‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 41 sur 199 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Madame MURER, EUGÉNIE.

Eugénie courant dans les bras de sa tante. A. H, Madame ! m'abandonnerez* vous aussi?

Madame Murer.

Non, mon enfant; écoutez* moi.

Eugénie.

Ah ! ma tanie , venez , secondez - moi : cou-» rons nous jeter aux pieds de mon père y implorons ses bontés y et sortons tous d'une odieuse

maison...»

Madame Murer.

Ce n'est pas mon avis : il faut y rester au cou-

traire ^ et écrire au Comte qiie tous l'attendez ici ce soir.

Eugénie açec horreur.

Lui !•••• moi !•••• vous me îalies frémir.

Madame Murer.

Il le faut. Il viendra , vous l'accablerez de reproches , j'y joindrai les miens ; il apprendra que votre père veut implorer le secours des lois : la crainte ou le repentir peut le ramener.

£ u G É N I B outrée.

Et je serais assez lâche, après son indignité !••• Je devrais respecter un jour celui que je ne peux plus estimer ! J'irais aux pieds des autels jurer la fidélité au parjure , la soumission a l'homme sans foi , et une tendresse éternelle au perfide qui m'a sacrifiée ! Plutôt mourir mille fois !

Madame Murer fermement.

Prenez garde , Miss , qu'ici l'oj^obre serait le firuit du découragement*

Eut^ÉNiu uu désespoir.

L'opprobre î m'en reste-t-tl encore à redouter ? Dégradée par tant d'outrages , abandonnée de tout le monde , anéantie sous la malédiction de mon père , en horreur à moi-même , je n'ai plus qu'à mourir. ( Elle rentre dans sa chambne. )

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