‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 57 sur 267 · SCÈNE X V L · texte numérisé non relu

SCÈNE X V L

LE COMTE, LA COMTESSE rentrent

dans la chambre.

Le Comte, une pince à la main\ qu'il jette

sur le fauteuil.

X DUT est bien comme je Tai laissé. Madame , en m'exposant à briser cette porte y réfléchissez aux suites : encore une fois youlez-rous l'ouvrir?

i43 LE MABIAGB DE FIGARO,

La CoMTia$E«

Eh y Monsieur, quelle horrible humeur peut altérer ainsi les ^ards entre deux époux? Si Tamour tous dominait au point de tous inspirer ces fureurs ; malgré leur déraison , \e Us excu* serais ; ^'oublierais f peut-être , Qi faTeur dn motif, ce qu'elles ont doffensant pour moi. Mail la seule Tanité peut- elle jeter dans cet excès un galant homme ?

Amour ou Tanité, tous ouvrirez la porte ; ou je Tais k rin$unt«*.««

La Coj|itessb ou-dm^anL

ArrètM > Monsieur , je tous prie. Me crojez* TOUS capable de manquer à ce que je me dois ?

Tout ce qu'il tous plaira , Madame ; mais je Terrai qui est dans ce cabineu

La Comtesse effrayée.

Hé bien y Monsieur , tous le Terrez. Ecootei moi... tranquillement.

L B Comte.

Ce n'est donc pas Suzanne ?

La Comtesse, timidement.

Au moins n^estpce pas non plus ime pemonae**.

dont TOUS deriez rien redouter... nous disposions une plaisaoterie... bien innocente^ en Terité^ pour ce soir..** et je vous jure****

L ^ 'C b M T El

Et TOUS me jurez 7

• • * ft

Que nous n'ayions pas plus de de.sseio..de yous offenser Tun quel^àutre*

XiE CoMTï, i)/ïe*

L'un que Paiitre? c'^st un bommç* .

Ifi E û O ^ 7* 6,.

Hé quidopc'?

La Comtesse;*

A peine osé-je le nommer !

Le C o Vil Vk furieux^

Je le tuerai.

La 'C (o>h x% 4v$ ^.

^^iwds dl^kui.1 . ,

i44 LE MARIAGE DE HCARO,

La Comtesse.

Ce jeuDe.«.« Chérubin..**

L £ Comte.

Chérubin ! l'insolent ! Toilk mes soupçons ef le billet expliqués.

La Comtesse, joignant les mains.

Ah! Monsieur^ gardez de penser.....

Le Comte^ fmppani du pied.

( A pari. ) Je trouverai partout ce maudit paj^ !

( haut. ) Allons , Madame ^ ouvrez ; je sais tout ,

maintenant. Vous n'auriez pas été si émue , en le

congédiant ce matin ; il serait parti quand )c Tai

ordonné ; vous n'auriez pas mis tant de fausseté

dans votre conte de Suzanne ; iî ne se serait pa^

si soigneusement caché , s'il n'y avait rien de

criminel.

La Comtesse.

Il a craint de vous irriter en se montrant.

Le Comte, hors de lui y et criant tourne vers

le cabinet.

Sort donc , petit malhearenx I

La Comtesse le prend à hras le corps f en

f PéloignanL

Ah ! Monsieur, Monsieur, voue

fait trembler pour lui. N'en croyez pas un injuste soupçon y de grâce; et que le désordre, où vous i^allez trouyer....

Le Comte.

Du désordre !

LàComtesse.

Hélas oui; prêt à s'habiller en femme j une coiffure à moi sur la tête, en veste et sans manteau, le col ouyert, les bras nus ; il allait essayer*. •

Le Comte*

£t TOUS rouliez garder votre chambre ! Indigne épouse t ah, tous là garderez... long-temps ; mais il £iut aTant que )'en chasse un insolent , de manière à ne plus le rencontrer nulle part.

La Comtesse se jette à genoux, les bras

élevés.

Monsieur le comte , épargnez un enfant ; je ne me consolerais pas d'avoir causé....

Le C o m te.

Vos frayeurs aggraTent son crime.

La Coaitesse.

Il n'est pas coupable , il partait : c'est moi qui Tai fait appeler.

Thédtœ. IL lo

i46 LE MARIAGE DE FIGARO,

Le Comxz furieux*

LeTez-TOUs. Oiez-vous...» To es bien cieuse d'oser me parler pour un autre !

Eh bien ! je m'dterai , Monsieur , je me lèverai ; }e TOUS remetu^ même la clef du cabinet : mais , au nom de votre amour..«.

De mon amotn* ! perBde I

La Comtesse se lève ei lui présente la clef.

Promettez-moi que tous laisserez aller cet enfant sans lui (aire aucun mal ; et puisse après » tout Totre coiurroux tomber sur moi , si je ne ^ TOUS couTaincs pas*.«*.

Le Comte ptenant la clef.

Je n'écoute plus rien.

La Comtesse se jette sur une bergère p un

mouchoir sur les yeux.

O ! ciel ! il Ta périr.

Le Comte oupre la porte et recule.

C'est Suzanne I

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