ACTE V
La Comtesse.
J'ai eu peur.
Le Comte.
Ce n'est pas pour te priver du baiser, que je l'ai pris. {Il la baise au front.)
La Comtesse.
. Des libertés I
Figaro à pari* Coquine!
Suzanne à part.
Channante!
Le Comte prend la main de sa femme.
Mais quelle peau fine et douce, et qu*il s'en &ut que la comtesse ait la main aussi belle !
La Comtesse à ^a/f.
Oh ! la préyention !
Le Comte.
A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?
La Comtesse, de la nx>ix de Suzanne.
Ainsi Tamour ?
a88 LE MARIAGE DE nCARO.
•Le Comte.
LVmoun.*.... n'est qne le roman du c'est le plaisir qui en esi rhistotre ; il m'; à les genoux.
La Comtesse*
Vous ne Taimes plus ?
Le Comte,
Je l'aime beaucoup; mais trois ans d^mauc rendent l'hymen si respectable !
La Comtesse.
Que Touliez-Tous en rllc?
Le Comte la caressant.
Ce que je trouve en toi^ ma beauté.*.««
Ija Comtesse.
Mais f dites donc.
Le Comte.
Je ne sais : moins d'uniformité ^ prat-
étre y plus de piquant dans les mai:ières » uo |C ne sais quoi qui fait le ch;<rnie ; quelcpx'fois tu refus, que sais-je ? ^os femmes croient ttH!t accomplir en nous aimant : cela dit une i «. elles uous ^iuicit, t.ous aiment ! ( qiund i "« nous aiment. ) Et sont si complaisantes , et >:
constamment obligeantes , et toujours , et sans relâche y qu'on est tout surpris un beau soir de trouTer la satiété où Ton recherchait le bon-* heur.
La Comtesse à part*
Ah ! quelle leçon !
Le Comte.
En vérité 9 Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles , c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveller à l'amour^ de ranimer, pour ainsi dire , le charme de leur possession , par celui de la variété.
La Comtesse piquée.
Donc elles doivent tout ?••••
Le Comte riant*
Et l'homme rien? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche à nous fiit de les obtenir; la leur.....
La Comtesse.
La leur?
Est de nous retenir ; on l'oublie trop. Théâtre. IL 19
ago LE MARIAGE DE FIGARO^
La Comtssb.
Ce De sera pas moi.
Ni mou
Figaro é pari.
Ni moi.
SczANNB â part.
Ni moi.
L B C o 11 T B prend la main de sa femme.
11 y a de l*écho ici ; parlons plus bat. To n'ai nul besoin d'y songer , toi que Tamour % Eue et si TiTe et si jolie I Ayec un grain de ca* price, tu seras la plus agaçante maîtresse ! (// h baise au front. ) Ma Suzanne , un Castillan ni que sa parole. Voici tout For promis pour k rachat du droit que je n*ai plus sur le délicieux moment que tu m'accordes. Mais comaïc la grâce que tu daignes y mettre est sana prtT , j'y joindrai ce brlDant que tu porteras pour Tamour de moi.
La Comte ssc, une rMrtnce.
Suzaime accepte tout.
FiCARO à part* On n'est pas plus coquine que ceb.
A C T E V. agi
Stjz AMN E A part.
Voilà du boa bien qui nous arrive.
Le Cohte à pari.
Elle est intéressée ; tant mieux.
La Comtesse regarde au fond.
Je Yois des flambeaux.
Le Comte.
Ce sont les apprêts de ta noce. Entrons-nous un momeot dans l'un de ces payillons ^ pour les laisser passer?
La Comtesse*
Sans linnière?
Le Comte Pentmine doucement.
A quoi bon? Nous n'avons rien à lirç.
Figaro à part.
Elle y Ta ^ ma foi I Je m'en doutais.
( Il s^at^ance.)
Le Comtb grossit «a yoùe en ^e r^oumani.
Qui passe ici?
Fie AEO e/ico&rr.
Passer I on vient «xprès.
39a LE MARIAGE DE HG ARO ,
Ls CoMTB boê d la ComUsêe.
C'esi Figaro I-«.. ( // s^enfuU. )
Je TOUS suis*
(£/!fe entre dans le pavillon à sa droiit. pendant que le Comte se perd dans le bois . au fond. )