‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 4)Chapitre 60 sur 267 · FIGARO, SUZANNE, LA COMTESSE^ LE COMTE, ANTONIO · texte numérisé non relu

FIGARO, SUZANNE, LA COMTESSE^ LE COMTE, ANTONIO

Antonio, demi-gns, tenant un pot de ffirofiées

écrasées.

IVloifSEiGNEUE ! Monseigneur !

Que me Teux-tu , Antonio ?

Antonio.

Faites donc une fois griUer les croisées qui (lonnent sur mes couches. On jète toutes sortes

l6o LE MARIAGE DE FIGARO,

.de choses par ces fenêtres; et tout & l'heure encore on Tient d*en jeter un homme.

L 1^ Comte.

Par ces fenêtres ?

Regardez comme oo arrange mes giroflées !

S0ZANNE9 bas à Figaro.

Alerte , Figaro I alerte*

Figaro.

Monseigneur ^ il est gris dès le matÎD.

A 1« T O II 1 o«

Vous n'y êtes pas. Ost un petit reste d'hier. VoiUi conune on fait des jugements.... téoébceu*

Lb Comte avec feu.

Cet homme ! cet homme ! où est-il ?

Antonio.

ù il est?

Oui.

Antonio*

C*est ce que je dU. Il f uc me le trourer drîj. Je suis Totre domestique ; d u y a que moi qui

prends soin de votre jardin ; il y tombe un homme et TOUS sentez... que ma réputation en esteffleurée.

Suzanne^ bas à Figaro.

Détourne, détourne.

Figaro*

Tu boiras d^mc toujours ? ^

Et si je ne buvais pas y je deviendrais enragé.

La CojiiTEsse.

Mds en (urendre ainsi sans besoin

Antonio.

Boire sans soif et faire l'amour en tout temps i Madame ; il n'y a que (a qui nous distingue des autres bétes.

Le Covt£ vwement.

Répond^moi donc , ou je vais te chasser.

Antonio.

Est-ce que je m'en irais?

Comment donc?

Antonio se touchant le front.

Si TOUS n'avez pas assez de ça pour garder un Théâtre. II. II

i62 LE MARIAGE DE FIGARO,

bon domestique ; je ne suis pas assez bête , moi , pour renvoyeruu si bou maître.

Le Comte le secoue a\*ec coli-re.

Ou a, dis-tu^ jeté un homme par cette fenêtre?

Ouï, mon Excellence; tout à l'heure, en vcMc blanche y et qui s*C8t enfui, jarui, couianu..— •

Le Comte impatientée Après ?

Anton i o.

J'ai bien voulu courir après; mais je me %\\\% donne contre la grille tme si ilère {«wurdr à la main » que je ne peux plus remuer ni pied ui patte de ce doigt*là« (^Let'ant le doigt.)

li E Comte.

Au moins tu reconnaîtrais Thomme ?

Antonio.

Oh ! que oui-dà I si je lavais vu ! pourtant !

S c z A N N E ùus à Figaro.

Il ne Ta pas vu.

V i o h ik o.

Vt.ila bien du train \ioxit un pot de fleurs ! combien te iaut-il, pleurard! avec ta giroflée? 11 est inutile de chercher , Monseigneur, c c>t moi qui ai sauté.

Le C o h t b.

Comment c'est tous!

Antonio.

Combien te faut-il , pleurard? Votre corps a

donc bien grandi depuis ce temps-là? car je

TOUS ai trouTe beaucoup plus moindre > et plus

fluet!

Figaro.

Certainement; quand on saute ^ ou se pelotonne.»...

Antonio.

M'est aTis que c'était plutôt qui dirait ^ le

gringalet de page.

Le Comte.

Chérubin , tu tcux dire ?

Figaro.

Oui, rcTenu tout exprès aTCC son chcTal , de la porte de SeTille , où peut-être il est déjà.

Antonio.

O! non, je ne dis pas ça, je ne dis pas ça; je n'ai pas tu sauter de cheTal , car je le dirais de même.

Le Comte.

Quelle patience !

i64 LE MARIAGE DE FIGARO,

J'étais dans la chambre des femmes en tc^ c

blanche : il fait un chaud !••••• J'attendais là m^

Suzanette^ quand j'ai oui tout à coup la Toii <!-*

Monseigneur , et le grand bruit qui se fesait :

ne sais quelle crainte m*a saisi & loccasion de* v <*

billet; et s'il faut arouer ma bêtise , j*ai sjt.:*

sans réflexion sur les couches , où je me si..-

même un peu foule le pied droit* ( Il f rôtie s- i

pied. )

Antonio.

Puisque c'est tous , il est juste de tous rendrr ce brinborion de papier qui a coule de ToL^it Teste en tombant.

Le Comte se jette dessus.

Donne-le moi. (// ouvre te papier et le n^

ferme. )

F I G A E o à part.

Je suis pris.

Le Comte <ï Figaro.

La frayeur ne vous aura pas fait oublier ce qn** contient ce papier, ni commeut il se irou^ji*t dans Totre poche ?

FiGAEO emtamissr\ Jimille da fis ses pot!i

et m tire des papiers.

Non sûrement.... Mais c*cst que j'en ai w- *

11 i^al répondre à tout..... ( // regarde un des papiers* ) Ceci ? ah ! c'est une lettre de MarcelinCy en quatre page$ , elle est belle !..... Ne serait-ce pas la requête de ce pauvre braconnier

en prison 7..... non, la Toki J'avais Tétat des

meubles du petit château, dans l'autre poche^....

Le Comte réouvre le papier qiCil tient.

* La Comtesse, bas à Suzanne.

Ah dieux ! Suzon. C'est le brevet d'offîcien

Suzanne, bas à Figaro.

Tout est perdu , c'est le brevet*

Le Comte replie le papier.

£h bien! l'homme aux expédients^ vous ne devinez pas?

Avroffio, s^approchant de Figaro. Antooio.

' . ^ l'igaro.

Monseigneur dit , si vous ne devinez pas ? Sazanoe.

La Comtesse.

Figaro le repousse. Le Comte

Fi donc f vilain qui me parle dans le nez !

L B Comte.

Vous ne tous rappelez pas ce que ce peut être ? .

A, a, a, ahî Pof^ml ce sera le brevet de ce

iGTi LE MARIAGE DE FIGARO,

malheureux enfant , qu'il m'avait remis, et que j'ai oublié de lui rendre. O, o, o^ oh! étounli que je suis ! que fera-t-i) sans son brevet ? il iaut courir.....

Pourquoi tous l'aurait-il remis?

F 1 G A R o y embarrassé.

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