‹ Œuvres complètes de Pierre Augustin Caron de BeaumarchaisChapitre 8 sur 25 · PREUVES MORALES · texte numérisé non relu

PREUVES MORALES

M. Goëzman s'est présenté avec un papier au Pai'lement, et a dit : Voici une déclaration qu( le-Jay m'a écrite ; elle n'est pas sortie de mes mains; je la remets au greffe avec J'priginal de ma dénonciation dont elle prouve la véracité. — Rieu de plus clair assurément.

Madame Goëzniaii est venue easuite avec un autre papier au Parlement y et a dit : Voilà une déclaration de le-Jay que je remets au greffe. Quoiqu'elle soit de récriture d'un commis de le-Jay, j'atteste qu'elle est signée de lui, et parfaitement conforme à Toriginal que le-Jay a écrit en ma présence , et que mon mari a déposé : et j atteste qu'il n'y a jamais eu d'autre minute écrite de la main de mon mari. — On ne peut pas

mieux s'énoncer.

Mais^ Monsieur et Madame, avant de vous répondre, qu'était-il besoin de déposer chacun une déclaration , puisqu'elles disent toutes deux la même chose ? — C'est que nous sommes des gens véridiques, et que nous ne voulons ri«i d'équivoque : l'original est de la main de le-Jay; la copie est de celle de son commis. Ce qui abonde ne vicie pas. — Peut-être.

Mais s'il n'y a eu qu'une seule déclaration écrite par le-Jay chez M. Goëzraan , restée entre les mains de M. Goëzman, soigneusement gardée par M. Goëzman , et déposée au greffe par M. Goëzman ; sur quelle minute le commis de le-Jay a-t-il donc copié la déclaration que madame Goëzman nous représente aujourd'hui?

Car encore faut-il que ce commis ait fait sa copie sur une minute quelconque ; et ce ne peut pas être sur celle de le-Jay; puisque, selon vous-

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même> elle est restée à M. Goëzman; et que ce commis n'a jamais eu Phonneur d'entrer chez

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