‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (volume 5)Chapitre 85 sur 199 · ACTE Pi^£Ml.£LR. aa · texte numérisé non relu

ACTE Pi^£Ml.£LR. aa

M É L A c père.

Je ne Toiâ jamais ce temps çle crise, sans éprouver up serrem^ept de cœur sur le kon de ceux k qui il peut être fatal.

Et moi, je dis que la pitié ^u'on a pour les fripons, n'est qu'une misérable faiblesse; un vol qu'on fait aux houûéies gens. La race des bons est elle éteinte? Poiir««..

M É X A c père.

Je ne parle point des fripons.

A n i^ ç L L Y , ayec chaleur.

Les mal-honnétes gens reconnus sont moins k craindre que ceux-ci : l'on s'en méfie ; leur réputation garantit au moins de leur mauvaise foi.

M É L ▲ G père.

Fort bien : mais...

Mais un mécbant qui travaiHa vingt-ans h passer pour honnête-homme, porte un coup mortel à la confiance , quand son fantôme d'honneur disparaît : l'exemple de sa fausse probité &it qu'on n'ose plus se fier à la véritable.

224 LE^JDEDX AMî6,

M é L A c -père^ douloureusement*

Mon cher Aurelly , n'y a-t-îi . donc point <Ie faillites excusables? Il ne faut qu'une mort, un retard de fonds , il ne faut qu'une banqueroute frauduleuse un peu considérable , pour en entraîner une foule de malheureuses.

A n JV E L L T.

Malheureuses ou non ; la sûreté du conunerce ne permet pasd'admettre cespubtiles différences: et les faillites qui sont exemptes de mauraïse foi , ne le sont presque jamais de témérité.

M É L A c père.

Maïs c'est outrer les choses, que de confondre ainsi....

Je voudrais qu'il y eût làr-dessus des lois si sévères qu'elles forçassent enfin tous les hommes d'être justes.

M Ë L À c père.

Eh! mon ami, les lois contiennent les méchants sans les rendre meilleurs ; et les moeurs les plus pures ne peuvent sauver un honnête homme d'un malheur imprévu.

Monsieur , la probité du négociant importe à

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