COMTE
Le Comte sort du cabinet d'un air confus. Après un court silence.
1 L n*y a personne ^ et pour le coup j'ai tort. — Madame ?••••• Vous jouez fort bien la comcjie.
S a z A Mv E gatment.
Et moi. Monseigneur?
La Comtesse y son mouchoir sur sa boudèepam U Cwiww se remettre , ne parle pas.
^CoÊÊ^ Le Comte /approche.
Quoi 9 Madame , tous plaisantiez ?
La CoMTEêBE se remettant un pe¥^
Et pourquoi non , Monsieur 7
L B Comte.
Quel affreux badlnage I et par quel motif, je Tooa prie?....
La Comtesse* Vos folies mériteat*eUes de la piiié?
A e T E II i4^
Nommer folies ce qui touche k rhonneurl.
Lia Comtesse assurant son ton par degrés^
Me suis-je UBÎe à vous pour être éternellement dévouée à rabaiidon et kla jalousie , que vous.seul ^>sez concilier?
Ah ! Madame > c'est sans ménagemeuc«.
S tr $ A N N B.
Madame n'avait qu'à vous, laisser appeler les
gens.
Tb as raison y et c'est à moi de m'humilien^^ Pardon^ je suis d'une confusion !••••
S u z: A N rc È»
Avoues y Monseigneur y ^e voua la mériteas Bn peu I
Pourquoi donc ne sortais^tu pas.^ lorsque je t'appelais ? mauvaise l
Je merliabiUais de mon mieux ^ à gland renfort d'épingles et madame qui me le défendait^ avait bien ses raisons pc^ar le £sdce«.
f5o LE MARIAGE DE FIGARO,
Le C o m t k.
Au lieu de rappeler mes torts ^ aide-moi pluii : à Tappaiscn
La Comte88e*
- Non , Monsieur ; un pareil outra^^e ne se courrr point* Je vais me retirer aux Ursulincs , et je vo^ trop qu*il eu est temps.
Le C o 11 t b* Le |K>urriez*Tous sons quelques regrets ?
Je suis sure moi , que le jour du départ serai: la veille dçs larmes*
La Comtesse.
Eh ! quand cela serait » Suzon ; j*aime mieux le regretter, que d'avoir la bassc«3se de lui pardomicr; il m'a trop ofiensée.
Le C o m t b.
Rosine !••••••
La Comtesse*
Je ne la suis plus, cette Rosine que vous avet tant poursuivie ! je suis b pauvre comtesse Al-
mavivj ; la triste femme délaissée, que vous n'ai* mes plus.
Suzanne.
Madame.
Le Comte suppliant.
Par pitié.
La Comtesse.
Vous n'en aviez aucune pour moi.
Mais aussi ce billet..... Il m'a tourné le sang I La Comtesse.
Je n'avais pas consenti qu'on l'écrivit.
Le c o ^ t e.
Vous le saviez ?
La Comtesse.
C'est cet étourdi de Figaro
Il en était?
La Comtesse.
Qui l'a remis à Bazilé.
Le Comte.
Qui m'a dit le tenir d'un paysan. O perfide chanteur! lame à deux tranclumtsi c'est toi qr.l paieras pour tout le monde.
i5a LE MARUGE DE nGARO,
La Comtesse.
Vous demandes pour tous un pardon que Tt refii8<'z aux amtres : voila bien les hommes ! Ah ! si jamais je consentais k pardonner en faveur de l'erreur où vous a jeté ce billet , j'exigerais que l'amnistie fût générale.
Le Comte.
Hé bien y de tout mon cœur. Comtesse. Mais comment réparer une ùute auksi humiliante ?
La Comtesse se lève.
Elle l'était pour tous deux.
Le Comte.
Ah! dites pour moi seul. — Mais je suis encore k concevoir comment les femmes prennent si vite ex si [ti'ite , Tair et le ton des circonstances. Voua mugissiez 9 vous pleuriez^ votre visage était dé- LiU..... D'honneur il Test encore.
La Comtesse s^efforçant de sourire.
Je rougissais..... du ressentiment de vos soupçons. Mais les hbmmes sont-ils ass)ex délicau poor distinguer l'indignation d*une Ame honnête «H tragée^ d'avec la confusion qui naît d'une accu» satiun méritée?
Le Comte sourfant.
Et ce pige en désordre 9 en vesie et presque nu.......
La Comtesse montrant Suzanne,
1* e tôy^z devant vôiis. N'aîmez-vous pag
mieux TaToir trouvé que l'autre ? En général j
"VOUS ne haïssez pas de rencontrer celui-ci*
Le Comte riant plus fort.
£c ces prières, ces larmes feintes....
La Comtesse.
Vous me faites rire , et j'en ai peu d'envie.
Nous croyons valoir quelque chose en politique, et nous ne sommes que des enfants. C'est vous , c'est vous. Madame, que le roî devrait envoyer en ambassade à Londres I II faut que votre sexe ait fait une étude bien réfléchie de l'art de se composer pour réussir à ce point !
La Comtesse.
C'est toujours voué qui nous y force^.
S U K A Ti N £.
Laissez -nous prisonniers sur parole, et vous verrez si nous sommes gens d'honneur.
La ComT£8S£.
Brisons-là , monsieur le Comte. J'ai peut-être été trop loin ; mais mon indulgence en un cas aussi grave , doit an moins m'obtenir la vôtre.
s 54 LE MARIAGE DE FIGARO,
Mais TOU8 répéteres que tous me pardonn
La C0MTB88B.
Esi-ce qae je Tai dit, Suzon?
S u s ▲ N N e* Je ne Tai pas entcDdu , Madame.
Eh bien , que ce mot tous échappe.
La Coxtbssb.
Le méritez-Tous donc, ingrat?
Oui , par mon repentir.
S c Z A ff J« E.
Soupçonner un homme dans le cabinet de .. daroel
Le Comte.
Elle m'en a si sévèrement puni !
IVe pas s'en fier à elle, quand elle dit que cVst
sa camariste !
Le C o m t F.
Rosiue» êtcs-Tous donc impbcaUe?
La g o m t b s s ^.
Ah ! Suzon ! que je suis faible! quel exemple je te donne ! ( tendant la main au comte. ) On ne croira plus a la colère des femmes.
Suzanne.
Bon ! Madame^ avec eux^ ne £iut-il pas toujours en Tenir là?
IjC Comte baise ardemment la main de sa femme.