‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 239 sur 267 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Grande marche.

ATAR, ALTAMORT, TARARE, URSON, ARTHENÉE, ELAMIR, PRÊTRES, ENFANTS, ViSIRS, EMIRS, Suite, Peuple, Soldats, Esclaves.

A T A a monte sur un trône élevé dans le temple.

Arthehéc, majestueusement*

Jr aÉTKEd du grand Brama ! roi du Golfe Persique ! Grands de l'Empire ! peuple inondant le portique ! La nation, Tarmée attend un général.

Chœur universel.

Pour nous préserver d'un grand mali Que le choix de Brama s'explique!

Artreitée.

Vous promettez tous d'obéir Au chef que Brama va chobir ?

C H OE u R universel.

Nous le jurons sur cet autel antique.

Arthenée, d'un ton inspiré.

Dieu sublime dans le repo^, Magnifique dans la tempête ,

Soit que ton souffle élève aux cieax les flots. Soit que ton regard les arrête; Permets que le nom dW héros »

Sortant d*une bouche innocente, Devienne cher à ses rivaux ; Et porte à Tennemi le trouble et réponTaatc ! {A Elamir. ) Et vous, enfant, par le cid inspiré !

Nommez, nommez sans crainte un héros préfet»,

(On élhye ElanUr sur des pm^ou.

E L À M 1 a, ai^ec enthousiasme.

Peuple , que la terreur égare , Qui vous fait redouter ces sauvages Chrétiens ?

UEtat manque-t-il de soutiens ?

Comptez, aux pieds du roi, vos défenseurs, Tarirr. .

C B œ v a subit du peuple et des fif^4Hf

Tarare! Tarare! Tarare!

Ah! pour nous Brama se déclare :

Uenfant vient de nommer Tarare.

Tarare! Tarare! Tarare!^

Altamobt, en coUre.

Arrêtez ce fougueux transport.

AaTHEV£S.

Peuple, c'est une erreur! (^ Elms^.i"

Mon fils , que Dieu tous looi k< '

Le ciel m'inspirait Altamort| Tarare est sorti de ma boocke.

Deux CORIPHÉES de Soldats.

Par Tenfant , Tarare indiqué N'est point un hasard sans mystère.

Plus son choix est involontaire , Plus le Tœu du ciel est marqué.

Oui y pour nous Brama se déclare; L'enfant vient de nommer Tarare.

G a œ tr A du peuple et des soldats.

Tarare! Tarare! Tarare!

( On redescend Elamir, )

A T ▲ A se lèue.

Tarare est retenu pour un premier serment : Son grand cœur s'est lié d'avance A suivre une juste vengeance.

T A R A R E 9 la main sur sa poitrine.

Seigneur, je remplirai le double engagement

De la vengeance et du commandement.

{Au peuple.)

Qui veut la gloire, A la victoire Yole avec moi.

Tous.

C'est moi, c'est moi.

Tarare.

Sujets, esclaves, Que les plus braves Donnent leur foi.

C'est moi, c'est moi.

Ni paix y ni trêve, L'horreur du glaive ) Fera la loi.

Tous.

C'est moi, c'est moi.

T ▲ R À aB.

Qui veut la gloire, A la victoire Vole avec moi.

Tous.

C'est moi , c'est moi.

A T ▲ a , à porf .

Je ne puis soutenir la dameur importune , D'un peuple entier sourd à ma vois.

( // ^eut descendre. )

Altaxobt r arrête.

Ce choix est une injure à tous tes cheis U attaque nos premiers droits.

L'arrogant soldat de fortune Doit-il aux grands dicter des lois T

T A a ▲ B B , fièremenU

Apprends , fils orgueilleux des prêtres! Qu'élevé pormi les soldats.

Tarare avait , au lîeu d'ancèlres.

Dëjk vaincu dans cent combats ;

( Avec un grand dédain. ) Qa'Âltamort en£ant, dans la plaine, Poarsuivaii les fleurs des chardons , Que les Zëphirs , de leur haleine , Font voler au sommet des monts.

Altamort, la main au sabre.

Sans le respect d'Âtar, vil objet de ma haine

Tarare, bien dédaigneux.

Du destin de l'Etat tu prétends décider !

Fougueux adolescent, qui veux nous commander , Pour titre ici , n*as-tu que des injures 7 Quels ennemis t'a-t-on vu terrasser ? .

Quels torrents osas-tu passer ?

Où sont tes exploits , tes blessures ?

Altamort, en fureur.

Toi, qui de ce haut rang brûles de l'approcher , Apprends que sur mon corps il te faudra marcher.

( // tire ^on sabre. )

ARTSissic, troublé.

O désespoir ! 6 frénésie !

MoR fils !

Altamort, plus furieux.

A ce brigand j'çirracherai la vie. .

Tarare, froidemeiu.

Calme ta fureur , Altamort.

Ce sombre feu , quand il s'allume ,

Détruit les forces , nous consume :

Le guerrier , en colère, est mort«

( // tire som

Arthehée $* écrie.

Le temple de nos Dieux est-Q donc une arène ?

A T ▲ R se lève.

Arrêtez.

. Pobëis {A Jlkamori, lui prenant la

Toi, ce soir, à U plaine.

- {A Calpigi^ à pari, pemtant qu'Atar Jesctmd

de son trône.

Et toi, fidèle ami , sans fanal et sans bruit ,

Au rerger du sërail attends-moi cette nuit.

A T A R lia remet le bdton de conunamdei bruit d'une fanfare.

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