‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 58 sur 267 · COMTE · texte numérisé non relu

COMTE

Le Comte sort du cabinet d'un air confus. Après un court silence.

1 L n*y a personne ^ et pour le coup j'ai tort. — Madame ?••••• Vous jouez fort bien la comcjie.

S a z A Mv E gatment.

Et moi. Monseigneur?

La Comtesse y son mouchoir sur sa boudèepam U Cwiww se remettre , ne parle pas.

^CoÊÊ^ Le Comte /approche.

Quoi 9 Madame , tous plaisantiez ?

La CoMTEêBE se remettant un pe¥^

Et pourquoi non , Monsieur 7

L B Comte.

Quel affreux badlnage I et par quel motif, je Tooa prie?....

La Comtesse* Vos folies mériteat*eUes de la piiié?

A e T E II i4^

Nommer folies ce qui touche k rhonneurl.

Lia Comtesse assurant son ton par degrés^

Me suis-je UBÎe à vous pour être éternellement dévouée à rabaiidon et kla jalousie , que vous.seul ^>sez concilier?

Ah ! Madame > c'est sans ménagemeuc«.

S tr $ A N N B.

Madame n'avait qu'à vous, laisser appeler les

gens.

Tb as raison y et c'est à moi de m'humilien^^ Pardon^ je suis d'une confusion !••••

S u z: A N rc È»

Avoues y Monseigneur y ^e voua la mériteas Bn peu I

Pourquoi donc ne sortais^tu pas.^ lorsque je t'appelais ? mauvaise l

Je merliabiUais de mon mieux ^ à gland renfort d'épingles et madame qui me le défendait^ avait bien ses raisons pc^ar le £sdce«.

f5o LE MARIAGE DE FIGARO,

Le C o m t k.

Au lieu de rappeler mes torts ^ aide-moi pluii : à Tappaiscn

La Comte88e*

- Non , Monsieur ; un pareil outra^^e ne se courrr point* Je vais me retirer aux Ursulincs , et je vo^ trop qu*il eu est temps.

Le C o 11 t b* Le |K>urriez*Tous sons quelques regrets ?

Je suis sure moi , que le jour du départ serai: la veille dçs larmes*

La Comtesse.

Eh ! quand cela serait » Suzon ; j*aime mieux le regretter, que d'avoir la bassc«3se de lui pardomicr; il m'a trop ofiensée.

Le C o m t b.

Rosine !••••••

La Comtesse*

Je ne la suis plus, cette Rosine que vous avet tant poursuivie ! je suis b pauvre comtesse Al-

mavivj ; la triste femme délaissée, que vous n'ai* mes plus.

Suzanne.

Madame.

Le Comte suppliant.

Par pitié.

La Comtesse.

Vous n'en aviez aucune pour moi.

Mais aussi ce billet..... Il m'a tourné le sang I La Comtesse.

Je n'avais pas consenti qu'on l'écrivit.

Le c o ^ t e.

Vous le saviez ?

La Comtesse.

C'est cet étourdi de Figaro

Il en était?

La Comtesse.

Qui l'a remis à Bazilé.

Le Comte.

Qui m'a dit le tenir d'un paysan. O perfide chanteur! lame à deux tranclumtsi c'est toi qr.l paieras pour tout le monde.

i5a LE MARUGE DE nGARO,

La Comtesse.

Vous demandes pour tous un pardon que Tt refii8<'z aux amtres : voila bien les hommes ! Ah ! si jamais je consentais k pardonner en faveur de l'erreur où vous a jeté ce billet , j'exigerais que l'amnistie fût générale.

Le Comte.

Hé bien y de tout mon cœur. Comtesse. Mais comment réparer une ùute auksi humiliante ?

La Comtesse se lève.

Elle l'était pour tous deux.

Le Comte.

Ah! dites pour moi seul. — Mais je suis encore k concevoir comment les femmes prennent si vite ex si [ti'ite , Tair et le ton des circonstances. Voua mugissiez 9 vous pleuriez^ votre visage était dé- LiU..... D'honneur il Test encore.

La Comtesse s^efforçant de sourire.

Je rougissais..... du ressentiment de vos soupçons. Mais les hbmmes sont-ils ass)ex délicau poor distinguer l'indignation d*une Ame honnête «H tragée^ d'avec la confusion qui naît d'une accu» satiun méritée?

Le Comte sourfant.

Et ce pige en désordre 9 en vesie et presque nu.......

La Comtesse montrant Suzanne,

1* e tôy^z devant vôiis. N'aîmez-vous pag

mieux TaToir trouvé que l'autre ? En général j

"VOUS ne haïssez pas de rencontrer celui-ci*

Le Comte riant plus fort.

£c ces prières, ces larmes feintes....

La Comtesse.

Vous me faites rire , et j'en ai peu d'envie.

Nous croyons valoir quelque chose en politique, et nous ne sommes que des enfants. C'est vous , c'est vous. Madame, que le roî devrait envoyer en ambassade à Londres I II faut que votre sexe ait fait une étude bien réfléchie de l'art de se composer pour réussir à ce point !

La Comtesse.

C'est toujours voué qui nous y force^.

S U K A Ti N £.

Laissez -nous prisonniers sur parole, et vous verrez si nous sommes gens d'honneur.

La ComT£8S£.

Brisons-là , monsieur le Comte. J'ai peut-être été trop loin ; mais mon indulgence en un cas aussi grave , doit an moins m'obtenir la vôtre.

s 54 LE MARIAGE DE FIGARO,

Mais TOU8 répéteres que tous me pardonn

La C0MTB88B.

Esi-ce qae je Tai dit, Suzon?

S u s ▲ N N e* Je ne Tai pas entcDdu , Madame.

Eh bien , que ce mot tous échappe.

La Coxtbssb.

Le méritez-Tous donc, ingrat?

Oui , par mon repentir.

S c Z A ff J« E.

Soupçonner un homme dans le cabinet de .. daroel

Le Comte.

Elle m'en a si sévèrement puni !

IVe pas s'en fier à elle, quand elle dit que cVst

sa camariste !

Le C o m t F.

Rosiue» êtcs-Tous donc impbcaUe?

La g o m t b s s ^.

Ah ! Suzon ! que je suis faible! quel exemple je te donne ! ( tendant la main au comte. ) On ne croira plus a la colère des femmes.

Suzanne.

Bon ! Madame^ avec eux^ ne £iut-il pas toujours en Tenir là?

IjC Comte baise ardemment la main de sa femme.

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