SCÈNE X
PAULINE, MÉLAC fils.
( Pauline a entendu les dernières phrases de son amant; elle^voitsa douleur^ et s^ approche açec une a)we émotion. )
Mélac fils V aperçoit^ et continue*
Qu'une stérile compassion ne vous ramène pas, Mademoiselle. Je sais que je tous ai perdue ; je connais toute Thorreur de mon sort. Laisse^moi seul à ma douleur.
P Ir u L I N s.
Cruel !••••
Mélac fils.
Vos consolations ne pourraient que Tirriter.
P A U L I If £•
Comme le malheur vous rend injuste et duri La crainte qu'on ne pense mal de tous, tous donne mauTaise opinion du coeur de tout le monde. Votre ardente TiTacité tous a déjà îail manquer à mon oncle*.**
A C TE I V. 3i7
Mélac fîlsy 4i9ec feu.
Il insultait mon père. Avec quelle cruauté il lui développait tout ce que notre situation a d'odieux \ S'il n'eût pas été votre oncle.**..
P A U JL I N B.
Ingrat ! à Pinstant où vous allez tout lui devoir; pendant que son attachement loi fait payer toute la somme à Saint-Alban«
Que dites-vous? Il nous sauve llipi^ieiir?
P A U L E If s. >
11 va plus loin.... son corar^ qui vous cKérit
Mélac fils, vivjsmenU
Achever , Pauline ^ achevez ; ne craignez p:^ de mettre le comble à ma }oie. Il isQie donne sa
nièce?
P A u L I Pi £ timidement^
Ah ! Mélac... ne parlez plus de sa malheureuse
nièce.
Mé-lac fils.
Comment ?
P A ir L X IV s*
Sa fille... •
5i8 LES DEUX AMIS,
Sa fille !
Sa fille ^ froit d!uiiè unioa ignorée, qui vous connaît^ qiii vous aimey of&e à votre père cent mille écus qu'elle* tient des dons et des épargnes du sien««.* • ^
M É L A c fils , ai^ec indignation^ ■'
Au prix de m'épouser*!.... Nous n'étions pas assez avilis ; il qous manquait cet opprobre.
Pauline pleurant.
J'ai Bien prévu que votre âmè orgueilleuse rejèterait un pareil bteniait.
Mélac, fils, furieux.
Il me fait horreur; le serriçe^ 9^ celui qui Toffre f et celle qui le rend^ je les déteste tous...** C'était donc pour cela qu'il éloignait toute idée, de notre union? Il me gardait cette honte; il me méprisait ^ même avant que le malheur ili'eût réduit à souffrir tous les outrages. Mais , je le jure à vos pieds ^Pauline; fôt-elle cent fois plus généreuse , la fille sans nom, sans état, et désa-« vouée de ses parents , ne m'appartiendra jamais*
Pauline*
Vous la connaisses mal ;' elle n'a eu en vue que votre père.
M É L À C fils.
Mon père! Faut-il donc nous sauver d'une infamie par une autre?... Vous pleurez ^ ma chère Pauline! craignez-vous que la nécessité ne me fasse enfin comraaer un indigne! engagement?
Pauline outrée*
Non, je ne suis plus même assez heureuse^ pour le craindre j vous avez prononcé votre arrêt et le mien. Cette infortunée que vous insultez avec lanl d'inhumanité...^ •
MéLAc fils, effraj-é.
Celle infortunée ? / .
Elle'est devant vos yeux.
M É VMtC ÙUà.
Vous?
Pauline tombant sUr un 'siégè\
J'avais le coeur percé de ^ cette nouvelle , ti vous avez achevé de le déchirer.
Mélac fils^ à ses pieds.
O douleur!.... Pauline! ne mé tendicz-vous ce piège que pour me rendre aussi coupable ?
Pauline.
Laissez-moi.
5ao LES DEUX AMIS,
Mélac fiils.
Pourquoi ne pas m'apprendre?....
L'avez -TOUS permis? Voire emporiement a fait sortir de votre bouche Tafireuse vérité ; Mousieur^ il n'est plus temps de désavouer vos sentiments.
Mélac fils ^e relève furieux.
Osez-vous bien vous prévaloir d'une erreur , qui fut votre ouvrage ? Osez-vous m'opposer le désordre d'un désespoir que vous avez causé vous-même? Je voyais les puissants ressorts qu'on fesait agir contre oous; je disais : je la perds* Je m'armais^ à vos yeux , de toute la force dont je prévoyais avoir besoin. Suis-jè donc un dénaturé^ un monstre? Et quel esc l'homme assez barbare pour imputer à d'innocentes créatures un mal qu'elles ne purent empêcher?
Pauline pleurant.
Non , non.
MéLAC fils> plus wte.
La faute de leurs parents leur ôte-elle une qualité? une seule vertu? Au contraire, Pauline^ et vous en êtes la preuve ; il semble que la nature