uous ^iuicit, t.ous aiment ! ( qiund i "« nous aiment. ) Et sont si complaisantes , et >:

constamment obligeantes , et toujours , et sans relâche y qu'on est tout surpris un beau soir de trouTer la satiété où Ton recherchait le bon-* heur.

La Comtesse à part*

Ah ! quelle leçon !

Le Comte.

En vérité 9 Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles , c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveller à l'amour^ de ranimer, pour ainsi dire , le charme de leur possession , par celui de la variété.

La Comtesse piquée.

Donc elles doivent tout ?••••

Le Comte riant*

Et l'homme rien? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche à nous fiit de les obtenir; la leur.....

La Comtesse.

La leur?

Est de nous retenir ; on l'oublie trop. Théâtre. IL 19

ago LE MARIAGE DE FIGARO^

La Comtssb.

Ce De sera pas moi.

Ni mou

Figaro é pari.

Ni moi.

SczANNB â part.

Ni moi.

L B C o 11 T B prend la main de sa femme.

11 y a de l*écho ici ; parlons plus bat. To n'ai nul besoin d'y songer , toi que Tamour % Eue et si TiTe et si jolie I Ayec un grain de ca* price, tu seras la plus agaçante maîtresse ! (// h baise au front. ) Ma Suzanne , un Castillan ni que sa parole. Voici tout For promis pour k rachat du droit que je n*ai plus sur le délicieux moment que tu m'accordes. Mais comaïc la grâce que tu daignes y mettre est sana prtT , j'y joindrai ce brlDant que tu porteras pour Tamour de moi.

La Comte ssc, une rMrtnce.

Suzaime accepte tout.

FiCARO à part* On n'est pas plus coquine que ceb.

A C T E V. agi

Stjz AMN E A part.

Voilà du boa bien qui nous arrive.

Le Cohte à pari.

Elle est intéressée ; tant mieux.

La Comtesse regarde au fond.

Je Yois des flambeaux.

Le Comte.

Ce sont les apprêts de ta noce. Entrons-nous un momeot dans l'un de ces payillons ^ pour les laisser passer?

La Comtesse*

Sans linnière?

Le Comte Pentmine doucement.

A quoi bon? Nous n'avons rien à lirç.

Figaro à part.

Elle y Ta ^ ma foi I Je m'en doutais.

( Il s^at^ance.)

Le Comtb grossit «a yoùe en ^e r^oumani.

Qui passe ici?

Fie AEO e/ico&rr.

Passer I on vient «xprès.

39a LE MARIAGE DE HG ARO ,

Ls CoMTB boê d la ComUsêe.

C'esi Figaro I-«.. ( // s^enfuU. )

Je TOUS suis*

(£/!fe entre dans le pavillon à sa droiit. pendant que le Comte se perd dans le bois . au fond. )

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