LOUYS, CONTE D'ARMAGNAC
Et parle maintenant de ce brave et vaillant comte Louys d'Armagnac, intitulé duc de Nemours, lieutenant de roy au royaume de Naples. Il fut fils de ce comte d'Armagnac que le roy Louys XI fit décapiter aux hasles à Paris, et luy et son frère y estoient présens et fort jeunes enfans, que j'ay ouy dire à ma grand' roere, el estoient vestus tout de blanc, testes nues et mains joinctes, et le sang de leur pere les teignit tous et les en rougit tumbant de l'eschaffaull en bas. Ainsy le voulut le roy pour leur donner exemple et crainte. Cedict roy ne pardonna pas , comme fit le roy sainct Louys à un comte d'Armagnac un peu rebelle à luy. Voyez Paule JEmWe.
Ledict Louys comte d'Armagnac mourut à la baltaillede Cerignolles3, qu'il donna au grand capitaine dom Gonzalvo, voulant pourtant la différer, car il la voyoit peu advanlageuse pour les François; mais il fol taxé de M. d'Alegre , dict Preci, estre par trop froid el peu entendu au devoir d'un gênerai; dont luy, qui estoit fort haut à la main, à la gasconne, s'en estomacqua de telle façon qu'il parlist de la main et luy voulut porter l'espée à la gorge pour le tuer, ne fust esté M. Louys d'Ars , qui se mit au devant et l'en garda. Et s estant appaisé , a Ouy vrayment, dict-il, vous aurez la battaille • puis que vous la voulez tant, et comballray tnon comme froid, ains tel que je suis brave, «bon et fidèle serviteur de mon maistre, et «nullement poltron; mais j'ay belle peur que «ce brave qui crie tant battaille, qu'il se fie plus « à la vitesse de son cheval qu'au fer de sa « lance. » Et là dessus il part , il donne combat vaillamment, et meurt sur la place fort honnorablement; et en un rien la battaille fut commencée et perdue pour nous. Paulo Jovio raconte gentiment cela.
1 Dan» le premier livre , relatif aux * Bourff dan» la Pouille , où en 1503 les François dirent une bauaille contre
Ce fut quasi un pareil dict du mareschal d'Andrehan à la battaille du roy Jehan , auquel le mareschal deClermont reprochant qu'il avoit peur pour ne vouloir consentir à la battaille , il luy dict : a Je te monstreray le contraire, ■ Clermont; car j'auray pluMost le bout de ma «lance dans le corps de l'ennemy que tu n'au- « ras la tienne en l'arrest. »
M. DALÈGRE.
De ce que devint M. d'Alegre, je m'en rapporte à ce que les histoires en ont escrit la dessus, qu'il y alla un peu du sien; mais pourtant si a-il esté brave et vaillant capitaine, et raicl de beaux combats au royaume de Naples et en tambardie et ailleurs : en celuy là il fut malheureux , dont le roy Louys luy en fit très mauvais visage à son retour; mais M. Louys d'Ars rabilla tout; et puis s'en alla mourir et checher son cimetière fort honnorablement à la battaille de Ravenne; ce qui rabilla tout le
pitan la Paliça, gran mareschal dy Francia *. Bel honneur! comme nous avons appelé M. de Biron dernier, le grand et premier mareschal.
J'ay veu le portraict dudit M. de La Pallice, il monstroit bien ce qu'il estoit , très beau et très belle façon. Si le roy François l'eust voulu croire, ensemble M. de La Trimouille, Galleazze Saint-Sevrin et Théodore Trivulsio, il n'eust pas donné la battaille de Pavye, et tous conseilloient de se retirer à Binasco et lever le siège, dont ils en alleguoient force belles raisons; mais celles de M. de La Pallice estaient très belles, que j'ay leues dans le livre espagnol de la vie de M. le marquis de Pescayre. «Car, disoit-il, l'honneur ou le deshonneur de « la guerre ne s'achève jamais avec aucune autre ■ réputation, sinon avec la victoire,» à laquelle tout grand capilaine doict avoir, et du tout tendre son pensement : et si cela touche de r lever le siège et n'y esire persévérant, c'est bien plus grand follie à un grand capilaine, que, 1 gaigner la gloire dune obstination, laquelle bien souvent apporte déshonneur et perdition.
passé. Il ne faut qu'une bonne ou malle heure 81 qu<? »M,ur ch™?>cr à CC8le hcur* d advis ' dc
pour l'homme. 11 estoit taxé d'aller un peu viste en besogne.