‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de Bourdeille (volume 2)Chapitre 141 sur 361 · M. D'AUBIGNY · texte numérisé non relu

M. D'AUBIGNY

Ce grand roy eut soubs luy de très grands capitaines, qu'il dressa et façonna la pluspart par ses belles et continuelles guerres de là les monts, entr'autres M. d'Aubigny, escossois et grand seigneur, qui fit grand honneur à sa nation : de sorte qu'aucuns de nos annalistes François l'ont appellé grand chevallier sans reproche, comme il le monstra en plusieurs beaux faicts de sa main et de sa conduicte , mesmes en la conquestc qu'il fil du royaume de Naplcs, avecques une fort heureuse et vaillante fortune, ayant à faire à Gonzalve, ce grand capitan. Il fit aussy très bien aux exploicts de guerre en Lombardie : les histoires en parlent assez, sans que j'en parle plus advant. Il mourut du règne du roy François, fort vieux et cassé, plus de combats et victoires que de trop grande vieillesse. Il laissa un fils, très notable chevallier et capitaine, mais non tant employé aux grandes charges comme son pere; qui laissa son fils le duc de Lenos1, brave et très honneste seigneur, qui, pour sa valeur et vertu, est aujourd'huy visce-roy en Escossc; lequel il faut louer, à toute violence , d'un traict noble qu'il fit dernièrement : car, sçachant que M. d'Antragues, M)i\ beau frère, ayant espousé sa sœur (j'estois à ses nopees, il y a plus de quarante ans ), cstoit en peine extresme , prit la poste du fin fonds de l'Escosse, vint en France supplier et requérir le roy pour luy; ce qui luy servit beaucoup. Cesl un beau traict certes, digne d'estre loué d'un chascun.

Quittons ce discours : reprenons nostre premier, de nostre grand roy Louys et de plusieurs

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