‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 152 sur 199 · ROSINE, FIGARO · texte numérisé non relu

ROSINE, FIGARO

Rosine surprise,

x\.B ! M. Figaro, que je suis aise de vovis Toir !

Figaro.

Votre santé , madame ?

Rosine.

Pas trop bonne y M. Figaro. L'eonui me tue.

Je le croi3 ; il n'engraisse que les sots.

Rosine.

Arec qui parliez tous donc Ik-bas si viremeui? je n'entendais pas : mais

Figaro.

Arec un jeune bachelier de mes pareois ^ de

la plus grande espérance ; plem d'esprit , de sentiments, de talents, et d'une figure fort revenante*

Oh, tout-à-£iit bien, je tous assure! il se

nomme?

Lindor. U n'a rien : mais , s'il n'eût pas quitté brusquement Madrid , il pouvait y trouver quelque bonne place.

Rosine étourdiment.

Il en trouvera, monsieur Figaro 9 il en trouvera. Un jeune homme tel que vous le dépeignez, n'est pas fait pour rester inconnu.

Figaro à part

Fort bien. ( haut. ) Mais il a un grand défaut , qui nuira toujours k son avancement.

Rosine.

Un défaut, monsieur Figaro I Un défaut! ea êtes- vous bien sûr ?

Il est amoureux.

11 est amoureux ! et vous appelez cela un défaut? . -

Figaro.

A la vérité , ce n'en est un que relativement à sa mauvaise fortune.

Rosine.

Ah ! que le sort est injuste ! et nomme-t*il la personne qu'il aime ? Je suis d'une curiosité..

Figaro.

Vous êtes la dernière ^ Madame y k qui je voudrais faire une confidence de cette nature.

Rosine vivêmenU

Pourquoi y monsieur Figaro ? je suis discrète ; ce jeune homme vous appartient , il m'intéresse infiniment.... dites-donc.

Figaro la regardant finement.

Figurez-vous , la plus jolie petite mignone y douce y tendre, accorte et fraîche ^ agaçant Tappetit I pied furtif , taille adroite y élancée y bras dodus y bouche rosée y et des mains I des joues t des dents ! des yeux... !

Qui reste en cette ville ?

Figaro.

En ce quartier.

Dans cette rue peut-être ?

Figaro.

A deux pas de moi*

Rosine.

Ah ! que c'est charmant pour Monsieur

votre parenû Et cette personne est?.*.

Figaro.

Je ae l'ai pas nommée ? '

Rosine pwemeni.

C^est la seule chose que tous ayiez oubliée ^ mofisiQur Figaro^ Diies-donc» dites* donc Tke ; si Ton rentrait je ne pourrais plps savoir....

Vous le voulez absplument.^ Madame ? .£h

bienixette personne est..... la Pupille de votr^

tuteur.

La Pupille ?•••

Figaro.

Du docteur Bartholo :oui^ Madame.

R o s'i N £ avec émotion.

Ah ! monsieur Figaro !.... ]e ne vous crois pas^ îe vous assure.

Figaro.

Et c'est ce qu'il btûle de venir vous persuader lui«-même. »

Vous me &ite8 trembler , monsieur Fiearo.

Fi donc > trembler I mauvais calcul ^ Madame ; quand on cède à la peur du mai. , on ressent déjà le mal de la peur. D'ailleurs , je viens de vous débarrasser de tous vos Surveillants ^ jusqn^à demain.

.&'ii m^aime f il doit me le- prouver ^ en res* tant absolument tranquille.

Eh , Madame! amour et repos peuvent-ils habiter en même Coeàr? La pauvre jeunesse est si malheureuse aujourd'hui y qu'elle n'a que ce terrible choix : amour sans repos y ,ou repos sans amour.

Rosine baissant, les, y eux.

Repos sans amour.... parait....

Ah ! bien languissant. Il semble , en effet ^

Page 1