‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 18 sur 199 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Eugénie baissant les yeux.

Je n'ai plus qu'une plainte à faire : me la par*doonerez-TOus , Milord ?

Né me cachez rien , je vous en conjure»

Eugénie apec embarras.

Un cœur sensible s'inquiète de tout. U m'a semblé voir dans vos lettres , une espèce d'aflfectation à éviter de mlionorer du nom de votre femme. J'ai craint...

Le Comte un peu décontenancé.

Ainsi donc on me réduit à justifier ma délicatesse même! Vos soupçons m'y contraignent; je ^ le ferai. ( prenant un ton plus rassuré. ) Tant que je fus votre amant ^ Eugénie , je brûlais d'acquérir le titre précieux d'époux ; marié, j'ai cru devoir en oublier les droits^ et ne jamais faire parler que ceux de l'amour. Mon but , en vous épousant , fut d'unir la douce sécurité des plaisirs honnêtes , aux charmes d'une passion vive et toujours nou-^ velle. Je disais : quel lien que celui qui nous fait un devoir du bonheur !... Vous pleurez , Eugénie !

Eugénie lui tend les bras et le regarde apee

passion.

Ah ! laisse-les couler... La douceur de celles-

ci efface ramertume des autres. Ah , mon cher époux ! la joie a donc aussi ses larmes!

Le Comte troublé.

Eugénie !... ( à part.) Dans quel trouble elle

me jète !

Madame Murer.

.Eh bien , ma nièce ?

Eugénie apec joie.

Je n'en croirai plus mon cœur ; il fut trop timide.

Le Baron dehors y sans être aperçu.

Pas un scheling avec.

Madame Murer. ^

Reconnaissez mon frère au bruit qu'il £iit en

rentrant.

Le Comtes part.

Il faut aYoir une âme féroce pour résister à tant de charmes.

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